Un mari surmené à choyer, une ribambelle de marmots à élever, un pavillon de banlieue à entretenir, des tonnes et des tonnes de linge à repasser… En somme, une vie de femme, telle que Dieu l’a créée ; douce, émotive, aimante et dévouée (à l’homme).

Ahhhh, quelle existence rêvée, quel destin imparable… Enfin, pas pour tout le monde, et certainement pas pour Lola ! Elle, archétype de la femme moderne, elle, brillante, dynamique, indépendante et libre. Cette fameuse Lola, c’est l’héroïne de La Logique des Femmes, la nouvelle comédie signée Antoine Beauville – auteur de plusieurs spectacles à succès -, jouée au Théâtre des Feux de la Rampe jusqu’au 31 décembre 2017. Dans ce théâtre, situé à deux pas des Grands Boulevards, on entend proposer des représentations originales et décalées. C’est chose faite, car jamais, on aurait imaginé si improbable duo.

Lola, un soir de fête et d’ivresse, rentre chez elle accompagnée. L’inconnu n’est pas celui que l’on se figurerait. On vous dresse le portrait : il s’appelle Félicien, arbore un style vestimentaire digne du Nom de la Rose, est un adepte de couille du pape (pas de méprise, on parle ici d’un produit de notre terroir) et officie comme… Moine franciscain. Pur hasard, cette curieuse rencontre, ou intervention divine ? Quoi qu’il en soit, quel meilleur personnage que celui-ci pour porter les clichés multiséculaires construits autour de la gente féminine, et les confronter à leur parfait contre-exemple?

Ces deux-là passeront le jour du Seigneur ensemble, et cela donne une comédie déjantée et irrévérencieuse. Jamais vous n’aurez vu un moine maîtriser tant l’art subtil de l’alexandrin que les punchlines acérées typiques du rap. Acteurs hilarants, références pop et jouissives, blasphème à tout-va et surprise de taille… Et si l’on interrogeait le fondement de nos certitudes?


Dans La Logique des Femmes, on nous incite à foncer, à ne jamais laisser nos craintes dissiper nos ambitions. On aurait toutefois aimé que cette morale positive et encourageante ne soit pas servie de clichés que l’on croyait dénoncer, renvoyant, comme trop souvent, les femmes à leur fragilité à fleur de peau et leur horloge biologique. On pardonne et on vous laisse vous faire votre propre avis, en vous garantissant sourires et éclats de rire.


Réservation au Théâtre des Feux de la Rampe jusqu’au 31 décembre 2017


Contributrice : Armelle Thiberge