Trois panneaux publicitaires se dressent sur les abords d’une route peu fréquentée à l’entrée d’une petite ville américaine. Ils sont commandés par Mildred Hayes (Frances McDormand), mère endeuillée depuis le viol et le meurtre de sa fille quelques mois auparavant.

On pourrait facilement penser que la tristesse est l’émotion prédominante dans 3 Billboards alors que c’est bel et bien la colère d’une mère qui tente par tous les moyens d’alerter l’opinion et la police dont il est question dans le film.

De nombreux obstacles vont alors se dresser sur son chemin, qu’ils viennent de la part de la police ou des habitants partagés entre l’empathie et le reproche d’être allée trop loin. Mais rien ne peut arrêter cette femme au caractère bien trempé, pas même la situation du shérif William Willoughby (Woody Harrelson) dont le nom apparaît sur l’un des panneaux. Implantée dans une petite ville américaine, l’action se veut aussi le portrait d’une Amérique profonde avec ses mentalités, ses coups d’éclats.

© Twentieth Century Fox

Car malgré un regard acerbe, le réalisateur nous livre un western contemporain où l’ironie est de mise. En effet Martin McDonagh injecte dans les protagonistes de son récit et les situations auxquelles ils sont confrontés une dose d’humour noir bien sentie. C’est violent mais terriblement jouissif et la colère maîtrisée de cette mère en recherche de justice donne lieu à de nombreuses punchlines qui restent en mémoire.

Certains personnages, bien qu’exécrable de prime abord, se révèlent être des gens bien meilleurs qu’il n’y paraît, notamment le personnage interprété par Sam Rockwell, trentenaire vivant toujours chez sa mère qui partage son temps entre tabasser des personnes de couleur et défenestrer quelqu’un pour calmer ses nerfs. Les personnages, loin d’être manichéens, montrent un visage plus éloigné de l’idée qu’on peut se faire des habitants d’une petite ville perdue des États-Unis.

Alors que la mère et la police se livrent un conflit fait de petites crasses et de vengeance parfois extrême, les deux finissent par converger ensemble vers un même but, la justice même si elle n’est pas tout à fait en accord avec la loi. Les joutes verbales sont parfaitement maîtrisées par des acteurs talentueux.

On rit, parfois un peu contenu tant la situation est grave, on pleure aussi et c’est cet équilibre qui donne à 3 Billboards toute sa puissance. À voir.


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Contributrice: Thelma Deville