Sorti le 12 Octobre 2016, ce petit diamant fait parler autour de lui. Découvert à Sundance, primé à Cannes et double primé à Deauville, ce film américain réalisé par Matt Ross prend la forme d’un road movie familial.

Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris. (source)

© Mars Films

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Qui n’a jamais rêvé que ses enfants grandissent avec la Nature ? Qui n’a jamais voulu que ses enfants soient aussi drôles, intelligents et cultivés que ceux de Ben Cash (Viggo Mortensen) ?

Matt Ross a donné vie à ces rêves que plusieurs d’entres nous pourraient partager. Evidemment un événement dramatique arrive. On ne vous en dira pas plus. Mais ce n’est qu’un jeu scénaristique qui lui permet ainsi de questionner cette manière « new-age » d’élever des enfants. Ayant lui-même eu une éducation similaire, il est de fait le mieux placé pour parler de ce sujet. Mais cela lui donne également la possibilité de critiquer l’Education actuelle. Imposer à nos enfants ce que nous désirons pour eux, n’est-ce pas la meilleure manière pour les « castrer », aussi inspirante soit la manière en question ?

Captain Fantastic parle également du bonheur dysfonctionnel. En effet, comment faire après un événement tragique ? Comment continuer à vivre ? Et de quelle manière ? La solution est-elle de rester dans le même système/modèle de fonctionnement ? Ou au contraire tout changer, tout revoir, remettre les compteurs à zéro ? Et où puiser la force dans ce cas-là ?

©Mars Films

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Pour répondre à toutes ces questions, Matt Ross s’entoure de Stéphane Fontaine le chef opérateur d’Audiard.

« Nous voulions filmer les enfants de façon organique sans sacrifier l’esthétisme du film. Sa caméra sait raconter une histoire. Je voulais un environnement où les acteurs évoluent librement (sans repères au sol). Il nous fallait quelqu’un qui ait l’intuition du geste, du jeu de l’acteur. Stéphane n’a pas hésité une seconde à poursuivre les enfants à travers les bois, caméra à l’épaule. C’était précisément cette énergie qu’il fallait pour capter ce que nous voulions dans des décors magnifiquement éclairés. » Matt Ross

Ainsi, nous sommes au plus proche de la liberté de cette famille et au coeur de l’émotion qui les traverse et les bouleverse, nous renversant au passage.

Le réalisateur collabore également avec le chef décorateur Russell Barnes. Ce dernier était aussi le mieux placé pour le préposé poste. Il a grandi sur une île de 7000 habitants dotée d’un réseau électrique des plus limités. Il était donc l’homme de la situation pour concevoir les décors du film.

« Je me suis d’abord demandé comment sept personnes pourraient vivre et travailler dans un tel environnement. Je devais imaginer l’espace qu’il faudrait à chacun, la quantité d’eau dont ils auraient besoin et toutes les choses nécessaires au quotidien. Dès que je m’en suis fait une idée précise, j’ai commencé à travailler sur l’aspect esthétique. J’ai regardé des centaines de photos de lieux où s’étaient volontairement isolés des hommes, des familles et j’y ai découvert une mine d’informations sur les modes de survie en milieu naturel ». Russel Barnes.

Les autres postes participants à la mise en scène sont tout aussi remarquablement bien exploités. Les costumes dénotent de la folie de cette famille et du caractère excentrique de chacun des membres qui la compose. Une partie de la B.O est chantée par l’une des actrices jouant l’une des filles de Ben Cash. Le montage est rythmé. Tout concourt à l’émotion, au cinéma.

Il est vrai que Captain Fantastic frôle le manichéisme. Mais quand une telle histoire est porteuse de messages aussi importants pour le monde dans lequel nous vivons, quand un scénario est mis en scène si justement, aussi délicatement et lorsqu’on sort de la séance en se disant « j’ai appris des choses, j’ai passé un bon moment et j’ai vu des choses originales », pourquoi ne pas le conseiller ?

affiche captain fantastic

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Consultez les séances 

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=227320.html

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