Le saviez-vous ? Jusqu’en 2013, une loi oubliée mais bel et bien en vigueur, autorisait les femmes à porter un pantalon uniquement si celles-ci « tenaient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval »… On rit jaune ; hors-la-loi dans nos jeans préférés, et jugées biologiquement inaptes à enfourcher une monture par le bon vieux législateur de 1909 ! Cette vérité cocasse, c’est une comédie au succès certain qui nous la remémore. Mis en scène par Gil Galliot, Et pendant ce temps, Simone veille ! (le nouveau), est joué depuis 2015 par un quatuor d’actrices talentueuses, emmené par l’humoriste Trinidad.

Après avoir arpenté plusieurs salles de spectacle parisiennes, c’est à la Comédie Bastille qu’elles s’installent plusieurs soirs par semaine, tout en sillonnant les routes de France, pour une tournée qui s’annonce complète.

Installés dans nos fauteuils rouges, on rencontre d’abord une Simone. Tout au long du spectacle, cette narratrice désopilante brise le quatrième mur et s’adresse au public pour lui rappeler les grands évènements de l’histoire hexagonale des femmes, des années 1950 à nos jours. Simone partage la scène avec quatre générations de femmes, que l’on suit sur quatre décennies clés.

Dans les années 1950, Moulinex libère Giovanna, Marcelle est enceinte tous les neuf mois, et France est inspirée par les écrits de Simone de Beauvoir. Leurs filles, petites-filles et arrières petite filles leur succèdent sur scène et avec elles,  l’auditoire revisite soixante ans de condition féminine. Travail des femmes, contrôle des corps, lois Neuwirth et Veil, culte de l’image, poitrine de Cindy Crawford, maternité et PMA, sans oublier les sujets qui fâchent comme le port du voile, toutes ces questions sont drôlement bien abordées, avec pertinence et autodérision.

Et pendant ce temps, Simone veille ! est une pièce ludique, qui donne à voir des femmes engagées et solidaires. Intermèdes musicaux hilarants et images d’archives émouvantes rythment parfaitement cette comédie qui entend se moquer des poncifs et ramener de la bienveillance entre les femmes d’aujourd’hui.

Les Simone vues comme garantes de nos droits, dont le symbole maintient nos consciences en éveil. Le 30 juin dernier, on perdait celle à qui le spectacle était dédié, lui donnant une toute autre dimension, ajoutant au rire quelques larmes. On vous conseille vivement cette très belle comédie et on déclare, du fond du cœur, merci Simone !


À la Comédie Bastille jusqu’au 7 janvier 2018

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Contributeur : Armelle Thiberge