Le Festival de Cannes s’est achevé hier soir avec la consécration de The Square de Ruben Ostlund. Du beau temps, des bateaux, du cinéma, COCY s’est rendu pendant sept jours au festival.

Pendant une semaine, on s’est couché tard, levé (très) tôt, on a mangé n’importe comment, croisé Jessica Chastain dans les couloirs du Palais, mis 20 minutes pour traverser une route, on a monté les marches, on s’est un peu endormi dans le Grand Théâtre Lumière et puis on a vu des films surtout, des bons et des moins bons et ce dont on est sûr c’est qu’on veut revenir l’année prochaine.

JOUR 1 : T’as quoi comme badge toi ?

  • Le 17 mai, c’était le jour J. Le jour de l’ouverture tant attendue du 70e Festival de Cannes, édition anniversaire qui promettait de belles surprises. Mais avant de commencer à vraiment voir des films, il faut aller chercher son accréditation, son sésame, son GRAAL. Cette année, le Festival a tout donné sur les punchlines des badges remis par les services de presse. « J’ai rien compris mais c’était vachement bien », « Tu crois qu’on peut rentrer ? » ou « C’mon we DO work in Cannes ». Beaucoup d’autodérision qui nous a bien fait marrer.

© Fanny Hubert

  • Le jury a aussi fait sa première conférence de presse et on a pu constater le glamour incroyable des jurés. Tant de beauté, de sourire et de joie (avant de s’écharper pour le palmarès, on n’est pas dupes tout de même).

  • Après la cérémonie d’ouverture présentée par Monica Bellucci, Les Fantômes d’Ismaël ont lancé les festivités. Un Desplechin hanté qui ne convainc pas tout à fait mais porté par un trio confirmé que l’on aime bien malgré tout.

JOUR 2 : Todd Haynes lance la compétition

  • Les choses sérieuses commencent le 18 mai avec le lancement officiel de la compétition. Le premier film à se jeter dans l’arène est Wonderstruck de Todd Haynes. Un magnifique cabinet de curiosités et une ode à l’enfance fascinante, certes moins subtil que le brillant Carol mais totalement bouleversant.

  • Barbara de Matthieu Amalric a marqué l’ouverture d’Un Certain regard. Faux biopic sur la chanteuse disparue, il donne à Jeanne Balibar un rôle de composition.
  • En fin de journée, Robin Wright est venue présenter son premier court-métrage en salle Bunuel. Après avoir réalisé quelques épisodes de la série House of Cards, l’actrice a sauté le pas de la fiction avec un hommage aux films noirs intitulé The Dark of Night.

© Fanny Hubert

JOUR 3 : Netflix a la poisse

    • Le grand méchant Netflix a débarqué sur la Croisette vendredi matin. Attendu comme le vilain petit canard, le géant de streaming a vécu un début de projection mouvementée lors de la séance matinale d’Okja. Une partie de l’écran n’était pas visible, coupant les têtes des personnages. Sabotage volontaire ou simple bourde ? On ne croit évidemment pas à la théorie du complot mais ce dont on est certain c’est que le ou la projectionniste a dû passer un sale quart d’heure. Pour revenir à l’essentiel, le film de Bong Joon-ho est un véritable engagement pour la cause animale qui touche et donne envie d’adopter un supercochon.
    • Notre deuxième film de la journée était Visages Villages d’Agnès Varda et JR. Un coup de cœur absolu, drôle, poétique et émouvant à l’image de ces deux artistes atypiques. Lors de la projection au Grand Théâtre Lumière, la réalisatrice a reçu une longue standing ovation bien méritée qui l’a gênée au point de se cacher derrière son foulard. Agnès, on t’aime infiniment. 

    • Ce jour-là, Ruben Östlund présentait également The Square, deux ans après avoir remporté le Prix de Jury d’Un Certain Regard avec Snow Therapy. Pour ne pas être trop méchants, on ne s’étendra pas sur le calvaire que l’on a subi avec ces 2h30 de grand n’importe quoi. Mais sinon, on adore Elisabeth Moss. Du coup, voilà une photo d’elle sur le tapis rouge lors de la montée des marches du film.

© N. Barnard

JOUR 4 : Robin Campillo fait battre le cœur des festivaliers

  • Samedi, le festival a vécu son premier choc avec 120 battements par minute de Robin Campillo. Un film militant qui a ému toute la Croisette et a rapidement été propulsé dans les favoris pour la Palme d’or. On vous laisse découvrir notre critique ici mais spoiler : on vous le conseille. 
  • Kristen Stewart a rameuté la foule pour la présentation de son premier court-métrage Come Swim. Une œuvre confuse qui a le mérite d’avoir de très belles images.

© Fanny Hubert

  • Le soir, Orange a envahi la plage du Majestic pour une soirée au rythme des platines de Justice. Un décor aux couleurs du prochain Luc Besson, Valerian, était installé. Il n’y avait pas Rihanna mais une fontaine à chocolat, beaucoup de fraises et du champagne. Ce qui n’était pas mal non plus.

JOUR 5 : Haneke VS Snapchat

  • L’évènement du dimanche 21 était la présentation de Happy End, la nouvelle œuvre feel good de Michael Haneke (ceci est une blague). Le réalisateur, qui a déjà deux palmes d’or à son compteur, était attendu au tournant. L’affiche présageait du meilleur et nous donnait sacrément envie. Ça commençait en plus hyper bien. Haneke se sert du format Snapchat pour instaurer une atmosphère étrange, proche du malaise. Ce qu’il sait faire de mieux en somme. Et puis patatras, plus rien ne va. On retiendra l’excellente performance de Fantine Harduin, petit talent qui deviendra grand. Et Michael, on t’aime quand même et peut-être que le jury ne te laissera pas repartir les mains vides.

JOUR 6 : Lanthimos se la joue Kubrick

  • L’absurdité et l’originalité de The Lobster avait séduit le jury cannois en 2015, Yorgos Lanthimos a de nouveau été sélectionné cette année en compet’ avec The Killing of a Sacred Deer, un titre bien mystique qui annonce un cerf qu’on attend toujours. Blague à part, le réalisateur grec a choisi de nous montrer son admiration pour Kubrick. Dans la mise en scène, dans le casting (formidable Nicole Kidman) et à travers la musique angoissante au possible, le film a des grands airs d’Eyes Wide Shut. Il se rapproche aussi du cinéma d’Haneke dans une scène moralement insupportable qui divisera les spectateurs à coup sûr. Un peu trop prétentieux pour être honnête, Lanthimos a des qualités de metteur en scène indéniables auxquelles on croit toujours beaucoup.
  • Le soir, c’est tout le cinéma français qui rendait hommage à André Techiné pour la présentation de son dernier long-métrage Les Années Folles. Une séance émouvante pour un grand du cinéma français.

JOUR 7 : Photo de famille et binge watching

  • Pour notre dernier jour, tout le gratin du cinéma s’est réuni pour une photo de famille collector, histoire de nous laisser un petit souvenir. Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Charlize Theron, Jessica Chastain, Agnès Varda, Michael Haneke, Pedro Almodovar… ils étaient tous là pour prendre la pose. Un cliché qui restera sans aucun doute dans les mémoires du 7e art (et qu’on veut bien dans notre salon).

  • Après Netflix, l’autre grande nouveauté de ce Cannes 2017 était l’arrivée des séries dans le Palais des Festivals. Jane Campion présentait les 6 épisodes de la saison 2 de Top of the Lake. Un binge watch de 6 heures qui n’a pas effrayé les plus courageux. De notre côté, on a découvert les 2 premiers épisodes et on a adoré. Jeudi, ce sera au tour de David Lynch de présenter la saison 3 de Twin Peaks.