Théâtre Funambule Montmartre, quelques semaines après « Vous Pouvez NE pas embrasser la mariée », nous voilà de retour. Même chaise, même scène, mais un tout autre registre. Bienvenue à « Nature morte dans un fossé ».

Une petite ville du nord de l’Italie, quelque part entre Milan et Turin. Quatre heures du matin. Une route nationale, Boy, un jeune homme grisé et énervé, fonce dans un arbre. Il s’en sort sans égratignure, mais le fossé voisin lui offre en spectacle le corps d’une jeune fille qui, visiblement, s’en est moins bien tirée que lui cette nuit. Elisa Orlando vient d’être battue à mort. Par qui ? Pourquoi ? L’enquête démarre.

« Ca à l’air quand même un peu glauquy » entend-on quelques minutes avant la représentation. Même si ce drôle d’anglicisme nous titille les oreilles, il n’en reste pas moins qu’on partage quelque peu la même impression après la lecture du résumé de la pièce.

Les lumières baissent, un écran s’allume et nous voilà parti pour plus d’une heure et demie de théâtre. L’atmosphère cinématographique donnée à la pièce séduit immédiatement tant l’idée est ingénieuse et immersive. En plaçant un grand écran en fond de scène, la metteur en scène, Céline Lambert, donne aux spectateurs des détails lui permettant immédiatement de le transporter au sein de l’enquête et de posséder des repères.

Nature morte dans un fossé

Car à part cet écran, tout est imagé, discuté même. En effet, la pièce se compose essentiellement de seul en scène, dans lesquels les personnages expliquent l’action qui est en train de se dérouler, à la manière d’une histoire qu’on vous conte. Et c’est surprenant de justesse !

Car s’il apparaît évident que le talent se trouve dans la mise en scène, il est également présent chez tous les comédiens. La diction, le rythme et la précision du jeu sont le véritable nerf névralgique de la pièce. Une mention toute particulière à la scène d’interrogatoire du personnage de BOYFRIEND, aussi bien hilarante que choquante et parfaitement maîtrisé par son comédien.

NAture morte dans un fossé 1

Oui vous avez bien lu, on a glissé le mot « hilarante » un peu plus haut. L’histoire est bel et bien glauque, on ne le niera pas mais on se surprend de très nombreuses fois à faire fonctionner nos zygomatiques face au sarcasme et à l’humour noir qui viennent agrémenter de manière habile une histoire sombre mais ô combien prenante. Du policier au bourgeois, du toxico à la prostituée, Nature morte dans un fossé dresse des portrait attachants de personnages tourmentés, qui tôt ou tard, devront faire face à la vérité.

A travers dix sept monologues, six voix, « Nature morte dans un fossé » est ce qu’on peut appeler un Objet Théâtral Non identifié, à la mise en scène et au jeu brillants. Et si on devine que la pièce ne plaira pas à tout le monde, on ne pourrait que vous conseiller d’aller vous faire votre propre avis !

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« Nature morte dans un fossé » de Fausto Paravidino

Mis en scène de Céline Lambert

Tous les mardis et mercredis à 21h30 jusqu’au 27 janvier 2016

Théâtre du Funambule Montmartre

53 rue de Saules, 75018 Paris

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