Les Éternels, nouvelle production des studios Marvel, sort au cinéma le 3 novembre prochain. Et autant dire que celui-ci risque bien de diviser les foules. Critique sans spoilers !

Attendu comme un véritable renouveau du MCU (Marvel Cinematic Universe), le film Les Éternels s’apprête à débarquer dans les salles obscures en cette fin d’année. Réalisé par Chloé Zhao, oscarisée en 2020 pour Nomadland, le long-métrage nous raconte l’histoire d’un nouveau groupe de super-héros appelés les Éternels. Créés par des êtres cosmiques, les Célestes, ils ont pour mission de défendre la Terre contre les Déviants, de superprédateurs particulièrement dangereux.

La recette Marvel avec un petit quelque chose en plus

Famille dysfonctionnelle. Fin du monde. Humanité méritant d’être sauvée. Le tout saupoudré de touches d’humour régulières. Les Éternels nous propose une fois de plus la même base scénaristique que dans la plupart des précédentes productions du studio américain. Pourtant, force est de constater que l’objet visuel et la manière de conter l’histoire sortent quelque peu des classiques Marvel.

Concentrée sur l’aspect visuel et les interactions entre les personnages, Chloé Zhao réussit à sortir des éternels (sans mauvais jeu de mots) fonds verts à outrance pour nous offrir quelques belles photographies où la lumière et les textures viennent sublimer l’image. En plantant son décor dans de nombreux paysages naturels, la réalisatrice inscrit habilement son récit dans la réalité malgré un scénario souvent confus. En cause, quelques raccourcis et scènes d’action aux faibles enjeux court-circuitant une narration pour le moins originale qui nous plonge à travers les grands moments de notre Histoire et qui réserve son lot de surprises. En somme, moins linéaire que les précédents récits de super-héros mais également moins maitrisé en termes d’action.

©Marvel Studios 2021

Des personnages touchants mais inégaux

Avec ses 2h37, Les Éternels s’affiche comme l’un des plus longs films de la franchise Marvel. Et si cette durée pourrait en décourager certains, elle apparait pourtant nécessaire face au défi auquel s’est confrontée la réalisatrice chinoise : présenter plus de dix personnages en un seul et unique film. Théna la déesse guerrière (Angelina Jolie), Ajak la guérisseuse et meneuse (Salma Hayek), Circé la magicienne (Gemma Chan), Ikaris le Superman assumé version Marvel (Richard Madden), Les Éternels est un véritable vivier de personnages hauts en couleur qui mériteraient presque chacun leur propre long-métrage. Difficile alors en moins de 3h de traiter de la même manière chacun des personnages. Il en résulte un traitement inégal de tous ces nouveaux héros. Si Circé et Ikaris prennent une grande place dans ce premier volet, on regrettera de ne pas voir plus approfondis leurs comparses tels que Kingo (réduit au simple faire-valoir comique Marvel habituel), Guilgamesh, Makkari ou encore Théna, Angelina Jolie ayant autant de lignes de textes dans ce premier film que de doigts sur une main.

Malgré ces disparités, Chloé Zhao réussit néanmoins à apporter une émotion salvatrice à son film et à rendre attachant l’entièreté de ses personnages, même ceux qui ont moins de temps à l’écran. Et c’est là tout le talent de l’artiste. Face à un cahier des charges Marvel de la taille d’un Céleste, la réalisatrice glisse habilement tout au long de son film de très beaux moments d’émotions. Les larmes coulent, les héros ne sont pas exempts de défauts et certaines affinités sont dévoilées avec finesse dans un scénario global qui, malheureusement, en manque à certains moments.

En bref, Les Éternels est un long-métrage courageux qui se perd par une histoire aux trop nombreux arcs narratifs et alourdie par les enjeux des films d’introduction. Mais si l’oeuvre cinématographique n’est pas la révolution attendue, elle comporte néanmoins de très nombreuses qualités et bonnes idées. Qui, on l’espère, arriveront à maturité lors du second chapitre.


Les Éternels sort le 3 novembre 2021 au cinéma

Trouver une séance