L’adaptation très attendue de la saga de Frank Herbert arrive dans les salles le 15 septembre prochain. Et c’est (presque) un sans-faute pour Denis Villeneuve.

Depuis le début de sa carrière, Denis Villeneuve enchaîne les films mémorables. Et la tendance ne s’est pas inversée quand il a décidé de faire un tour du côté de la science-fiction. Avec Premier Contact et Blade Runner 2049, il est parvenu à signer des œuvres uniques, abouties et visuellement vertigineuses. S’attaquer à Dune, le chef-d’œuvre de l’écrivain Frank Herbert, était un pari risqué mais que lui seul semblait pouvoir relever. Avait-on raison de placer toute notre confiance entre ses mains (et sa caméra) ? La réponse est oui.

Le réalisateur canadien livre une adaptation grandiose qui impressionne par ses décors, son casting et sa mise en scène brillante. Oubliez l’adaptation kitsch de David Lynch – qui n’a malheureusement jamais pu faire le film qu’il souhaitait – ou le projet avorté d’Alejandro Jodorowsky, Dune trouve enfin un écrin à la hauteur de ses ambitions. Pas besoin d’ailleurs de connaître l’œuvre d’origine par cœur, le récit est assez bien construit pour que les spectateurs et spectatrices ne soient pas largué.es face à une histoire dense, complexe et aux embranchements quasi infinis.

Ce qu’il faut retenir c’est que le film de Denis Villeneuve se concentre sur la première partie du roman de Frank Herbert paru en 1965. Un deuxième long-métrage est d’ores et déjà prévu pour couvrir la suite de l’épopée. Nous sommes donc en 10191 et le duc Leto Atreides (Oscar Isaac) se voit offrir la planète Arrakis par l’Empereur. Un cadeau empoisonné puisque cette planète désertique est la seule à produire de l’Épice, un puissant psychotrope permettant, entre autres, de voyager entre les galaxies. C’est une planète forcément très convoitée, notamment par les Harkonnen et son baron, et protégée par le tribu des Fremen. Alors que le duc et sa famille posent leurs valises sur Arrakis, Paul (Timothée Chalamet), fils héritier de Leto, semble avoir un destin hors du commun. Destin qui pourrait changer l’avenir de tout un peuple.

Un film presque parfait

Tourné principalement en Jordanie pour les extérieurs de la planète Arrakis et en Norvège pour la planète Caladan, Dune offre des plans souvent renversants. Tout y est imposant et on est vite impressionné face à ses dunes de sable, ses bâtiments et ses vaisseaux géants. Le travail fait sur les textures, les combinaisons des guerriers, les lumières nous offrent une immersion totale et réussie. Et les scènes d’action feront largement pâlir d’envie les autres blockbusters grâce à des idées de réalisation aussi efficaces que maîtrisées. Le tout est accentué par la soundtrack d’Hans Zimmer qui ne fait pas dans la dentelle. Métallique, grondante et parfois même angoissante, la BO a largement de quoi nous coller à notre siège. Pour ce qui est du casting, rien à redire. Timothée Chalamet, Oscar Isaac, Zendaya (malheureusement peu présente dans ce volet), Rebecca Ferguson ou Jason Momoa font très bien le job, avec peu de dialogues.

Avec toutes ces qualités, le Dune made in Denis Villeneuve aurait pu être parfait mais on ne peut s’empêcher d’être frustré. La seule ombre au tableau est que ce mastodonte de science-fiction manque souvent d’émotion et que ses personnages n’ont pas (encore) la profondeur qu’ils méritent. Puisque Dune a été pensé pour être divisé en deux parties, la quête initiatique de Paul n’en est qu’à ses débuts et le film s’arrête un peu trop brutalement, sans que nous ayons vraiment eu l’opportunité de nous attacher à qui que ce soit. En 2h30 (pourtant), l’accent est surtout mis sur l’action et sur la présentation d’un univers ô combien riche. Le résultat est donc un peu froid et c’est dommage.

On a surtout hâte d’en voir plus et de connaître plus en profondeur les tourments de Paul, Chani, dame Jessica et Stilgar dans la deuxième partie. En attendant, on renouvelle sans hésiter notre confiance à Denis Villeneuve qui s’impose encore et toujours comme l’un des réalisateurs les plus brillants de ce monde.

Timothée Chalamet et Charlotte Rampling © Warner Bros France

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