Privé de sortie en salle à cause du confinement, Frères d’arme débarque enfin sur grand écran le 14 juillet.

Emilijan et son jeune frère Stanko sont liés par un secret d’enfance qui les pousse à quitter leur pays natal. Si Emilijan s’est parfaitement intégré en France et vit une histoire d’amour avec Gabrielle, Stanko, lui, vit dans la nostalgie du passé et attend impatiemment de rentrer au pays pour y retrouver leur vie d’avant. Tout bascule le jour où Emilijan lui annonce qu’il ne veut plus repartir…

C’est en Bretagne et plus précisément dans la zone portuaire de Brest que le réalisateur Sylvain Labrosse a installé sa caméra pour réaliser son premier long-métrage, Frères d’arme. Dans cette « ville terre d’asile », Emilijan tente de redonner du sens à son immigration forcée. Le jour de ses quinze ans, en tant que fils aîné et comme la tradition familiale le veut, Emilijan reçoit des mains de son père une arme sur laquelle est gravée « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre) : un héritage familial mais surtout un cadeau empoisonné qui va unir les deux frères par le sang et les contraindre à l’exil.

Frères à l’écran, demi-frères dans la vie

Cette tragédie fraternelle, qui n’est pas sans rappeler le mythe d’Abel et Caïn, est sublimée par les interprétations impeccables du duo Vincent Rottiers et Kevin Azaïs, qui incarnent respectivement Emilijan et Stanko. Frères à l’écran, ils sont aussi demi-frères dans la vie. « C’est ce qui m’a donné envie de faire le film, ça nous a aidés. On avait pas besoin de jouer le fait d’être frères mais ça peut être particulier aussi parce que j’ai vu mon frère se mettre dans des états pour certaines scènes et forcément ça m’a touché », nous a expliqués Vincent Rottiers. Un frère qui a su se montrer particulièrement protecteur durant le tournage. « Il faisait un peu le daron avec moi, il faisait attention à moi, pour pas que je m’épuise trop », confie Kevin Azaïs.

Les deux acteurs donnent également la réplique à Pauline Parigot, comédienne prometteuse révélée par le film Les lendemains de Bénédicte Pagnot. « C’était un tournage assez extraordinaire dans le sens où on avait très peu de temps pour tourner. On tournait beaucoup de scènes par jour, avec une équipe réduite. On n’était pas les comédiens qui boivent leur thé entre deux scènes mais on aidait à ranger, à bouger le matos. C’était intense », se remémore l’actrice.

Plus qu’un simple drame familial, Frère d’arme nous plonge au cœur d’une fratrie en perdition et donne à voir la détermination du frère aîné qui tente coûte que coûte de sortir de l’engrenage de la violence. Cette même violence qui habitent de nombreux exilés tiraillés entre le souvenir pénible du passé et l’envie d’émancipation.


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Article écrit par Ophélia Pinto