Les journalistes d’investigation Edward Perrin et Gilles Bovon ont mené l’enquête sur l’industrie textile dans le documentaire Arte Fast Fashion : Les dessous de la mode à bas prix.

Si la malice du diable est de nous persuader qu’il n’existe pas, le dessein des grands acteurs capitalistes est de nous convaincre que consommer est une nécessité. Avec près de 56 millions de tonnes de vêtements vendus chaque année, l’industrie textile représente à ce jour la deuxième source polluante au monde, après le pétrole. Les journalistes d’investigation Edward Perrin et Gilles Bovon se sont lancé dans une enquête pour Arte sur la face cachée d’un marché hors norme et cela donne le documentaire Fast Fashion : Les Dessous de la mode à bas prix.

Conçu à la fois comme un véritable moyen d’affirmer son individualité et comme un signe d’appartenance sociale, l’injonction vestimentaire est aujourd’hui permanente. Être bien habillé pour être bien accepté. Cela étant, l’achat de produits textiles s’est complètement démocratisé au fil des années. Une popularisation notamment due à l’apparition de la mode à bas prix.

À l’image du Fast food, on parle de « Fast Fashion » pour désigner ce commerce rapide de produits bon marché et renouvelables très facilement. Or, bien que révolutionnaire dans l’industrie textile et avantageuse pour le porte-monnaie du consommateur, la mode jetable coûte en contrepartie très cher à la planète. Au travers d’exemples concrets de grandes chaines telles que Zara, H&M et PrettyLittleThing, le reportage met à découvert l’impact social et environnemental de ce business.

Les différents témoignages d’acteurs et de travailleurs de ce secteur dressent tous le même bilan alarmant : la fabrication de vêtements de fast fashion est extrêmement polluante, détruisant les écosystèmes et les nappes phréatiques. Et les tentatives de Greenwashing faisant la promesse d’utilisation de produits écologiques sont en réalité un leurre, constituant une source tout aussi polluante.

Atelier de confection textile de Leicester, Angleterre.

L’enquête vient exposer l’opacité de ces chaines de production. Une omerta leur permettant de se dédouaner des conséquences désastreuses de leur exploitation. Entre des travailleurs précaires payés 3£ de l’heure en Angleterre et des ouvriers intoxiqués en Inde, on parle d’esclavage moderne.  

Le documentaire tend à dénoncer la désaffection d’une sphère qui, bien que consciente de son impact néfaste, se nourrit de cette consommation effrénée et souhaite l’entretenir. Et cela par la mise en place de stratégies de communication en phase avec son temps et des systèmes facilitant toujours plus l’achat.

Fast Fashion – Les dessous de la mode à bas prix nous permet ainsi de comprendre comment la commercialisation de produits si peu coûteux a mené à la création d’un empire qui amasse des milliards.


Regardez le documentaire sur le site d’Arte ou lors de sa diffusion sur la chaîne le 8 avril prochain