La 16e édition du Mobile Film Festival s’est achevée le 7 décembre dernier avec un palmarès qui a récompensé les meilleurs courts-métrages traitant du thème Women’s Empowerment. Cette année, l’évènement s’est doté d’un jury prestigieux dont nous avons eu la chance d’interviewer quelques membres. Le premier n’est autre qu’Oxmo Puccino, artiste complet aux 20 années de carrière bien remplies.

Pourquoi c’était important pour vous de participer à cette 16e édition du Mobile Film Festival ? 

À l’arrivée du 5D, qui est pour moi une machine qui a transformé l’image comme aucun appareil ne l’avait fait avant de manière aussi large, je me suis dit que le cinéma allait changer. J’ai attendu longtemps et quand est arrivé ce festival je me suis dit que c’était l’occasion de découvrir ce qui se faisait aujourd’hui avec tous les outils qu’on a qui sont bien plus puissants que le 5D. Je n’ai pas hésité une seconde. 

Le thème de cette édition est Women’s Empowerment. Qu’est-ce que ce terme évoque pour vous ? 

C’est un terme d’actualité. J’ai pas commencé à le voir quand on en parlé, j’y ai pensé avec la première femme que j’ai vu. C’est quelque chose qui est au long cours et je suis content d’être témoin de ce passage de l’histoire qui est une petite partie de la grande Histoire. Je préfère être un témoin aujourd’hui qu’un témoin il y a 30-40 ans. 

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans les courts-métrages que vous avez visionnés ? 

Ce qui m’a le plus marqué c’est peut-être le court-métrage le plus masculin, « Il était une fois ». C’est un papa qui raconte l’histoire à sa fille et qui destructure, qui casse les codes établis du rapport avec le chevalier et la princesse. C’est un peu une métaphore du rapport entre l’homme et la femme qui a été codifié pendant des siècles et qu’on commence à décomposer aujourd’hui. 

À quel moment dans votre vie vous vous êtes dit que c’était important de lutter pour cette égalité hommes-femmes ? Est-ce qu’il y a eu un déclic ?

J’ai commencé avec ma mère. Quand on commence à réfléchir aux femmes autour de nous, selon leur âge, on se pose des questions sur leur statut dans leur société, comment elles vont faire pour aller plus loin que prévu. Ma mère vient du Mali, elle a du arrêter l’école très tôt. Je pense pas qu’on puisse commencer plus bas que ça.

C’est quelque chose qui fait partie de ma vie. Aujourd’hui j’ai une fille de 10 ans, j’essaye de lui donner les armes pour qu’elle soit confort dans la vie. Je vois pas les choses en général, je fais au cas par cas. Je suis dans l’individu. Le genre vient après. Chaque personne a son histoire. Aujourd’hui, ça a moins à voir avec le genre dans nos sociétés actuelles que ça a pu être il y a 30-40 ans. 

Vous pensez qu’il y a une véritable évolution ? 

Oui, plutôt. Enfin, dans nos pays. C’est un discours qu’on ne peut pas tenir dans le monde entier. 

Vous avez toujours fait passer vos messages dans vos morceaux avec des textes très puissants. Le cinéma est l’art de l’image. Qu’est-ce que vous pensez justement du pouvoir de l’image et de la représentation ? 

Aujourd’hui il n’y a pas plus fort que l’image parce qu’elle est disponible, accessible. Tout le monde a les outils pour être acteur. Le problème, c’est qu’il y en a trop. Une cause est remplacée par la prochaine qui a une image encore plus forte. Nous sommes dans une surenchère qui fait qu’on est de moins en moins touché. À ça il faut rajouter l’attention, qui nous fait défaut de plus en plus. Nous sommes tous ensevelis d’images et la première chose qu’on cherche lorsque l’on veut trouver l’information c’est une image plus que du texte. 

Est-ce qu’il y a des œuvres de réalisatrices qui vous ont particulièrement marquées et que vous recommandez ? 

J’ai beaucoup aimé Démineurs de Kathryn Bigelow. J’avais adoré Lost in Translation de Sofia Coppola. C’est un film auquel je pense très souvent parce qu’il y a beaucoup de poésie, c’est un film transgénérationnel sur un sujet tabou de la première manière dont on peut l’entrevoir. Et j’adore Jodie Foster. Plus récemment, j’ai aussi beaucoup aimé Papicha.


Retrouvez le palmarès du 16e Mobile Film Festival