Éte 85 sort le 14 juillet dans les salles et on vous dit pourquoi il ne faut pas le manquer.

Après le percutant Grâce à Dieu, François Ozon est de retour avec une histoire d’amour juste et touchante sublimée par une BO 100% nostalgique. Librement adapté de La Danse du coucou d’Aidan Chambers, Été 85 nous raconte la rencontre entre David et Alex, deux ados qui vont se chercher, s’aimer, se désirer sur les plages de Normandie pendant quelques semaines qui changeront leur vie.

Pendant l’été 85, François Ozon avait 18 ans et sa lecture du livre d’Aidan Chambers l’a marqué au point de vouloir l’adapter tout de suite au cinéma. Il attendra finalement plus de 30 ans et 18 longs-métrages pour enfin s’atteler à ce rêve d’ado. Et il a sûrement bien fait de patienter aussi longtemps puisqu’il réussit à nous livrer l’un de ses films les plus personnels et les mieux écrits.

En mettant en scène cette histoire d’amour entre adolescents, le cinéaste reprend les codes du teen movie et fait entrer ses protagonistes dans l’âge adulte d’une manière à la fois solaire et sombre. Le soleil estival cache un instant les tempêtes qui font chavirer les bateaux, les jalousies qui naissent et l’impossibilité pour le désir de s’incarner totalement.

Le choix de l’année 1985 n’est pas un hasard puisque c’est l’année de sortie d' »In Between Days », le tube de The Cure qui rythme l’évolution de la relation entre David et Alex. Le reste de la BO, qui fait se rencontrer Bananarama, Jeanne Mas et Rod Stewart, est une ode à la nostalgie qui se mêle parfaitement aux compositions modernes de JB Dunckel, moitié emblématique du groupe Air.

Si on est aussi convaincu par cette histoire d’amour, c’est aussi grâce aux interprétations formidables de Benjamin Voisin (déjà vu dans La Dernière Vie de Simon) et du jeune Félix Lefebvre qui incarnent leur personnage avec tout le naturel et la passion qu’il fallait leur donner. Devant la caméra super 16 de François Ozon, ils irradient l’écran et nous ramènent 35 ans en arrière, au temps des boums et des casques sur les oreilles, d’une insouciance précaire et d’une envie de liberté finalement très contagieuse.