Jojo Rabbit est à voir dans les salles dès le 29 janvier prochain.

La Seconde Guerre mondiale arrive bientôt à son terme. Jojo est un enfant solitaire qui est entièrement dévoué à son pays, l’Allemagne, et à son leader. Son fanatisme va tellement loin que son ami imaginaire n’est autre qu’Adolf Hilter lui-même. Jojo va voir ses convictions fortement ébranlées quand il découvre que sa mère participe à sa manière à la résistance.

Ce pitch un peu barré est celui de Jojo Rabbit, le dernier film de Taika Waititi (Vampires en toute intimité, Thor : Ragnarok) basé sur le roman Le Ciel en cage de Christine Leunens. Le réalisateur néo-zélandais s’attaque non seulement à un sujet sensible mais a choisi l’humour pour le traiter. À la manière du Dictateur de Chaplin, avec lequel il n’évitera pas la comparaison, Waititi tourne Hitler en dérision et combat la haine avec ses personnages de nazis ridicules et son histoire d’amitié touchante entre une juive et un allemand.

Jojo Rabbit utilise le point de vue d’un enfant pour rappeler à qui en douterait encore, que la haine n’a rien d’inné. Jojo est fier de placarder le visage du Führer dans sa chambre et a l’impression de devenir un homme quand il participe aux jeunesses hitlériennes. Sa dévotion n’est rien d’autre qu’un aveuglement engendré par les discours de plus en plus virulents d’Hitler. Les images d’archives montrées au début, où la foule acclame le dictateur, n’en sont que l’illustration parfaite.

Malgré ce fanatisme poussé au maximum, l’espoir revient quand le petit garçon de 10 ans découvre une ado juive cachée chez eux. Commence un retour vers la tolérance où deux enfants apprennent à se connaître en faisant tomber une à une les fondations absurdes de l’antisémitisme. Le personnage d’Hitler, incarné par le réalisateur, devient alors un simple accessoire et un prétexte à un récit d’émancipation.

Jojo Rabbit
© 2019 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights Reserved

Jojo réussit à passer de l’enfance à l’adolescence en ouvrant son esprit, en rencontrant l’amour et en se détachant du sectarisme qui l’a poussé à rejeter les autres censés être différents de lui. En enrobant ce récit d’une désinvolture et d’un humour toujours intelligent, Taika Waititi n’oublie pas de faire resurgir le drame quand cela est nécessaire. C’est dans ces moments où l’horreur de la guerre reprend le dessus que le spectateur peut prendre conscience de la véritable tragédie qui se joue sous ses yeux.

Le film a aussi le mérite d’être porté par un casting au top de sa forme. Le petit Roman Griffin Davis est une véritable révélation tandis que Scarlett Johansson et Sam Rockwell sont irrésistibles en mère dévouée pour l’une et en lieutenant attachant pour l’autre. Jojo Rabbit est une satire qui se dresse contre la haine et l’intolérance et s’inscrit plus que jamais dans le contexte actuel de notre époque qui a besoin d’une bonne piqure de rappel et d’une bonne dose d’espoir (et de danse!).


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