Sex Education est disponible sur Netflix depuis le 11 janvier 2019. 

Évoquer les déboires amoureux et sexuels des adolescents, beaucoup de films et séries s’y sont essayés avec plus ou moins de succès ces dix dernières années. Renouveler le genre était donc un pari risqué pour Netflix qui relève pourtant le défi haut la main avec sa toute nouvelle série Sex Education, venue tout droit de Grande-Bretagne.

En huit épisodes, la série créée par Laurie Nunn nous conte l’histoire d’Otis (Asa Butterfield), un jeune adolescent invisible de seize ans qui décide soudainement de réaliser des thérapies sexuelles clandestines au sein de son lycée. Dès les premières minutes, on découvre d’ailleurs avec plaisir que le nom de la série n’est en rien un coup marketing mais bien l’évocation du sujet principal : la sexualité adolescente.

Avec l’intelligence et l’humour propres à la réalisation anglo-saxonne, le show dresse alors le portrait bienveillant d’adolescents en quête de leur identité, de leur corps et/ou de leurs sentiments. À une période où les jugements règnent en maîtres aux côtés des hormones, les personnages à la fois principaux et secondaires vont ainsi apprendre que la normalité n’est finalement pas si normée.

Car c’est bien là l’une des questions fondamentales que pose cette première saison :  » Que signifie être normal ? ». Jouant avec de nombreuses situations, naviguant à travers des histoires de couple, de famille et de sexe, la série démontre qu’il n’y a pas qu’une seule et unique manière d’être et d’exister. Et si les besoins et les envies diffèrent selon les personnes, la normalité, elle, possède le visage que l’on veut bien lui donner.

© Netflix

L’autre atout majeur de Sex Education se trouve sans hésitation dans son traitement de la sexualité à l’écran. Sans tabous aussi bien dans ses scènes que dans ses dialogues, la série décomplexe avec brio le sexe et ses complexités. Le rôle des parents dans la transmission et la prévention n’est lui aussi pas oublié et permet au passage à Gillian Anderson de briller en mère possessive et sexologue à toute heure.

En bref, c’est une première saison réussie pour Sex Education, qui, même si elle adopte parfois les codes de la série adolescente, s’en détache par son humour et sa profondeur d’écriture.