Mowgli est actuellement disponible sur Netflix. 

C’est en 2014 qu’Andy Serkis (maître incontesté de la motion capture) s’est lancé dans la folle aventure qu’est l’adaptation du Livre de La Jungle de Rudyard Kipling (1894). Seulement, Disney ayant mis en chantier la sortie massive de ses classiques en live action, l’acteur et réalisateur se retrouve devancé par le long-métrage de Jon Favreau et de son oscarisé Livre de la Jungle en 2016, rendant inutile et redondante la sortie sur grand écran de Mowgli: la légende de la jungle. C’était sans compter sur le géant du streaming américain, Netflix, qui décide de lui donner une seconde chance en le diffusant sur sa plateforme dès le 7 décembre 2018.

Alors que vaut cette énième adaptation ?

Ne cherchez pas ici la version édulcorée de Disney où la bonhomie et les chants sont les ingrédients d’un monde parfait. Plus sombre, plus dur, Mowgli: la légende de la jungle a fait le choix de plonger le spectateur dans un univers réaliste (les animaux parlent toujours, n’ayez crainte) dans lequel la violence est omniprésente, aussi bien chez les hommes que chez les animaux. Ces derniers sont abîmés, remplis de cicatrices ou tout simplement usés par la vie, à l’instar de Baloo, bien loin de l’image du nounours adoré de Disney. Andy Serkis nous présente alors une jungle régie par un code d’honneur d’une incroyable cruauté pensé dans un unique but : la survie du monde animal. Mais face à la menace humaine, les règles établies vont alors évoluées sous l’élan du jeune Mowgli.

Incarné avec intensité par l’acteur Rohan Chand, le film évoque le combat intérieur auquel se livre le garçon, se sentant appartenir aussi bien à la jungle qu’à la ville des hommes et étant tour à tour aimé puis rejeté par ces derniers. Le film ne prend alors jamais parti pour l’un des camps et c’est bien là que réside l’intelligence de son propos. Dans sa quête de domination et de trophées, le chasseur devient un miroir du tigre Shere Khan tandis que le rejet de la meute de loups fait écho à celui des villageois. Même Mowgli n’échappera pas à la cruauté en reproduisant l’intolérance qu’il subit sur le jeune loup albinos, apprenant l’impact que les mots peuvent avoir et leurs conséquences.

En bref, le long-métrage se distingue clairement de ses prédécesseurs en s’adressant spécialement (voire uniquement) aux adultes. Loin de la magie de la version animée de 1967 et plus proche de l’œuvre de Rudyard Kipling, cette version pourra certes décevoir plus d’un nostalgique mais comporte indéniablement de très nombreuses qualités. À commencer par son casting dont les voix profondes et puissantes, Cate Blanchett en tête, résonnent encore une fois le film terminé.


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