Le nouveau film de Jeanne Herry sort le 5 décembre dans les salles et c’est une réussite.

Pupille, c’est l’histoire du petit Théo qui est remis à l’adoption dès sa naissance. C’est aussi l’histoire d’Alice qui se bat pour avoir un enfant et de Karine, Jean et Lydie, qui veillent à ce que la rencontre entre Théo et sa future mère se passe bien.

Pour son deuxième long-métrage après Elle l’adore, Jeanne Herry a choisi de s’intéresser à l’adoption sous un angle que l’on voit peu. Ici, il n’est pas question de quête pour découvrir les parents biologiques d’un personnage. Ce qui a intéressé la cinéaste, c’est tout le processus qui s’enclenche lorsqu’un enfant est mis à l’adoption. L’accouchement sous X, le travail des services sociaux et la rencontre entre la mère et l’enfant, autant d’étapes fondamentales qui sont mises en scène avec beaucoup de délicatesse et d’émotion.

À la frontière du film choral et du documentaire, Pupille est une œuvre au réalisme souvent bouleversant. Les destins des personnages se lient petit à petit à celui de Théo sans que rien ne semble forcé. En montrant l’évolution de la vie d’Alice, les doutes de Jean, les amours contrariées de Karine, la scénario de Jeanne Herry privilégie l’intime et l’inscrit dans les moments charnières du début de la vie de l’enfant.

Le titre du film évoque d’ailleurs non seulement une pupille de l’État mais aussi la pupille, celle du regard. Car les premières rencontres et le lien qui se crée entre Théo et les autres, passent d’abord par un jeu de regards qui en dit long et qui amorce la communication parfois difficile à établir.

Jeanne Herry a également soigné son casting en s’entourant de Sandrine Kiberlain (qui avait déjà tourné avec la réalisatrice dans Elle l’adore), Gilles Lellouche, Élodie Bouchez et Olivia Côte qui livrent tous des performances impeccables. Touchant, juste et intelligent, Pupille est donc un film que l’on vous recommande vivement.