En 2013, Fakear rejoignait l’équipe de Nowadays Records et voyait sa carrière décoller. Le label fête cette année ses 5 ans et a naturellement convié l’artiste à se produire sur scène le 8 décembre prochain à la Machine du Moulin Rouge puis à Lyon, Lille et Toulouse, avec La Fine Équipe et d’autres pointures de l’electro française dénichées par le label.

Pour évoquer cet anniversaire, nous avons rencontré Fakear qui nous parle de ses débuts chez Nowadays, ses influences et ses envies pour la suite.

Nowadays Records fête ses 5 ans cette année. Est-ce que tu peux nous raconter ta rencontre avec l’équipe du label ? 

C’était à l’after d’un des Trianon de Wax Tailor pour lequel j’avais fait la première partie. C’était mon deuxième concert avec lui. J’étais tout seul dans mon coin et je connaissais personne à part l’équipe de Wax Tailor. C’est Mathieu Foucher, un photographe avec qui on a beaucoup bossé ensuite, qui est venu me chercher pour me présenter l’équipe de Nowadays.

J’avais entendu parler du label parce que je connaissais La Fine Équipe de réputation. On a bu des coups et on s’est dit que ce serait cool de sortir un EP ensemble un de ces jours. À la base, ils voulaient qu’on se mette à deux avec Superpoze et qu’on fasse une sorte de double album. Ça s’est jamais fait pour des questions de planning, je pense. Donc je suis parti tout seul avec eux et on a sorti « Morning in Japan » en juin 2013.

Tu vas fêter cet anniversaire à la Machine du Moulin Rouge le 8 décembre prochain avec La Fine Equipe et Leska entre autres. Qu’est-ce qu’elle représente pour toi cette salle ?

C’est le club où j’allais jouer quand j’ai commencé. C’est un peu les premiers trucs branchés parisiens que j’ai fait.  J’ai pas joué là-bas depuis 3-4 ans donc c’est trop de bien d’y revenir et de faire la fête avec les copains. Pour moi, c’est un super lieu.

Qu’est-ce que tu retiens de ces premières années passées avec Nowadays ? 

C’était ultra formateur et c’est devenu la famille au fil du temps. On a sorti 4 EPs ensemble. C’est avec eux que j’ai compris comment marchait un label indépendant français. Ils m’ont aidé à construire mon radar à « requins », à savoir comment évoluer dans le business en étant safe.

Ils ont toujours gardé une vision de label indé hyper humain et familial. Il fallait qu’on soit tous potes. Si ça coinçait au niveau de l’humain, ça ne pouvait pas marcher au niveau du pro. On a moins bossé ensemble sur Animal et All Glows mais c’est toujours énormément de plaisir de travailler avec toute cette team.

Pour parler plus spécifiquement de ta musique, tu cites pas mal Star Wars et les films d’Hayao Myazaki dans tes influences. Comment est-ce que tu arrives à rendre ta musique aussi visuelle ? 

Je me pose pas vraiment la question quand je la fais. Je sais que ce qui me touche dans l’art, c’est quand j’ai l’impression qu’il m’emmène quelque part. Si j’ai l’impression d’avoir voyagé quand je ressors d’une expo ou d’un concert, c’est un indicateur pour moi que c’était bien.

Quand je fais de la musique, j’ai envie naturellement de créer cette ambiance et de faire en sorte que l’auditeur puisse rêver dessus. Le meilleur compliment qu’on puisse me faire en concert c’est de voir les gens fermer les yeux et se laisser aller.

Il y a un de tes morceaux qui a été utilisé pour la BO de Ghost in the Shell. Composer pour le cinéma, c’est quelque chose qui t’intéresse ?

Oui, carrément. J’ai eu quelques expériences dans ce milieu-là. Le principal, c’est de  trouver vraiment un réalisateur avec qui ça matche bien.

Ton dernier coup de cœur ciné ?

C’est peut-être un peu bateau mais le dernier Avengers m’a vachement plu !

Dans All Glows, tu mets beaucoup en avant la spiritualité. Quelle place a pris la spiritualité aujourd’hui dans ta vie ?

Cette ouverture-là m’a sauvé du monde de la tournée. Plus que quelque chose de spirituel ou religieux, je me suis mis tout simplement à croire au karma, à ce que tu rejettes et ce qui te reviens.

Dans mon expérience, ça marche de dégager quelque chose de positif. Tu récoltes quelque chose de positif et tu peux avancer avec ça. C’est hyper stimulant pour la suite. Dans ce monde de la musique et de la nuit, il y a tellement d’opportunités de basculer dans un cercle négatif et de s’autodétruire que ça m’a aidé à garder un rythme sain et à ne pas me brûler les ailes.

Tu peux nous parler un peu de tes prochains projets ?

Je suis en train de remettre tout à plat. Ça m’a plu d’aller un peu plus dans le monde de la pop parce qu’All Glows c’est un projet qui est plus ouvert, plus grand public. Je voulais savoir à quel point je pouvais faire ça tout en restant honnête. J’ai eu ma réponse : ce n’est pas possible. Tu ne peux pas aller trop loin là-dedans et garder ton identité.

Donc j’essaye de me renouveler avec une vision plus indépendante, celle que je pouvais avoir au début, en essayant de défricher et de ne pas m’orienter vers les trucs trop radiophoniques. J’ai compris, en faisant cet album, qu’essayer de faire des tubes est un combat perdu d’avance parce que de toute façon Diplo fera mieux (rires). Ça marche pas parce que ce n’est pas du tout lié au talent. Ce n’est qu’une question de moment et d’opportunité.

À un moment, j’avais un peu ce fantasme de sortir un gros tube. Et les morceaux que j’ai poussés le plus de ce côté-là dans l’album n’ont pas du tout marché, même si les maisons de disque étaient enthousiastes. Fort de cette expérience, je suis vraiment content de revenir dans l’indépendant et dans quelque chose qui se consacre vraiment à l’art et à la musique. J’ai pas envie de ressortir d’album. Les morceaux qui arrivent auront des formats plus club et ils sonneront beaucoup plus comme avant.


Pour aller fêter l’anniversaire de Nowadays comme il se doit, voici les dates de la tournée :

Paris (La Machine du Moulin Rouge) : 08.12
Lyon (Le Club Transbo) : 14.12
Lille (Le Magazine Club) : 15.12
Toulouse (Le Bikini) : 29.12

La compilation anniversaire de Nowadays sera disponible dès le 30 novembre prochain.