À découvrir dans les salles dès demain.

Le Lion d’or à la Mostra de Venise, 2 Golden Globes, 4 Critics’ Choice Awards, 2 BAFTA… voilà la liste non exhaustive des récompenses déjà raflées par The Shape of Water (alias La Forme de l’eau). Le nouveau film de Guillermo del Toro est également bien parti pour être l’un des grands vainqueurs des prochains Oscars. Deux ans après Crimson Peak, le réalisateur mexicain revient avec un conte parfaitement dans l’ère du temps qui célèbre le pouvoir de l’amour.

On est en 1962, en pleine Guerre Froide. Elisa travaille dans un laboratoire appartenant au gouvernement américain. Muette, elle n’a pas beaucoup d’interactions avec les autres à part avec sa collègue et amie de longue date Zelda et son voisin Giles, bien seul lui aussi. L’existence de l’héroïne bascule le jour où elle rencontre une créature mystérieuse et fascinante dont elle tombe amoureuse…

Guillermo del Toro n’a pas son pareil pour écrire des histoires fantastiques traversées de magie, de frissons et d’émotions. The Shape of Water ne fait pas exception puisque le cinéaste explore à nouveau la thématique du conte avec brio. Cette fois, il propose le récit d’un amour interdit qui cherche à triompher malgré tout. Véritable ode à la différence, le film brille par son incroyable poésie.

Comme souvent dans les films du maestro mexicain, les humains sont plus monstrueux que les monstres eux-mêmes et les ennemis ne sont certainement pas ceux que l’on imagine. Le grand méchant, interprété par Michael Shannon, représente tous les travers de nos sociétés.

Alors que Gilles lui assène que la créature ne mérite pas son aide parce qu’elle n’est pas humaine, Elisa lui répond dans un échange bouleversant : « Si nous ne faisons rien, alors c’est nous qui ne le sommes plus ». Cette scène, et bien d’autres, ne seraient pas aussi marquantes sans la formidable performance de Sally Hawkins. Après plusieurs seconds rôles, l’actrice britannique revient enfin en haut de l’affiche et brille une nouvelle fois par son jeu toujours juste et touchant. On espère d’ailleurs qu’elle repartira avec une petite statuette dorée le 4 mars prochain.

The Shape of Water

© Twentieth Century Fox

En situant l’histoire en 1962, Guillermo del Toro n’en rend pas moins son conte intemporel et éminemment d’actualité. Il évoque le racisme, la crise, l’ambition trop forte de certains dirigeants et l’escalade d’une violence absurde. Comme il le dit lui-même, « je voulais tirer sur le Make America Great Again qui ne représente pas l’avenir mais une Amérique révolue et qui n’a plus de sens aujourd’hui. »

Ce n’est pas pour rien non plus que le réalisateur a choisi l’eau pour rapprocher ses deux héros. Symbole de la vie dans l’imaginaire collectif et royaume de nombreuses créatures légendaires, cet élément naturel a une puissance aussi forte que celle que l’on attribue à l’amour. Une vie vécue sans la présence de l’autre n’a clairement pas la même saveur, nous dit le réalisateur.

La solitude, le regard de la société, le rejet… autant de thèmes qui s’appliquent à l’histoire entre un monstre et une femme mais plus généralement entre deux personnes qui ne suivent pas des normes qui n’ont que peu de sens. C’est aussi dans l’histoire de Giles que résonnent ces problématiques, lui qui s’est réveillé un jour en se demandant comment il avait pu en arriver là.

Si la mélancolie est omniprésente dans le film, la beauté prime sur le reste et on ressort de la salle aussi enchanté que bouleversé. The Shape of Water est un de ces films qui tombent exactement au bon moment, lorsqu’on a besoin de croire que la magie existe bel et bien et que la vie peut nous réserver de belles surprises.

The Shape of Water

© Twentieth Century Fox


Découvrez les séances