Après avoir remporté la Caméra d’Or lors du 70e Festival de Cannes, le premier film de Léonor Serraille débarque enfin dans les salles et c’est notre coup de cœur de la semaine.

1 – Parce que Laetitia Dosch crève l’écran

Révélée par Justine Triet dans La Bataille de Solférino en 2013, Laetitia Dosch trouve enfin un premier rôle à la mesure de son talent. Elle incarne ici Paula, une jeune femme un peu perchée qui revient à Paris après un long voyage. Son mec l’a largué et son seul ami est un chat grognon mais elle est bien décidée à reprendre sa vie en main.

Laetitia Dosch était faite pour devenir Paula. Actrice atypique, elle montre qu’elle n’a peur de rien et qu’elle peut captiver le spectateur pendant 1h37 sans jamais trop en faire. Touchante, vibrante, paumée et excessive, elle porte complètement le film sur ses épaules et sait rendre son personnage attachant. Un peu de folie douce dans une interprétation qui nous semble toujours sincère et naturelle et qui fait beaucoup de bien dans le paysage cinématographique français. Il n’y a pas de doute, Laetitia Dosch n’a pas fini de nous étonner.

2 – Parce que c’est drôle

Sans lui apposer l’étiquette trop réductrice de « comédie », Jeune femme est un film particulièrement drôle. D’abord par les situations dans lesquelles se retrouve notre héroïne puis par ses réactions et celles des autres, toujours en décalage.

La scène de l’entretien d’embauche est un vrai moment jubilatoire où Paula se révèle dans toute sa splendeur. Mais il y a aussi une imitation improbable d’Amy Winehouse, du baby-sitting un peu foiré, un chat à trimballer partout… Autant de moments cocasses qui donnent au film un charme fou.

© Shellac

3 – Parce que ça ressemble à la vie

La scène d’ouverture de Jeune femme annonce la couleur. Le rythme sera effréné, brouillon, chaotique et émouvant. À l’image de la vie. Tout n’est pas parfait, les galères s’enchaînent mais les rencontres illuminent le quotidien d’une jeune femme qui ressemble finalement à beaucoup d’autres.

Les dialogues fusent à la vitesse de l’existence. Une existence que Paula aimerait un minimum cohérente. Mais il est difficile de s’intégrer quand on ne rentre dans aucune case que la société tente de nous imposer. Paula vit au gré de ses obsessions, de sa tristesse et de sa fantaisie. Il faut qu’elle avance, à tout prix. Si les portes se ferment alors elle en ouvrira d’autres. Si les gens s’en vont, elle en rencontrera d’autres. C’est peut-être ça finalement le meilleur moyen d’être heureux. Et libre.

Et pour encore mille raisons, on vous conseille vivement d’aller voir le film


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