Justin Nozuka. Ce nom vous dit forcément quelque chose. Arrivé sur nos écrans et radios en 2007 avec un premier album Holly et son tube After Tonight, l’artiste canadien compte revenir en 2018 avec un nouvel album (le quatrième).

Pour l’occasion, il a sorti depuis peu un EP intitulé High Tide, comme une ré-introduction à sa musique. Entre sa jeunesse en tournée et l’industrie musicale, rencontre avec l’artiste lors de son passage à Paris.

Tu étais en concert hier à Paris, comment était-ce ? 

Vraiment bien. C’était le dernier concert de cette petite tournée européenne de deux semaines, c’était rapide mais intense ! Et le public hier soir était à fond, il y avait une bonne énergie.

As-tu un petit rituel avant de monter sur scène ? 

Je fais des échauffements vocaux pendant au moins une heure, parfois deux heures ! (rires) Ça peut durer vraiment longtemps mais c’est important. Après, juste avant de monter sur scène on joint nos mains avec les musiciens et on crie le nom de la ville dans laquelle on joue.

Tu as sorti un trois-titres intitulé High Tide, vois-tu ça comme un EP ou plus comme un single allongé ? 

Ce ne sont que trois titres, donc le mot EP est surtout là pour la promotion. Je vois plus ça comme une ré-introduction puisque je n’ai pas sorti de morceaux depuis plus de trois ans et que le dernier album était très expérimental, donc n’a pas nécessairement rencontré un énorme succès. Disons que High Tide est une manière de me remettre en piste.

2007, 2010. Ce sont les dates de tes deux premiers albums. Pourquoi cette envie d’en faire un troisième justement plus expérimental en 2014 ?

J’avais à peine 18 ans lorsque toute l’aventure a commencé. Le premier album a très bien marché donc je suis parti en tournée. Lorsque le second est lui aussi arrivé, on est à nouveau parti sur la route. Au final, j’ai passé presque cinq ans à bouger, à voyager, j’ai grandi comme ça mais à un moment donné j’ai fait un blocage. J’ai eu envie de tout quitter, j’ai voulu retrouver une routine, une vie normale, quelque chose de moins grand, de moins fou. C’est ce que j’ai fait ! Et avec ça est venue l’envie de me retrouver artistiquement, d’aller chercher et expérimenter des choses que j’avais en moi. Ça a donné le troisième album, qui était beaucoup plus sombre et mélancolique car ça n’était pas une période facile. Ça n’a pas forcément emballé mon label mais c’était nécessaire pour moi de passer par cette étape. J’ai pu extérioriser et me rendre compte par la même occasion que la scène, les tournées et tout le reste me manquaient malgré tout ! Et que je n’étais pas fait pour la routine finalement…

D’où ce quatrième album en préparation j’imagine.

Oui. Qui sera beaucoup moins sombre. J’estime avoir enfin trouvé ma voie après quelques temps de recherche et j’en suis ravi. Beaucoup de morceaux du prochain album parleront de la vie, de la nature, de l’amitié, de l’amour. J’ai envie de lumière, donc ce sont des thèmes que j’aborderai dans mes nouvelles chansons. Je pense que cette fois-ci ça sera la balance parfaite entre les deux premiers albums et le troisième. Je me suis trouvé… il était temps ! (rires)

Tu as déjà eu l’impression dans le passé de devoir faire des compromis quant à ta vision artistique ? 

Non pas vraiment. Après il y a parfois eu des remix de morceaux ou des collaborations qui ne me plaisaient pas nécessairement mais qui faisaient aussi partie du métier et de ses règles. Mais personne ne m’a jamais obligé à jouer un certain style de musique ou une chanson.

Si tu penses au Justin d’il y a dix ans, qu’elle image en as-tu ? 

Une image beaucoup plus jeune déjà ! (rires) Plus naïf aussi. Maintenant je suis au courant de la manière dont fonctionne l’industrie musicale. Je sais à quoi m’attendre, je connais ses bons et ses mauvais côtés. J’ai pu expérimenter beaucoup de choses en dix ans, ce qui m’a permis d’être moins têtu que je ne l’étais auparavant, d’être plus réfléchi et détaché.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter ? 

Que les gens découvrent ces nouveaux titres et les apprivoisent. Lorsque j’ai sorti mon premier album, le paysage musical était tellement différent. Aujourd’hui, ce sont des milliers de nouveaux artistes qui apparaissent chaque année sur toutes les plateformes. C’est incroyable ! Donc il me faut un peu de chance et de persistance pour pouvoir toucher les gens avec ce trois-titres et plus tard avec le nouvel album.


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