Son premier EP, No Roots, l’a placé en tête des charts allemandes. Son single éponyme a, lui aussi, connu un grand succès à travers le monde. Alice Merton se révèle comme une petite prodige de la pop. Titres autobiographiques, influences variées et projets à venir, la jeune chanteuse aux origines allemande et anglaise s’est livrée à COCY lors d’une interview exclusive !

Rencontre avec Alice Merton.

Ton premier EP, No Roots, est donc sorti en début d’année. Qu’est-ce qui s’est passé après ça ? Comment ça va pour toi depuis ?

Tout va très bien ! Il y a eu beaucoup de surprises que l’on n’attendait pas comme cette première place dans les classements iTunes en Allemagne. Après ça, le projet n’a pas cessé de grandir, les gens aimaient de plus en plus notre EP.

Le groupe de télécommunications britannique Vodafone a même utilisé nos chansons pour faire leur publicité, ce qui a beaucoup aidé à promouvoir No Roots ! On a même été invités à faire plusieurs concerts.

Ça a été une très bonne expérience pour moi et je me suis beaucoup amusée !

Le premier single de l’EP porte son nom. Qu’est-ce que cette chanson représente pour toi ?

Ce titre parle essentiellement du fait que j’ai déménagé 12 fois, que j’ai vécu dans 4 pays différents et que je n’ai pas un endroit que je peux appeler ma maison. En fait, ma maison a toujours été avec les gens que j’aime et avec qui j’aime passer du temps.

Je n’ai pas de racines, mais ça ne m’attriste pas, j’apprends à aimer le fait que je peux me sentir à la maison dans différents endroits. Du coup, l’idée m’est venue d’en faire une chanson.

Donc ça décrit ton style de vie… Comment ta façon de vivre a-t-elle influencé ta vie et ta musique ?

Hum, d’une certaine manière, ça a influencé ma vie dans le sens où je trouvais vraiment difficile de nouer certains liens. Le fait est que lorsque tu déménages souvent, tu as du mal à vraiment vouloir te lier d’amitié avec les gens. Parce que l’on te sépare toujours de ces personnes qui sont devenus tes amis. Du coup, tu es plus prudent, tu te fais des amis mais jamais des meilleurs amis.

Et concernant la musique… Je pense que j’ai été influencée par les endroits où je vivais. Par exemple, quand j’étais en Allemagne, j’écoutais beaucoup The Killers. Alors qu’en Angleterre, j’écoutais beaucoup de musique anglaise comme Sam Smith ou Adèle. Je suppose que, d’une manière ou d’une autre, ça a influencé ma propre musique.

Et justement, comment la décrirais-tu ta musique ?

Je dirais que c’est de la ‘pop passionnée’, parce que j’écris sur des sujets qui me passionnent vraiment. Sur scène, j’adore montrer aux gens que ce dont je parle m’intéresse vraiment.

Je n’arrive pas écrire sur quelque chose qui n’existe pas, je ne sais pas inventer une histoire. Alors pour que j’aime ce que j’écris, il faut que d’une certaine manière ce soit autobiographique.

Comment as-tu réagi quand tu as su que No Roots connaissait un franc succès ?

Je ne peux pas dire que j’ai ‘compris’ que ma chanson avait du succès. C’était vraiment dur de se rendre compte de ce qu’il se passait parce que je vivais ma vie normalement. J’allais aux concerts, je voyageais…

Je me rappelle avoir reçu un message comme quoi le titre commençait à être reconnu sur Spotify, j’étais super excitée mais sur le coup je n’avais pas vraiment compris non plus. Ça paraissait tellement surréaliste !

Alors, on va parler un peu de toi maintenant : qu’est-ce qui t’as donné envie de faire de la musique ?

Je joue du piano depuis un moment déjà… J’ai commencé à 5 ans ! Et je me souviens que parfois quand je jouais, je me disais que certaines notes étaient à changer pour rendre le morceau meilleur. Et après, à 16 ans, j’ai commencé à écrire des chansons. En fait, mon école proposait un atelier ‘songwriting’. C’est en y participant que je me suis rendu compte que je pouvais écrire de la musique ! Avant ça, je n’avais jamais vraiment essayé parce que je préférais reprendre les morceaux des autres.

Je suppose que c’est de là que mon attrait pour la musique a commencé.

En parlant de reprendre les musiques d’autres artistes, qui t’inspire pour tes musiques ?

The Killers ! Ils m’inspirent beaucoup. Il y a aussi Regina Spektor, Sam Smith… J’écoute également beaucoup de groupes comme Coldplay.

Avec l’aide de ton équipe, vous avez créé votre propre label. Pourquoi avoir choisi cette méthode plutôt que rejoindre un label déjà existant ?

En fait, au début on a essayé de discuter avec des labels, mais ils voulaient toujours changer les morceaux que l’on proposait. J’aimais mes musiques comme elles étaient et je ne voulais pas que quelqu’un les arrange à sa façon, je voulais qu’elles restent MES compositions… Je voulais tout simplement être libre de décider comment les morceaux devraient sonner et non pas que quelqu’un me dicte comment composer. Du coup j’ai proposé à mon manager de créer un label, et c’est ce que l’on a fait. On a construit tout ça nous-mêmes, on y a mis tout notre argent et notre temps et je suis heureuse que ça ait si bien marché !

As-tu des projets à venir ? Un album peut-être ?

Oui ! Il y a un album de prévu pour début 2018, ce qui est vraiment excitant. Il y a aussi un clip vidéo, pour le single Hit The Ground Running, qui ne devrait pas tarder. Et le reste des clips va arriver plus tard dans l’année, avec l’album.