Dans un petit café du 5ème arrondissement, presque 2 mois après la sortie de son premier EP Symbolic, nous rencontrons enfin l’artiste qui se glissait souvent dans nos playlists des curiosités auditives, voir même dans les lignes de nos articles. Seth XVI a répondu avec enthousiasme à nos questions.

Rencontre avec le jeune producteur lyonnais.

Ton premier EP Symbolic est donc sorti le 28 avril dernier, comment ça va depuis ?

Eh bien, je dois dire que je suis très excité par rapport à ça parce que c’est une nouvelle période qui commence pour moi musicalement. Ça fait quand même longtemps que je fais de la musique et c’est la première fois que je touche vraiment au milieu professionnel, et en plus pour un projet qui me tient vraiment à coeur. C’est vraiment quelque chose qui se concrétise pour moi et c’est important !

On sait que tu as d’abord été remarqué par plusieurs collectifs lyonnais, qu’est-ce que tu as eu l’occasion de faire avant ce premier EP ?

Comme je l’ai dit, ça fait vraiment longtemps que je fais de la musique. En fait j’ai appris à en faire en composant, je ne suis jamais passé par un conservatoire ou quoi que ce soit. La première fois que j’ai touché un instrument, c’était vraiment dans l’optique d’écrire. Donc à partir de là je me suis formé moi-même et quand je suis arrivé à Lyon, le premier milieu auquel j’ai touché était l’électro. Je suis passé par plusieurs petits collectifs où j’ai appris à mixer et à connaître le milieu de la nuit. Ça a été très formateur pour moi concernant l’électro mais j’ai ensuite voulu me rapprocher d’un côté plus organique, sous le nom de Sonove.

Justement, pourquoi avoir changé de nom ? Est-ce que c’était un moyen pour toi de recommencer à zéro ?

Oui, c’était quelque part pour recommencer à zéro parce que je me lançais dans un  projet qui me paraissait plus personnel, plus centré sur le chant. À l’époque, j’assimilais le nom de Sonove à un pseudonyme de DJ. Le changer, ça m’a permis d’affirmer mon nouveau projet. Un peu comme une renaissance artistique !

Tu es maintenant la nouvelle recrue de DDM Recordings, comment s’est passée votre rencontre ?

Avec Fanny, ma manager, on leur a d’abord envoyé un mail. Le label nous plaisait déjà beaucoup à la base, avec bien sûr la tête d’affiche MØME et tous les autres artistes. Du coup on s’est dit : pourquoi ne pas tenter ? Au pire on n’aura pas de retour, ce n’est pas grave. Et finalement, on a eu une réponse très enthousiaste qui nous disait que le label ne s’arrêtait habituellement pas sur les mails mais que, dans notre cas, ça en valait la peine.

On a alors fait un premier skype avec le patron de DDM et on a tout de suite bien accroché humainement. C’était super important pour moi de d’abord accrocher humainement avant de parler pro et parler buisness !

Pour en revenir à ton EP Symbolic : on a remarqué que sur ces 5 titres, il y avait souvent un contraste entre tes mélodies entraînantes et ta voix plus douce et calme. Comment se passe la construction d’une de tes musiques ? Est-ce que tu commences plutôt par la mélodie et tu adaptes ta voix dessus, ou l’inverse ?

Ça va dépendre ! Le but c’est quand même d’explorer beaucoup d’atmosphères et de styles de musique, je ne me mets pas vraiment de barrière stylistiquement parlant. Et en plus de ça, la voix était vraiment au centre de mon projet.

En général, je vais faire une instru, mais je vais m’assurer qu’il y a assez de place pour pouvoir faire un travail sur la voix et qu’elle n’est pas en arrière-plan. Après c’est à moi de travailler sur mon timbre et sur les textures que je peux utiliser !

Quelles sont tes inspirations pour créer tes musiques ?

Déjà, en matière musicale, il y a des références obligatoires. C’est-à-dire que moi, je suis très influencé par certaines vedettes comme Sampha, James Blake, etc… Ce sont des artistes qui utilisent leur voix pour faire des expérimentations et qui l’utilisent pour avoir une certaine proximité avec leur public. Par exemple, avec certains d’entre eux, lorsque tu les écoutes en live, tu peux presque sentir leur souffle dans le micro !

Ensuite, côté films et autres formes d’art, je n’ai rien qui me vient en tête. Mais il y a toujours une part de moi qui image mes musiques quand je les crée, c’est une sorte de film qui se met en place dans ma tête. Ce que je ressens lorsque je compose, je ne peux pas le mettre sur papier, je le garde dans mon imaginaire : ça va être une atmosphère, un paysage, un ressenti qui se manifeste. Je pense que c’est tout ça l’art de composer, de faire prendre corps à quelque chose qui est juste dans le ressenti à la base !

Tu te sers de cette technique d’imagerie pour créer tes clips ?

Bien sûr ! Je viens de sortir un clip et quand on travaillait dessus avec les réalisateurs, on parlait souvent avec des termes un peu abstrait. On se disait qu’il nous fallait telle ou telle atmosphère.

Je ne suis pas parti dans l’optique « il me faut tel personnage, à tel endroit, à tel minute », je recherchais plus un ressenti : un peu sensuel, un peu mystérieux à certains moments. Mon but c’était vraiment de concrétiser des émotions par l’image.

As-tu des projets à venir ?

En ce moment, j’essaye d’organiser plusieurs collaborations ! Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en faire mais c’est quelque chose qui me tient à coeur de rencontrer d’autres artistes et de mêler un peu les univers.

Sinon, autrement, je prévois pleins de concerts. C’est aussi important pour moi de me rapprocher de plus en plus du public grâce à la scène et aux réseaux sociaux. Mon but premier c’est d’établir un bon contact avec eux, d’apprendre à les connaître et peut-être qu’en retour ils apprendront à me connaître aussi !

Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour la suite ?

Eh bien, plein de bonnes choses déjà ! (rires) Après on peut me souhaiter plein de festivals, plein de dates et de réussir à établir ce contact avec les gens. Je trouve que c’est le plus important.


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