En 2013, il se faisait connaître avec son premier EP Empirical. En mars 2017, John And The Volta signait son grand retour avec son premier album Low Life. L’occasion pour nous de lui poser quelques questions sur son univers si particulier.

Rencontre avec le jeune artiste français.

Ton premier album Low Life est donc sorti le 24 mars dernier, comment te sens-tu depuis ?

Je me sens bien. J’en ai longtemps rêvé de ce premier album ! Il est enfin sorti et je suis vraiment touché de voir qu’il est aussi bien accueilli. C’est particulier de partager quelque chose qui, finalement, relève de l’intime. En ce moment nous travaillons la mise en place du live avec les Volta. Je suis impatient de le faire vivre sur scène et de partir à la rencontre de ceux qui écoutent ma musique !

On y retrouve ce style qui t’est propre, mais qui est pourtant beaucoup plus affirmé. Considères-tu avoir évolué musicalement ?

J’ai grandi en tant que musicien et j’ai aussi évolué en tant qu’homme. Aujourd’hui, je me sens plus solide. Entre mon 1er Ep et cet album j’ ai expérimenté beaucoup de pistes, j’avais besoin de me mettre en danger, de sortir de ma zone de confort. Je ne conçois pas les choses autrement. J’ai besoin d’aller au-delà de mes certitudes.

Mélange d’électro organique allemande et de lyrisme, cet album surprend. Quelles ont été tes influences ?

Je me considère plutôt comme un enfant du rock !  L’ électronique est arrivée plus tard sur ma route. Effectivement, je privilégie une électro « organique », j’ai du mal avec la musique laptop. Le lyrisme est là depuis toujours en revanche. Ça fait partie de moi, de ce que j’ai à donner, je pense.

J’aurais du mal à identifier et à citer les influences précises de Low Life. Certains parlent de Blondie, d’autres de Badalamenti. Je sais juste que je voulais faire un disque radical et sensible. Un disque qui me ressemble.

Chacun de tes 9 titres possède son propre univers. Comment expliques-tu que tes morceaux soient si uniques ?

Ça me fait plaisir que tu me dises ça. Je ne compose pas une chanson par rapport à l’idée que je me fais de ma musique. Je conçois chaque chanson comme un moment unique, un instant à capturer que je modèle et mets en forme ensuite. C’est un travail d’artisan.

J’accorde une importance particulière aux arrangements, à chaque détail, à chaque intention. Ils peuvent magnifier ou foutre en l’ air une chanson.

Jolie surprise, on retrouve le titre Paralized (extrait ton EP de 2013) transformé en Paralyzed. Pourquoi avoir repris ce morceau ?

Je vois Paralyzed comme un trait d’union entre Empirical Ep et Low Life. C’est une chanson importante pour moi, elle m’a ouvert à d’autres sonorités et a enrichi le vocabulaire musical de John And The Volta. Je tenais à ce qu’elle se retrouve sur mon premier album.

Ton premier EP sort en 2013 et t’emmène aux finales des Inrocks Lab, tu t’attendais à un tel enthousiasme pour ta musique ?

J’ai été surpris par les retours du public et de la profession. Cette exposition est arrivée très rapidement, elle a accéléré les rencontres et raccourci les distances.  Je recevais des messages de l’autre bout du monde pour des chansons que j’avais écrites et enregistrées dans mon appart. Ce sont des moments très précieux, des moments qui donnent du sens à mon travail.

Du coup, d’où t’es venu cet intérêt pour la pop synthétique ?

Je suis guitariste de formation, et comme beaucoup d’instrumentistes je peux avoir un rapport très conflictuel avec mon instrument. Les synthés m’ont apporté une bouffée d’air au moment où j’en avais besoin. Dès les premières compositions, je me suis aperçu des émotions qu’ils déclenchaient en moi, comme des vagues. A partir de là je n’ai pas pu m’en défaire !

As-tu des projets pour la suite ?

Cette année nous allons défendre Low Life, le faire découvrir en France et peut être ailleurs. Je continue à écrire pour le prochain disque, j’enregistre des mémos, de nouvelles idées de sons. Je vais aussi faire des featurings sur quelques projets d’ albums qui sortiront prochainement. Et puis j’ ai également fondé ma maison de disque Rouge Neon Records.

C’est le point d’encrage de John And The Volta mais cela va bien au delà. Je suis très sensible aux images, très exigent concernant les graphismes, il était donc naturel pour JLuc (ami et co-fondateur du label) et moi de proposer de beaux objets, en travaillant avec des artistes dont nous admirons le travail (notamment l’américain David Drake, qui réalise mes pochettes). En mettant un point d’honneur sur la qualité; la maison se consacre notamment aux pressages vinyles de ses artistes (que vous pouvez retrouver sur la boutique en ligne). Je souhaite ouvrir les portes de ma maison à d’autres artistes très prochainement.