En juin 2016, une certaine Skott dévoilait son titre « Porcelain » sur SoundCloud. Un véritable bijou pop inattendu et totalement addictif. C’est un morceau aux paroles puissantes et une voix envoûtante que l’on découvre. Lorde et Katy Perry ne tardent pas à tweeter leur admiration pour cette nouvelle chanteuse venue tout droit d’un petit village de Suède.

De single en single, Skott n’arrive pas à décevoir. « Wolf », « Amelia », « Lack of Emotion » et « Glitter & Gloss », autant de pépites à écouter sans modération. Un peu moins d’un an après la sortie de « Porcelain » , Skott a parcouru une partie du monde à la rencontre de son public. On la retrouve avant son show au Pop-Up du Label pour évoquer avec elle son enfance, sa passion pour les jeux vidéo et son processus créatif.

©Fanny Hubert

Depuis ton premier live à Paris pour le festival Pitchfork, tu as fait beaucoup de concerts, tu es programmée dans pas mal de festivals cet été. Comment est-ce que tu vis tout ce qui se passe ?

C’est incroyable parce que c’est beaucoup d’un coup. Je suis quelqu’un qui prend son temps, qui aime réfléchir aux choses avant de les faire. Maintenant je ne peux plus vraiment être comme ça. C’est un challenge mais c’est tellement cool d’être en tournée, de pouvoir jouer.

Tu as grandi dans un petit village suédois. Comment est née ta passion pour la musique ?

La musique est venue naturellement en fait. Dans mon village, on écoutait beaucoup de folk. Je jouais du violon avec mes sœurs. Quand j’ai grandi, mes amis m’ont fait découvrir les jeux vidéo et j’ai adoré la musique. J’ai commencé à m’imaginer en compositrice, peut-être composer pour des jeux vidéo. Ou en tout cas écrire. Mais c’est quand un voisin m’a donné un piano, quand j’avais à peu près 16 ans, que j’ai commencé à apprendre à en jouer et à expérimenter avec ma voix. Quand je composais plus ou moins de la musique pour des jeux, je ne chantais pas, c’était seulement instrumental. Avec le piano, je me suis mise à chanter et j’ai naturellement écrit des chansons. Ça correspond aussi au moment où j’ai commencé à écouter de la pop.

Tu écoutais quels artistes ?

Muse a été mon premier crush musical. Mais je suis plus une fan de chansons que d’artistes même s’il y en a beaucoup qui m’inspirent comme ABBA, Carole King… Il y en a tellement.

Tu te souviens du premier jeu vidéo auquel tu as joué ?

Au début, je me souviens avoir testé la Gameboy quelques fois. Mais le premier jeu auquel j’ai vraiment joué du début à la fin c’est Zelda : Ocarina of Time. Donc je n’ai pas commencé avec le pire (rires). C’est l’un de mes jeux préférés d’ailleurs. J’y ai rejoué il y a quelques mois et c’est toujours aussi bien.

Tu arrives à jouer pendant que tu es en tournée ?

On en parlé plusieurs fois avec le groupe, on s’est dit qu’il fallait qu’on ramène une console mais on n’a pas eu le temps de le faire encore. Je vais essayer de trouver des sponsors comme Playstation et Nintendo.

Tu as sorti récemment ton premier clip pour la chanson « Glitter & Gloss ». Comment as-tu imaginé l’histoire ?

Dès que la chanson a commencé à prendre forme, j’avais en tête des véhicules rapides, de la vitesse. J’ai imaginé que l’atmosphère était très froide, que ça allait avec la production de la chanson. Et j’ai vu des enfants dans un climat rude. J’ai perçu ça comme une lutte. L’idée pour le clip est venue très vite. Et je savais que ça allait être beaucoup de travail pour le mettre en images mais ça a été encore plus compliqué que ce que je pensais.

Où s’est déroulé le tournage ? 

En Ukraine. Les paysages étaient magnifiques.

Est-ce que tu peux m’en dire plus sur le symbole que tu as sur ta main ?

C’est un symbole qui appartient à la ferme où j’ai grandi et à ma famille depuis des centaines d’années puisqu’on vit sur ces terres depuis des générations. Ça signifie Skott, qui est notre nom de famille. Mais en suédois c’est Skött, j’ai enlevé le tréma sur le O. C’est un symbole qui était utilisé pour marquer ce qui appartenait à la ferme. Avec ma famille, on a essayé de savoir d’où venait exactement ce symbole. On n’a pas encore trouvé mais on sait que des vikings ont habité sur ces terres. Le symbole est peut-être lié à leur alphabet.

Chacun de tes titres est accompagné d’une superbe pochette. C’est important pour toi de travailler autant sur le visuel que sur le morceau en lui-même ?

Oui, je ne pourrais pas sortir un morceau sans lui donner un vrai « emballage ». Mon truc c’est d’abord la musique bien sûr, c’est là où je me sens à l’aise. Mais j’ai toujours aimé dessiner et c’est très fun d’inventer un monde autour de mes titres.

C’est toi qui as entièrement dessiné les pochettes ?

Je n’ai pas tout fait moi-même mais j’ai fait les premiers brouillons et deux amis m’ont aidé à les terminer.

Qu’est-ce qui t’inspires quand tu dessines ?

J’ai été inspirée par l’Art nouveau. J’ai toujours aimé les vitraux aussi et je voulais développer ça. En fait, ma principale source d’inspiration sont les choses qui m’intriguent. J’essaye toujours de ne pas me dire qu’une chose est cool ou pas. Si je suis fascinée par les dinosaures, ils ont leur place dans ce que je dessine. C’est un peu comme si l’enfant qu’il y a en moi avait fait ces pochettes parce qu’elles ont un côté épique et fantastique.

Est-ce qu’il y a des films ou des séries qui t’inspirent aussi ?

C’est une bonne question, j’y ai jamais vraiment réfléchi. J’ai commencé à regarder quelques épisodes de la série Marco Polo et j’ai vraiment aimé les couleurs. Sinon je dirai Le Seigneur des anneaux pour le côté épique et Le Voyage de Chihiro qui est un très beau film.

Tes paroles sont très fortes. Tu t’inspires de quoi quand tu écris ? 

J’aime prendre des notes quand quelque chose me traverse l’esprit, quand j’entends un poème ou des phrases qui ont une signification pour moi. Mais je ne vais presque jamais me servir de ce que j’écris et aller composer au piano pour trouver une mélodie qui va avec. C’est toujours l’inverse. Je commence à jouer du piano et si j’aime ce que je fais, j’essaye de déterminer ce que je ressens. Je laisse ce sentiment me guider et je me rends compte de quoi il est vraiment question. Je comprends ce que je suis en train d’aborder dans ma chanson parce que je sais que ce que je ressens est vrai, que mes émotions sont réelles.

Tu prévois de sortir un album ? 

Oui. J’espère pouvoir le sortir en début d’année prochaine. C’est mon objectif. Je travaille en ce moment dessus et il y a quelques titres qui sortiront avant l’album.


Pour en découvrir plus sur Skott, rendez-vous sur son site officiel, sa page SoundCloud et Facebook.