C’est au Lavoir, cette grande bâtisse qui renferme de nombreux artistes qu’on a croisé pour la première fois le collectif La Tendre Meute. Après une performance intitulée Amour (à la Kalachnikov)  mélangeant danse, cris sur l’amour, insultes et paroles douces, les artistes se sont retrouvés le dos nus, sur lesquels était marqué « Aimez vous bordel de merde ». Vous vous en doutez on n’a pas pu s’empêcher d’aller à la rencontre des deux comédiennes à l’origine du collectif, Coline et Maud, pour en savoir un peu plus sur leur projet artistique brut et délirant !

La Tendre Meute, qu’est-ce que c’est ? 

Maud : C’est un collectif artistique qui réalise des performances réunissant différentes disciplines comme le chant, la danse, le théâtre, la réalisation ou la photographie.

Coline : À chaque création de nouvelles personnes nous rejoignent, c’est assez mouvant comme collectif.

Maud: Nos performances en elles-mêmes changent tout le temps. En ce moment on joue Amour (à la Kalachnikov) … Mais elle n’a jamais le même format ! On a fait une représentation au Lavoir qui durait 15 minutes tandis qu’elle fera 40 minutes à notre prochain passage le 3 mars au Bus Paladium.

Coline: Nos textes sont très instinctifs, donc on les modifie au fil du changement de nos perceptions. Par exemple, ce qu’on pensait de l’amour il y a un an n’est plus du tout ce qu’on en pense aujourd’hui. Les performances sont toujours des choses éphèmerès et différentes. Elles évoluent dans le temps.

Maud: Il nous arrive même parfois de tout changer quelques jours avant la représentation. On aime être sur un fil et prendre des risques !

Les Petites Gouttes © Laurent Lukic

Comment tout a commencé ? 

Coline : On s’est rencontrés à l’école mais à l’époque on  n’était pas réellement amies. On préférait rester chacune dans notre coin. Et puis un jour Maud m’a contacté pour qu’on bosse ensemble … Et ça a été un véritable coup de coeur artistique ! On en parlait encore il y a quelques jours, ça a vraiment été magique !  Et surtout… J’ai enfin trouvé quelqu’un qui puisse me supporter (rires).

Vous jouez dans des cadres particuliers ? 

Maud:  Non, les performances peuvent avoir lieu n’importe où ! Après on aime bien l’idée d’être une sorte de « première partie » ou d' »interlude ». Par exemple on peut aussi bien jouer avant un concert de Cléa Vincent qu’entre deux séances de yoga à la Bellevilloise.

Coline: Chaque cadre est différent et c’est ce qu’on aime ! On a joué au café Les Petites Gouttes dans le 18ème arrondissement et les gens étaient en train de manger, de boire des bières tranquillement quand on a débarqué  avec notre folie ! C’était marrant.

Maud: Le passage au Nuba était spécial aussi ! Il y avait un monde fou et on jouait entre deux DJ Set. Donc ils ont coupé la musique d’un seul coup à 22h30 ce qui a eu pour effet de nous faire arriver sur scène… hué par le public qui ne comprenait pas ce qu’il se passait. (rires) Mais quand ils ont capté que c’était une performance, ça a eu encore plus d’effet !

Nüba © Laurent Lukic

Pour ceux qui ne vous ont jamais vu, comment est-ce que vous décririez  ces performances ? 

Maud: Amour (à la Kalachnikov) parle d’amour par la danse, les textes, les gestes, la musique. C’est ce qu’on te disait juste avant, tout est très brut ! Nos performances sont plus dans  l’émotion que la technique. N’importe qui peut danser même s’il n’est pas danseur de formation tant qu’il raconte ce qu’il souhaite par ses mouvements. Donc je décrirais ça comme une grosse explosion sur un « thème » qui nous importe !

Comment est-ce que vous les inventez/construisez ?

Maud: On va toujours partir d’un sujet dont on a envie de parler pour le travailler et l’approfondir.  Par exemple notre prochaine performance sera sur la liberté ! Donc on échange dessus avec Coline pour faire ressortir les points qui nous intéressent sur le sujet ! On écrit la première version d’un texte, puis encore de très nombreuses autres puis on va rythmer le tout avec d’autres arts qui s’ajouteront et apporteront de nouveaux niveaux de lecture.

Coline: On les construit de manière très intuitive. Et puis on demande aussi aux autres artistes du collectif de proposer de nouvelles idées et de venir ajouter du contenu !

Le Lavoir © Laurent Lukic

Vous êtes toutes les deux comédiennes à la base. La Tendre Meute est  un moyen de pouvoir vous exprimer à votre manière ?  

Maud: Carrément ! C’est un véritable outil d’expression ! On ne joue pas des personnages avec La Tendre Meute. Ce que tu vois lorsqu’on joue c’est véritablement qui nous sommes !

Coline: En tant que comédienne tu te dois d’incarner des rôles qui répondent à la vision d’un réalisateur, tu es au service d’un message qui n’est pas nécessairement le tien. C’est super mais c’est encore plus fou d’avoir une liberté totale comme celle de La Tendre Meute.

Maud:  Être libre artistiquement, c’est juste incroyable ! On lutte vraiment pour ça, même avec les lieux dans lesquels on fait des représentations!

C’est à dire ? 

Maud: Disons que lorsqu’on nous propose de venir jouer dans un lieu…  On leur fait comprendre que c’est avec notre propre univers qu’on va débarquer. Qu’on soit dans  une soirée chic ou un club du troisième âge, on gardera l’essence même de La Tendre Meute : la liberté de création et d’expression !

Coline: Les gens ont parfois peur avant qu’on joue (rires). C’est très brutal, un peu fou, donc les gens s’inquiètent toujours mais à la fin, tout le monde est content ! Ce qui compte avant tout c’est qu’on arrive à faire de l’effet au public !

On n’est plus du tout en janvier, mais que peut-on vous souhaiter pour l’année 2017 ? 

Coline: Faire des premières parties de grands concerts !

Maud: Pouvoir faire des performances dans de nombreux festivals !

© Laurent Lukic


Retrouvez le collectif La Tendre Meute le 3 mars prochain au Bus Palladium

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