Il a couru le monde avec Tame Impala. Aujourd’hui il court la France pour promouvoir son nouvel album solo « Grand Chien« , un plaisir auditif qu’on vous conseille vivement d’écouter.  L’occasion pour nous de poser quelques questions à Barbagallo (Julien de son prénom) et d’en apprendre un peu plus sur le personnage.

L’album est sorti fin octobre de l’année dernière. Comment se sont passés ces trois mois depuis ? 

Super bien, il y a eu beaucoup de bons retours de la presse et du web, c’est vraiment encourageant. Et surtout il y a eu les premiers concerts en groupe, une nouvelle vie pour les morceaux de l’album. C’est le second souffle en quelques sorte, je redécouvre les chansons, j’apprends à les partager. Je suis avec trois autres musiciens sur scène, Théodora de Lilez, François Remigi et Thomas Pradier, on se marre beaucoup, c’est frais. Il y a eu des concerts en France, en Belgique, en Suisse et même aux Pays-Bas pour le festival Eurosonic. Et ça continue, on part dimanche aux Chantiers des Francofolies puis partout en France, au Canada aussi.

Et j’ai commencé aussi à composer le successeur de « Grand Chien », tranquille.

Je t’ai vu la première fois sur scène dans cette église aux Rencontres Transmusicales, quel souvenir gardes tu de ton passage là-bas et de cette session dans un cadre comme celui-ci ? 

C’était vraiment magique. Tout était réuni pour passer un de ces moments particuliers qui marquent. Le lieu chargé d’histoire, le public vraiment attentif et curieux, ce froid de fou qui faisait et qui créait une espèce de connivence et puis l’aura de ce festival qui a quand même une place à part dans le paysage musical français. On était un peu hors du temps.

Un morceau m’a particulièrement touché en live ainsi que sur l’album : « La Vérité ».  Qu’est ce qu’il évoque pour toi ? Dans quel contexte l’as tu écrit? 

Ce morceau a une histoire un peu particulière. J’ai utilisé la technique du « cut-up » pour écrire le texte. J’ai vraiment laissé mon inconscient faire le travail en quelque sorte, sans idée a priori du sujet que j’allais traiter. Le texte est né sous mes yeux, malgré moi. Au final, c’est un de mes textes préférés. C’est étrange, non? Pour l’anecdote, j’ai utilisé comme matière première des résumés de matchs du Toulouse Football Club, que je supporte avec ferveur, tout au long de la saison 2012/2013. J’ai donc écrit 38 textes, un par match, tous très différents, avec cette même méthode.

Tu as fait de très grosses tournées avec Tame Impala et tu reviens à quelque chose de plus intime et de moins gigantesque avec ton projet personnel. Qu’est ce que tu apprécies le plus dans chacun de ces deux projets ? 

Tame Impala, c’est un peu le rêve de gosse qui devient réalité. Celui que je faisais quand j’étais ado et fan d’Oasis. Je faisais vraiment ce rêve où le batteur du groupe se fait mal au poignet et les Gallagher demandent à la foule: « quelqu’un sait jouer de la batterie? » et hop je monte sur scène. J’y ai pensé en rigolant l’an dernier à Glastonbury pendant qu’on jouait devant cette foule immense. C’était fou comme moment. Les conditions dans lesquelles tu travailles, les lieux dans lesquels tu joues, les gens que tu rencontres. J’ai une chance folle. Mais pour moi c’est tout aussi génial de partir jouer en Sprinter 9 places, manger des sandwichs triangle sur l’autoroute, charger, décharger, parce que c’est ce que connais le mieux, c’est ce que j’ai fait le plus souvent dans ma vie avec mes groupes précédents.

©Eytan Jan

Tu as vécu pas mal en Australie et aujourd’hui tu es de retour en France ? Quels sont les aspects que tu apprécies le plus chez ces deux pays ? 

Au risque de me faire lyncher, j’adore la bouffe en Australie, j’en suis fou. La culture culinaire là-bas est en plein boom, de très bon niveau et très variée. Une bonne cuisine, quelle quelle soit, avec de bons ingrédients, une belle présentation, c’est la norme là-bas, même dans le petit « café » du coin.

En revanche, ce qui me manque le plus en Australie, ce sont les vieilles pierres, les immeubles anciens, les monuments, vivre dans l’Histoire quoi, comme on le fait en France. Là-bas la culture la plus ancienne n’a laissé quasiment aucune trace. C’est plus difficile de la sentir autour de soi. Il faudrait y construire un château fort, comme à Guédelon. J’y aurais une chambre, pépère, ce serait génial!

Tu as sorti il y a peu un remix du titre « Longue la nuit » par Kevin Parker, quelles ont été tes premières impressions lorsque tu as écouté ce qu’il en avait fait ? 

J’étais très enthousiaste, j’avais vraiment envie qu’il emmène le morceau sur des terres plus « club » et c’est ce qu’il a fait. Je ne voulais pas qu’il fasse du Tame Impala et puis de toute façon, Kevin adore saisir chaque opportunité de ne pas faire du Tame Impala, ça le fait marrer.

Quelle est la question qu’on ne t’a jamais posé en interview et que tu te poserais à toi-même si tu étais à ma place ? 

Celle que tu viens de me poser.

 Quelle est la réponse à cette question du coup ? 

« Celle que tu viens de me poser »  Est-ce que ton cerveau vient de faire BOOM ? (rires)

Il est un peu tard pour les voeux, mais tant pis. Que peux-t-on te souhaiter pour cette année 2017 ? 

La réalisation, enfin, de la téléportation.


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