Gandi Lake est avant tout une histoire de potes. Car tout a commencé autour d’une bonne bière, élément par ailleurs essentiel  aux belles histoires qui perdurent dans le temps.  Après un premier EP éponyme et un passage aux Transmusicales de Rennes en 2014, les cinq copains reviennent avec un deuxième EP intitulé Them. Dont la version vinyle est sortie il y a peu. Rencontre avec deux membres du groupe, Alex et Arthur.

Parlez moi un peu de la genèse du groupe. 

Alex: Au départ, j’étais tout seul. Je faisais mes compos dans ma chambre, isolé de tout. Je jouais un peu de jazz et de classique à cette période et un jour je me suis dit qu’il était temps que je partage ça avec quelqu’un. Donc on était tout un groupe de potes sur Caen et un soir on s’est vus avec Arthur et Fredo (Frederic)  pour boire des bières et je leur ai fait écouter mes magnifiques premiers essais (rires). Et mine de rien, ça a fonctionné directement, il y a eu un véritable tantrisme musical entre nous !  (rires). Donc on a commencé à composer tous les trois en enregistrant dans la chambre d’Arthur avec des bases de mélodies yaourt… Et finalement ça a donné Weather Vanes.

Vous continuez la méthode «  mélodie + yaourt » depuis ? 

Alex: Oui ! Je trouve ça plus pratique que de commencer par écrire le texte puis fabriquer la musique par dessus. Toutes nos compositions commencent toujours par des mélodie-voix… Et seulement après ça on écrit de vrais textes. Enfin, Fredo le fait. C’est le poète du groupe !

Arthur: Il a de la ressource pour écrire. On ne sait pas s’il a véritablement du talent mais nous on trouve que oui ! (rires) Et puis on n’est pas là pour révolutionner le monde de la musique. On la créait mais on ne prône pas son exception. Gandi Lake c’est avant tout une histoire de pote !  Il y a une mécanique autour du groupe. On est cinq sur scène mais on est au moins dix sur le projet, ce sont tous des gens qui étaient ou sont devenus des potes !

L’EP est sorti en novembre dernier, et il sort tout juste en vinyle. Pourquoi l’envie de ce format ? 

Alex: L’EP du mois de novembre a marqué une étape. Il est l’image de nos dernières évolutions au niveau du son, de la composition et du groupe. C’est l’étendard de ce qu’on fait maintenant ! Donc ça nous paraissait super cool de le sortir en vinyle. Même si tu ne l’écoutes pas toujours, le format reste moins froid que le digital.

Arthur: Ça marque la continuité du projet artistique. Avec le vinyle on a un véritable objet ! Il est d’ailleurs super bien accueilli. On est vraiment fiers de cet EP, on a l’impression qu’il nous ressemble plus que ce qu’on a fait avant. Et puis, le visuel marche dix fois plus sur vinyle qu’en digital.

Oui, l’artwork prend toute sa dimension sur grand format ! 

Alex: Il a été réalisé par Anaïs Blanc-Gonnet, une amie graphiste. Ça n’est vraiment pas un exercice facile de mettre une image sur du son. Enfin, ça l’était pour elle, mais pas pour nous.  On a énormément échangé tous les cinq, chacun avait un avis différent, donc le processus a été particulièrement long.

Vous avez aussi des visions différentes sur vos propres chansons ou elles évoquent la même chose  pour vous tous? 

Alex: Elles évoquent la même chose. L’EP s’appelle Them, car chaque chanson a été composé en pensant à l’une de nos connaissances. Ça n’est pas un EP concept, juste on raconte beaucoup d’histoires sur les gens qui nous entourent. Sans pour autant être trop dans la précision en ce qui concerne les paroles pour que tout le monde puisse se les approprier. Mais il y a quatre chansons, donc quatre personnages.

Vous avez un petit rituel avant de monter sur scène ? 

Arthur: Oui ! Et c’est très intelligent … on crie : O-LI-VIER ! Trois syllabes c’est important. (rires)

Il me faut l’explication.

Alex: C’est pour les puristes. C’est issu d’un reportage de STRIP TEASE sur Christophe qui fait du tuning. Et au début du reportage, son petit frère écoute la musique à fond dans la bagnole et il n’arrête pas de l’appeler par la fenêtre. Ça nous a fait marrer alors on s’est dit que ça deviendrait notre cri de guerre pour nous donner du courage !

Arthur: C’est notre top départ !

Si vous étiez à ma place quelle question vous poseriez-vous ? 

Arthur : « Qu’est ce que tu as mangé ce midi ? » Et là, la réponse serait intéressante car JUSTEMENT je n’ai pas mangé ! (rires)

Alex: Ou une question classique. Pourquoi ne chanteriez vous pas en français un jour ?

Et la réponse…

Alex: Les premiers morceaux qui m’ont donné envie de faire de la musique étaient anglais. La pop anglaise, c’est ce que je chante sous ma douche, donc ça m’est venu naturellement. Mais on ne s’interdit rien et on est en train de travailler sur quelque chose.