Quelques mois après la sortie de son premier single « Gamin », Louka chante en première partie de Maitre Gims à l’AccorHotels Arena. Une chance ou une motivation sans limites ?

Luca Bennici, ou « Louka », vient de loin. Plus précisément originaire de Menton, il a quitté sa famille pour vivre sa passion. À Paris depuis un an maintenant, « tout s’est très vite enchainé » : signature d’un contrat avec un label Universal, sortie de son premier single, première partie à l’AccorHotels Arena (anciennement Bercy), et un album en préparation… presque du jour au lendemain, il a complètement changé de style de vie et s’en félicite: il est fier du chemin qu’il a fait jusque-là mais ne compte pas s’arrêter pour autant. « Je sais de quoi je suis capable et je pense n’être qu’à 20% de ce que je dois montrer. »

Un Mentonnais sur les devants de la scène

Ancien joueur du Rapid de Menton et éducateur au centre de formation de l’AS Monaco, rien ne laissait penser qu’un jour, Louka laisserait tout derrière lui pour se lancer dans la musique. Sportif dans l’âme, il joue du foot depuis tout petit et sa voie était toute tracée. Pourtant, il y a seulement deux ans, il commençait à apprendre à jouer de la guitare en autodidacte. « J’ai toujours aimé chanter mais dans ma chambre, pour déconner. (…) Je ne connaissais pas mes compétences car je faisais ça pour le délire. » Seuls ses parents et quelques amis savaient qu’il jouait sur son temps libre.

C’est lors d’un repas de famille où était présent son oncle et maintenant producteur Frank Rougier, qu’il y a prise de conscience de son talent. Accompagné d’une guitare, Louka chante quelques chansons en yaourt et ses proches sont époustouflés. C’est suite à cet événement qu’il commence à se rendre au studio de son oncle pour y jouer de temps en temps. Très rapidement, il souhaite composer ses propres chansons. Après avoir écrit et enregistré quelques morceaux en l’espace d’un an, Louka se remet en question: « est-ce que j’essaie de m’y mettre à fond ? »

Puis arrive l’élément déclencheur : une rupture amoureuse. Inspiré, il se dit qu’il doit prouver quelque chose, « même si au fond je n’avais rien à prouver ». Il s’implique encore plus dans ce qu’il a commencé et lorsqu’arrive  le moment de faire un choix, c’est tout décidé : la musique. Bien entouré, il s’installe près de Paris, choix stratégique pour intégrer le milieu artistique. Louka avait conscience de la difficulté de faire partie du monde de la musique. « C’était une prise de risque mais j’avais envie, j’avais le mental. » Pour lui, c’était le moment ou jamais. Puis, peu de temps après, une opportunité lui est présentée : Maitre Gims tombe sous le charme de ses chansons et décide de lui faire signer un contrat sous le label MMC, rattaché à Universal Music. Être populaire, faire des interviews, des plateaux radio… Le jeune chanteur s’adapte encore mais il a une motivation certaine qui se ressent fortement.

Puis on parle de composition, d’inspiration, de création. Quand Louka a commencé à chanter, il voulait essayer un peu de tout. On lui a souvent dit que son timbre de voix se rapprochait de celui de Christophe Maé, qui est devenu une de ses références. Ce qui lui plait, ce sont les chansons à texte, comme Cabrel, Goldman ou encore De Palmas.

Un autre artiste qui l’a profondément inspiré est Ed Sheeran: de la pop-folk, des balades ou des sons hyper rythmés sur de la guitare, c’est ce que Louka aimerait faire. Mais avant tout, il veut se forger sa propre identité. « J’aime mettre du débit dans mes chansons, avec un refrain que tout le monde peut chanter. » Ses compositions ne sont pas forcément très littéraires mais elles racontent une histoire. Son souhait, c’est que les personnes qui les écoutent puissent se les approprier.

En plus de sa relation sentimentale, Louka a beaucoup été inspiré par son départ du sud. Latino dans son coeur et fortement attaché à sa famille, les quitter a été dur : « J’ai cette chanson « Je Trace » où j’explique que je me barre de chez moi, je laisse mes parents et je trace ma destination pour réussir ce que j’ai envie de faire. »

Un single, Bercy et des étoiles plein les yeux

Le clip de son premier single « Gamin » est sorti fin octobre. Après s’être pris la tête avec un jeune au centre de formation de l’AS Monaco, Louka compose cette chanson. Il a toujours eu un esprit « grand frère » mais ne veut pas être moralisateur, ni péjoratif. « Je pense que beaucoup de gens peuvent s’identifier à cette chanson, même les parents des enfants. On a tous été enfant un jour dans notre vie, on a tous été « des petits cons » (…) on n’en fait qu’à sa tête et on a toujours des gens autour de nous qui essayent de nous raisonner, de nous mettre sur le droit chemin. »

Parce qu’il faut bien commencer quelque part, ses premiers concerts ont été des live dans des restaurants dans le sud. Puis déjà à l’époque, il interprétait « Gamin » devant 600 personnes au Palais de l’Europe à Menton. Et plus récemment, Bercy renommé l’AccorHotels Arena. En première partie de Maitre Gims, Louka joue devant 15 000 personnes pendant une trentaine de minutes. Mais il n’est pas nerveux pour autant. Sa famille et ses amis présents dans la salle, le Mentonnais se sent en confiance. « Je me suis dit… « Bon lance toi, de toute façon quoiqu’il arrive t’as rien à perdre ». T’as une pression énorme mais au final, c’est une sensation énorme et je pense qu’il y a beaucoup de gens qui auraient aimé être à ma place. » Le concert passe vite, trop vite selon lui, mais il donne tout ce qu’il a. Après cette première performance dans une salle emblématique de Paris, il n’a plus qu’une envie: y retourner, seul si possible. « Que ce soit Bercy ou ailleurs. » En ressentant cette atmosphère, cette osmose autour de lui, il a compris que c’était exactement ce qu’il avait envie de faire.

Aujourd’hui, l’album est presque terminé. L’équipe des ingénieurs son et des producteurs travaillent d’arrache-pied pour que ses chansons sonnent le mieux possible. La sortie est prévue pour cette année, sans date précise pour le moment.

« J’ai hâte que les gens entendent mon album. Il est vachement varié et je pense que plein de gens peuvent se retrouver dans les chansons que j’ai écrit. Ça m’a plu de composer l’album et surtout de travailler avec des gens qui gèrent dans le milieu. »

Louka se consacre à 100% sur son album et est impatient de voir où ça le mènera. Il ne prend pas la grosse tête et garde les pieds sur Terre. Sa motivation, son mental l’ont déjà amené jusqu’ici, mais l’interprète de « Gamin » n’est pas prêt de s’arrêter.

« Si quelqu’un a envie de faire un truc qui lui plait, qu’il ne se décourage pas, qu’il s’y mette à fond et un jour ou l’autre ça finira par payer. Rester le plus simple possible… avoir envie, et montrer aux gens qu’il a envie. »

Contributrice : Léna Conan