Après leur performance au festival Les Aventuriers dans la banlieue parisienne, nous avons voulu en savoir plus sur The KVB. Le power-duo anglais, actuellement basé à Berlin, reviendra comme l’une des têtes d’affiche du Paris Psych Fest 2017. Entrez dans le monde du KVB et perdez-vous dans une vague sombre, noyée de réverb.

Vous avez joué plusieurs fois à Paris au cours de l’année, dont une fois au Festival Les Aventuriers, c’était comment ?

Kat : C’est vraiment un super festival et la salle était très agréable aussi – c’est génial que le gouvernement français reconnaisse l’importance d’encourager les centres culturels et artistiques. On n’était jamais allés en banlieue parisienne, mais nous étions vraiment heureux de voir des gens d’un peu partout venus spécialement pour nous. On sera de retour à Paris début mars pour le Paris Psych Fest !

Dites-en nous plus sur The KVB, pour ceux qui ne vous connaissent pas ou qui ne vous ont jamais vu en concert : comment le groupe s’est formé ?

Nick : The KVB a commencé autour de 2010 en tant que projet solo enregistré dans ma chambre, à ce moment je vivais à Southampton et je jouais dans différents groupes. J’ai rencontré Kat plus tard cette année-là et peu de temps après on s’est mis en couple. En 2011 je suis entré en contact avec le label Downwards Records qui a sorti notre premier EP Into The Night et après on a collaboré ensemble sur quelques projets musicaux et vidéos, j’ai convaincu Kat de me rejoindre en tant que membre du groupe et de faire les tournées avec moi ! Depuis on a sorti 5 albums et tourné un peu partout dans le monde.

Les gens disent qu’ils entendent Ian Curtis et Spacemen 3 dans votre musique. Quelles sont vos principales influences ?

Nick: Nos goûts musicaux sont très larges et cela se reflète dans nos influences. Quelques exemples de nos influences musicales passées seraient : Love, Cluster, Suicide, Echo & The Bunnymen, Fad Gadget, Scott Walker, Cabaret Voltaire, mais évidemment il y en a encore beaucoup d’autres !

Le dernier album Of Desire est sorti en mai 2016. Comment cet album a évolué par rapport aux précédents ? Pourquoi avez-vous choisi ce titre ? Souhaitiez-vous un thème récurrent ?

Nick: La principale évolution a été la manière de le faire : sur les premiers albums tout était enregistré avec un magnéto 8 pistes qui était parfait pour créer une atmosphère lo-fi unique dans nos morceaux. Mais comme cette fois nous avons eu l’opportunité d’enregistrer au studio Geoff Barrow nous voulions que l’enregistrement soit plus soigné, tout en gardant cet esprit lo-fi.

Ce titre est venu après la dernière session d’enregistrement et une fois que nous avons eu le temps de digérer tout ce travail. Les mots Of Desire nous sont venus assez rapidement. Ils reflétaient les thèmes de l’amour sous diverses formes et s’associaient bien avec l’idée que nous avions eu pour la pochette de l’album.

Que se passe-t-il dans cette pochette d’album (Of Desire)?

Kat: Je voulais que l’édition vinyle de l’album soit ce bel objet, tactile et séduisant. Ça vient d’un travail que j’ai fait pendant que j’étudiais l’Art à Goldsmiths University à Londres, que j’ai re-photographié et ainsi rendu nouveau. J’étais captivée par les sensations que créaient les textures digitales sur notre corps et comment le cerveau les interprétait  dans les jeux-vidéo, donc j’ai voulu apporter  ces textures dans le monde physique grâce à la soie. Ces intérêts pour le toucher et les phénomènes digitaux/physiques impactent toujours mes travaux visuels aujourd’hui.

Qu’avez-vous fait depuis cet album ? Nous avons récemment interviewé Froth qui ont d’ailleurs mentionné le fait qu’ils avaient joué avec vous.

Kat : On était presque tout le temps en tournée depuis la sortie de l’album et nous avons eu l’opportunité d’aller dans des endroits nouveaux, comme l’Asie et l’Afrique du Sud, où l’on a joué dans un festival sur la plage avec Froth, dont le récent single ‘Contact’ est vraiment cool au passage.

Ces derniers temps, on a eu la chance de se reposer un peu et de commencer à travailler sur de nouveaux morceaux, pour lesquels on est très excités. On s’envole ensuite pour l’Amérique Latine pour nos tout premiers concerts  le mois prochain !

Venant de Grande Bretagne et vivant actuellement à Berlin… Comment trouvez-vous la scène artistique à Berlin ? Comment décririez-vous la ville en général ? 

Kat : La scène électro, expérimentale, techno est très proéminente à Berlin, ce qui est intéressant et a évidemment eu un peu d’influence dans nos travaux récents.

La chose la moins sympa c’est l’Hiver, la grisaille et le froid nous pousse à hiberner, mais ça peut être bien pour créer de la musique. On sera de retour en Angleterre à un moment, même si nous n’avons pas encore décidé où… mais certainement pas à Londres et de préférence près de la mer.

Qui sont vos artistes favoris en ce moment, musique ou autre ?

Nick : Les artistes actuels qui nous inspirent sont entre autres SUUNS, Death In Vegas, Fat White Family, Belong & Mica Levi. Aussi les réalisateurs anglais contemporains comme Ben Wheatley et Peter Strickland qui ont réalisé notre clip pour ‘Never Enough’.

Votre collaboration rêvée ?

Kat: Tony Visconti, Richard H Kirk et Ed Atkins.

Des projets pour l’avenir ? Une bande originale de film ?

Nick: On prévoit de travailler sur de la nouvelle musique au cours de la première moitié de 2017 quand on ne sera plus en tournée, et la suite dépendra de cela. Il peut y avoir quelques surprises à venir ensuite, incluant possiblement une bande originale de film.

Traduit de l’anglais par Théophil Hurben.

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