Nous vous l’annonçons officiellement : le feel-good movie de Noël est sorti ! C’est Cigarettes et Chocolat Chaud, le premier long-métrage de Sophie Reine. Avec Gustave Kervern, Camille Cottin, Fanie Zanini, Héloïse Dugas en acteurs principaux, la réalisatrice nous embarque dans une poésie merveilleuse.

Denis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janis 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…  (source)

©Madarin Films / Alexis Cottin

©Diaphana Distribution

Chez les Patar, « on fait tout à l’envers » d’après l’assistante sociale. On ne range pas l’appartement. On mange des chips au petit-déjeuner. On mange des pâtes en forme de pénis. Plus on est habillé de couleurs pop et pétantes, mieux c’est. On fait des teintures à un cochon-d’Inde. On fait du catch à 9 ans, etc… Et pour couronner le tout, on croit encore aux lucioles et à la poésie !

Inspirée de faits réels, Sophie Reine filme cette famille avec délicatesse. Tout au long du film, nous tenant en équilibre, tels des funambules, sur le fil d’une émotion brute et intense. On pleure timidement puis à chaudes larmes. Mais on sourit également et on termine par glousser avant d’exploser de rire. Car l’histoire, les personnages, la façon de filmer, tout, vraiment tout est juste. La sincérité crie derrière chaque image.

L’ensemble est d’une originalité et d’une créativité ciblée mais sans limites. Tout est pensé, dans les moindres détails. Les décors sont aussi colorés et farfelus que cette famille. La lumière réchauffe les coeurs tristes des personnages autant qu’elle nous transmet l’amour qui circule au sein de cette famille délirante. Le montage et la narration mélangent des techniques diverses, et ça marche ! Les personnages sont attachants et leur jeu semble  « juste ce qu’il faut ».

©Madarin Films / Alexis Cottin

©Mandarin Cinéma / Alexis Cottin

Il y a un petit air de Gondry quant à l’aspect bricolage du film. On ne ressort pas indemne de Cigarettes et Chocolat Chaud, car on devient plus fort, plus souriant. On emporte un peu de « Patar » avec nous. Comme si les petites lucioles du film avaient établi domicile dans nos coeurs.

Mise à part tous ces aspects esthétiques, la réalisatrice interroge également la notion de la famille et de la différence. Denis (le père), oublie ses enfants à l’école. Il ne fait rien comme « il faut ». Mais ses filles (Janine et Mercredi), ont l’air merveilleusement heureuses. Alors le bonheur se trouve-t-il dans la norme ? Ou bien dans notre originalité, notre sensibilité et notre personnalité ? Et finalement Janine, atteinte du syndrome de la Tourette, transforme son handicape en une force puissante et unificatrice. Alors la différence est-elle à ce point-là négative ? Comment se construire sur nos failles ?

Enfin, le contraste entre le côté joyeux, frais de ce film fait de bric et de broc, et la tragédie que traverse cette famille ainsi que les questions  soulevées, permet à la poésie de circuler avec une efficacité déconcertante de l’écran au coeur du spectateur.

Trêves de commentaires. Cigarettes et Chocolat Chaud est un film à voir, admirer et ressentir.

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