Les trois sorcières de Salem et les trois alchimistes de Howlin Banana Records invoquent l’esprit des sixties en dix potions pop et psychédéliques avec In Excelsis Stereo : une réminiscence mystique de Woodstock pleine de grâce.

Ce n’est pas un mystère si l’album sorti le 18 novembre s’achève sur un « Requiem for a Witch », plus folk et choral que le rock et la pop luxuriante de cette belle montée, la magie de la période New Age trouve sa source au-delà des légendes des années 60, presque dans un chamanisme mystique qui flotte dans l’inconscient collectif comme un balai dans les nuages.

Si dans ce voyage psychédélique on pourrait voir se dessiner les fantômes d’Hendrix, Janis Joplin, Jefferson Airplane ou même un point de rencontre capillotracté entre les plus actuelles Warpaint et les Puppini Sisters, c’est non sans filer la métaphore et avec une âme d’enfant que l’on a pensé aux Bizarr’ Sisters, le groupe pop-rock imaginaire décrit dans l’un des livres de JK Rollings : des ondes magiques et positives.

Le mystère (car il y en a bel et bien un), c’est celui de la stratégie de communication de ces ami(e)s probablement rencontrés à Lyon dans le tourbillon de différents groupes dans lesquels ils officiaient : pas de photos des six enchanteurs et enchanteresses, et peu, voire pas d’infos sur les musiciens. Juste leurs sortilèges. On suppose pourtant une photogénie évidente, au regard de la symétrie mystique du nombre : trois garçons et trois filles.

Seule invocation graphique de Gloria, la pochette de In Excelsis Stereo qui rappelle autant le psychédélisme hippie que les affiches publicitaires d’absinthe Art Déco des années 20, promesse d’élixir aux échos majestueux.

absinthe

Et si la puissance d’évocation est intense, scintillante, c’est un reveal réussi et jouissif des années 60, période incontournable pour tout mélomane tombé inéluctablement dans les tubes des Beatles, des Stooges, de The Doors ou sur d’autres pierres angulaires de ce Stonehenge musical que nous livre le groupe. Même si la période et les genres ont été souvent imités et écorchés ( rappelez-vous vos premières fêtes de la musique ami(e)s musicien(ne)s ) et que l’éloge  visé ratait régulièrement sa cible, Gloria s’en sort quant à lui haut la main.

Gloria ne s’en tire pas bien, Gloria réussit au-delà de tout espoir auditif avec des compositions de chansons aux structures inventives, du caractère et une production qui libère un scintillement musical et des mélodies pleines d’allégresse, le tout malgré une tentation lo-fi  palpable et qui aurait pu être franchie, tentation qui aurait alors rompu le sort.

Un sort de Van Morrison en six lettres épelés comme Patti Smith : G.L.O.R.I.A

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Gloria sera en concert le vendredi 9 décembre à La Mécanique Ondulatoire :

https://www.facebook.com/events/595073907284349/

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