20h10. Le public commence à se presser à l’intérieur du Café de la Danse, afin d’assister au concert de Guillaume Perret, ce jeune saxophoniste, dont le premier album solo Free est sorti en septembre dernier. Hybride et riche, ce onze titres avait fait naître en nous une folle envie  de découvrir la version live.

Guillaume PERRET - Jazz sous les Pommiers - Coutances - 14/05/20

Mais il faudra attendre encore quelques minutes avant de voir le musicien à l’oeuvre car c’est une autre artiste qui se présente sur la scène. Tenue, accessoires, il y a comme un air de 3somesisters chez cette jeune femme qui vient de s’assoir derrière son piano et c’est bien normal, puisque La Chica est le projet personnel de Sophie, membre du quatuor extravagant qu’on aime tant. Dès les premières notes, les premières paroles, on saisit une puissance et une profondeur musicale qui nous font magnifiquement succomber aux charmes de cette artiste. Franco-Vénézuéllienne, La Chica a su mélanger les accords et sonorités des deux pays, pour livrer un set d’une incroyable beauté ! Et lorsque cette dernière quitte la scène, force est de constater que seuls ou tous ensemble, les 3somesisters ne cesseront donc jamais de nous surprendre.

C’est donc baigné dans une bonne énergie que le public accueille Guillaume Perret, saxophone à la main comme en bouche, entouré d’un décor fait de cuivres, sur lesquels se reflètent les projecteurs, créant une atmosphère entre ombres et lumières. Immédiatement on repère le fonctionnement de l’artiste. Saxophone, platines, pédales, il enregistre directement les différents sons produits et recréer en live ses chansons.

Car comme il le dit lui-même avec humour « J’essaye d’aller toujours plus loin à chaque concert, donc attendez vous à ce que ça soit toujours à la limite du casse-gueule !». Et rien n’est au final plus vrai. A chaque titre, Guillaume Perret expérimente, ajoute, se challenge, trébuche parfois, mais créer un show tout simplement hypnotique et viscéral. On assiste à une véritable re-création des morceaux de l’album, à du live dans ce qu’il a de plus pur à savoir la composition même du titre devant le public.

Tout y est plus accentué, plus réel, plus puissant. Le jeune homme fait vombrir le saxophone, le transformant comme il le désire et offrant une électro-jazz absolument folle, se transformant au fur et à mesure des titres et dessinant sans cesse une nouvelle ambiance.  Pourtant seul en scène la plupart du temps (rejoint pour une chanson par La Chica), on a parfois l’impression d’être face à un orchestre tant les sonorités sont plurielles et l’hybridité qu’on avait apprécié sur l’album s’en retrouve sublimée.

Sans jamais de longueur, Guillaume Perret a tout simplement conquis le public entier au Café de la Danse, à tel point que celui-ci, sous les applaudissements, s’est offert deux rappels. Là encore, l’artiste surprend ! En invitant l’un de ses amis colombiens, ainsi que d’autres musiciens sur scène,  c’est une jam enflammée à laquelle ils se livrent pendant plus de quinze minutes faisant exploser le thermostat de la salle, nous laissant moite mais heureux d’avoir pu assister à un concert qui nous a tout bonnement fait du bien, nous faisant aussi bien danser que nous émouvoir.

On ne saurait que vous conseiller de guetter son passage dans les salles près de chez vous !