Parce qu’il y a de ces instants qui font du bien, qui poussent à voir le monde sous un nouvel angle. Porté par l’optimisme, la fraicheur et l’espoir, le documentaire « A voix haute » réalisé par Stéphane de Freitas pour France 2 est empreint d’humanité et de vérité, s’imposant à nous comme un véritable cris du coeur. On écoute et on regarde avec des oreilles et des yeux d’enfants, transporté par une plaidoirie vibrante empreinte de détermination. La détermination de la jeunesse des banlieues qui n’en a pas fini avec l’envie de prouver ses capacités et sa volonté d’exister telle qu’elle est vraiment : pleine de vie et d’espoir.

A voix haute 2

Plongé au coeur du 93 en pleine banlieue parisienne, vous découvrez le parcours d’Eddy, Leïla, Franck et Elhadj, étudiants de l’Université de Saint Denis qui ont choisi de s’exprimer, de s’élever et de prouver que la parole et les mots sont une arme. Une arme qui touche, qui émeut et qui convainc. Car le bien parler est aujourd’hui la clé de l’ascension sociale, cet art millénaire porte un nom, celui de l’éloquence. Dans le cadre du concours Eloquentia qui a pour but d’élire « le meilleur orateur du 93 », c’est la jeunesse qui s’exprime, celle qui fait battre le coeur de la banlieue, celle pour qui les mots ne demandent qu’à sortir. Et on le sait bien, parler est plus difficile qu’écrire, car ce qui est dit est dit et plus rien ne peut être effacé. C’est un concentré d’enthousiasme capturé en image. Happé par la voix, le verbe se délie mettant à nu des maladresses touchantes qui tantôt nous émeuvent mais qui souvent nous impressionnent.

Car pousser par l’espoir de briser les barrières sociales avec force et courage, c’est au fond d’eux-mêmes qu’ils puisent la matière pour se tenir fiers et forts face à la société qui trop souvent les accablent. « A voix haute » retrace l’expérience de ces étudiants amoureux de la réthorique qui se battent contre les préjugés et la fatalité des discriminations, pour se préparer au monde et s’armer de la plus belle arme qu’il soit, celle des mots. Tous singuliers, nos histoires façonnent et transforment les êtres que nous sommes. Nos yeux s’adaptent et nos consciences interprètent le monde qui nous entoure. Dans ce jeu de joutes verbales, on est ému, touché et surpris pour laisser se construire au fil des minutes le véritable visage de la jeunesse. Celle que l’on stigmatise trop souvent et qui pourtant porte en elle un optimisme et un espoir à l’état brut.

« A voix haute » fait du bien et pousse chacun de nous à porter un oeil plus subtile et conscient sur ce qu’est la vraie jeunesse des banlieue : forte, courageuse et qui porte fièrement ses couleurs.