Après avoir  écouté leur split, leurs singles, leur premier LP et leur dernier album en date intitulé Stranger (sorti en juillet 2016), on est allés voir Os Noctámbulos lors d’un excellent concert au Point Ephémère juste avant le passage de Dead Ghosts. On a ainsi pu découvrir des sonorités joliment nostalgiques du surf et garage rock des 60’s, à tel point qu’il est presque difficile de croire que le groupe ne soit pas né il y a déjà cinquante ans.

Rencontre avec  les membres franco-anglais d’Os Noctámbulos.

Quels est le rôle de chacun dans Os Noctámbulos ?

Nick : Je chante et je joue de la guitare. On s’est rencontré en Angleterre avec Coline et on a très vite décidé de faire de la musique ensemble. Puis il y a quatre ans, elle a souhaité retourné vivre à Paris donc on a quitté Sheffield.

Coline : Je suis la bassiste. Je connaissais Baldo depuis 5 ans et Valentin depuis le lycée, donc on s’est dit que ça pourrait être sympa de monter un groupe tous les quatre.

Valentin : Je suis à la guitare.

Baldo : Je suis à la batterie. Nick il ne l’a pas dit, mais c’est avant tout le cerveau du groupe, c’est lui qui compose !

Qu’est-ce que vous avez fait jusqu’ici ?

Nick : On joue tous ensemble depuis novembre 2012. En 2014 on a sorti un Split  avec le groupe Heaters, qui s’appelaient Plantains à l’époque. On a aussi sorti notre premier album Corsica Garden en 2014, et cette année on a sorti notre deuxième album Stranger en juillet. A part ça on a pas mal tourné en France et en Angleterre.

Baldo : Là on est encore à la rentrée de nos vacances d’été, on débarque. Depuis la sortie du deuxième album on n’a joué qu’à Paris, mais on va faire une tournée en avril en Allemagne.

Coline : Et c’est notre 69ème concert ce soir.

On vous a vu joué au Point Ephémère avec Dead Ghosts et PCP Manor. C’était super puissant,  comment décrivez-vous votre musique pour ceux qui ne vous connaissent pas? 

Nick: C’est de la musique country jouée par des autistes qui écoutent du garage, du punk, du soul, du surf… on essaye de mélanger tout ça. (rires)

Valentin : Le groupe est basé sur les chansons de Nick. C’est lui qui compose toutes les chansons dans son coin… les paroles, les mélodies. Après, il ramène ses chansons, et nous on les adapte selon nos inspirations.

Coline : Les chansons se transforment au fur et à mesure.

© Erica Ashleson

© Erica Ashleson

Quelles sont vos influences principales ? 

Nick : Reining Sound et The Charlatans.

Coline : The Velvet Underground, The Cramps, The Gun Club, The Jesus and Mary Chain.

Valentin : Quand j’étais ado, j’écoutais les Beatles, Blur, Pulp, et Oasis. Après je suis arrivé vers les Brian Jonestown Massacre, Black Lips, The Gun Club, The Kinks, The Who.

Baldo : Je suis plus du côté de Bo Diddley, The Troggs, The Modern Lovers, Question Mark & the Mysterians.

D’où vient le nom du groupe ? 

Nick : Ça vient d’un livre de James Ellroy. Il écrit des romans policiers… dans un de ces livres il y a un bar qui s’appelle Night Owls. J’aime bien ce nom mais il était déjà pris par un groupe des années 60, donc je l’ai traduit plusieurs fois dans d’autres langues. Os Noctàmbulos, c’est un mélange d’espagnol et de portugais.

Baldo : Mais c’est aussi le tableau d’Edward Hopper, « Noctambules ». J’aime bien la partie « Os » parce que ça fait référence à Os Mutantes, un groupe psychédélique brésilien qu’on aime beaucoup.

Nick, en tant qu’anglais expatrié à Paris, comment distingues-tu la scène musicale en Angleterre par rapport à la France ?

Nick : Je trouve que la scène en France et bien mieux que celle en Angleterre. Là-bas, je vois souvent des groupes qui n’ont pas du tout répété, c’est comme si c’était leur premier concert à chaque fois. Et c’est plus difficile de jouer là-bas, souvent les groupes ne sont pas payés, ni nourris, ni logés…

Coline : En France, je trouve qu’il y a plus un côté familial où tout le monde se connait et on est tous copains. Il y a aussi des réseaux en Angleterre, mais je trouve que c’est plus froid. Ce n’est pas la même culture. Il y a peut-être plus de concurrence entre les groupes là-bas.

Valentin : Mais en Angleterre on a joué avec plusieurs groupes de bonne qualité et super sympas, comme les Bully Bones. En tout cas je pense que les groupes en Angleterre font du rock un peu plus classique et que les groupes en France sont plus radicaux, mais c’est juste mon avis.

Baldo : Dans tous les cas, malgré ces différences, il y a quand même beaucoup de points en commun. Les associations et les petits labels qui organisent des concerts, ça ressemble à ce qu’on voit ici en France.

Nick: A Brighton avec Acid Box Promotions, ce sont des gens très sympathiques et assez connus. Ils nous ont d’ailleurs fait joué deux fois et ils étaient toujours très accueillants.

Le dernier album Stranger est sorti en juillet 2016. Dans quel contexte a été créé cet album ? 

Nick : Je me suis beaucoup inspiré de ce qu’il se passe en France. Depuis que je suis arrivé j’ai vu beaucoup de misère, de brutalité policière, des choses très difficiles. Donc j’ai essayé de créer un album qui exprimait le feeling que j’avais en constatant la situation dans la rue, les médias, le mariage gay et tous ces gens qui sont contre etc… ça parle de tout ça mais c’est plutôt subtil et métaphorique.

Et pour l’enregistrement ? 

Baldo : J’ai un « home studio, » chez moi en banlieue sud donc tous nos enregistrements ont été fait là-bas, à part le 45 tours qui est sorti sur Croque Macadam Records.

Coline : On est DIY à fond ! On appelle son studio Corsica Garden, parce que Baldo est Corse, donc c’est un peu le jardin corse à Paris (rires). C’est aussi le nom de notre premier album. Après les enregistrements, Nick fait le mixage chez ses parents en Angleterre, à la campagne.

Valentin : L’album Stranger a été enregistré en 2-3 jours, on enregistre en live et puis Nick refait les voix et le clavier.

Nick : L’album est sorti sur Stolen Body Records, basé à Bristol en Angleterre. Ils ont sorti d’autres groupes comme Heaters, Dan Melchior, Go!Zilla.

Quels sont vos coups de cœur en ce moment ?

Valentin : Night Beats, Thee Oh Sees, J.C. Satàn.

Coline : Night Beats aussi ! Et pas mal de groupes français… Pierre et Bastien, Feeling of Love, Magnetix, Destination Lonely (Lo Spider), et Cheveu.

Nick : Récemment j’ai vu Still Charon et En Attendant Ana, vraiment trop bien !

Baldo : The Masonics.

Avec quels autres groupes êtes-vous associés? 

Nick : 39th and the Nortons

Baldo : Flowerbed Tramplers, avec Nick. Et Revizors, c’est un nouveau projet.

Vos projets pour l’avenir ? 

Nick : On sort notre prochain 45 tours début de l’année prochaine avec Slice of Wax Records !

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