Vous connaissez la sensation de la mémoire qui se brouille et des souvenirs qui s’effritent ? OMOH en a fait un clip onirique sur la nostalgie de l’été.

Extrait clipé de l’EP intitulé « OMOH is Leading Nowhere », Longing Summer offre l’hypothèse d’où la danse pourrait être menée : dans les souvenirs nébuleux de vacances. Comme le mois de septembre et la rentrée relancent la course contre la montre, les capacités mnésiques grillées aux UV rappellent les images des instants passés avec plus ou moins de précision.

D’abord les formes géométriques du départ en prenant la tangente et les mosaïques de paysages qui défilent. Ensuite les déambulations en solitaire, où l’on se retrouve quand on cherche. Ici la recherche d’une fille, la quête vers la compréhension de son absence. Enfin le flou psychédélique par désintégrations progressives comme une glace laissée à la lumière. Le tout narré par une pop lascive où l’on se prélasse comme dans un bain (sans remous).

Le titre de leur EP « Hours of Sunshine » revient en tête comme la brulure d’un coup de soleil durant l’écoute de la mélodie aérienne où l’on devine la volonté frustrée de retrouver cette fille-fantôme et savoir ce qu’il se passe dans son esprit.

Au-delà de cette recherche, Gillian Lun et Baptiste Homo ont réalisé en images le pouvoir de l’évocation délité par l’oubli, ce phénomène de neuropsychologie du souvenir qui nous échappe quand on veut le saisir : sa trace n’a pas disparu, mais en essayant de la retrouver, le chemin s’obscurcie pour vriller un peu plus la bonne focale.

Avec une dream pop rappelant Beach House, OMOH dresse haut le pavillon de l’onirisme, et ce clip en fait briller les couleurs presque un an après la sortie de leur deuxième EP qui résonne comme un beau souvenir qu’on ne voudrait pas oublier.