Nina a des yeux. Elle s’en sert et les ouvre, énormes, sur le monde tel qu’il va ou croit aller.

D’Est en Ouest, elle cultive des tomates et des bombes, voyage  » façon migrant  » près d’un Érythréen, bourdonne, traité en main, avec des Abeilles russes, appelle le Président, chante les Rayons Yaourts, convoque la Science Infuse, les Puissants, les Shampoings, cueille des roses et déterre six millions de congolais.

Nina est un clown amer, ganté mais déjanté, plein d’ironie, d’humour et de cruauté naïve, qui s’amuse du non-sens, qui se rit du grotesque et dénonce le scandale.

Nina est un conte philosophique sorti en 2014. Marie-Claire Neveu, l’auteure et la comédienne du spectacle est encouragée par de nombreux metteurs en scène pour adapter ce conte en pièce de théâtre. Nina devient alors un seul en scène engagé et prend le titre de Nina, des tomates et des bombes.

Présenté dans divers festivals puis à Paris au théâtre Le Proscénium de mars à mai 2016, la pièce s’installe finalement à Avignon pour 3 semaines au théâtre de l’Observance.

Nina, des tomates et des bombes dénonce avec une tendre poésie, les malheurs de ce siècle, les problèmes qu’engendre le capitalisme, l’injustice que vivent les migrants, les dangers de la mondialisation ou encore les catastrophes écologiques en cours.

Pendant près d’1h15, nous sommes dans la tête de Nina, dans le monde qu’elle se crée, dans son imagination. Nous rêvons avec elle d’un monde meilleur, nous appelons ensembles les puissants, nous essayons de sauver les abeilles, enfin nous agissons.

Loin d’un spectacle moralisateur, Nina, des tomates et des bombes nous permet de prendre conscience du pouvoir qui nous est donné, de notre capacité à changer le monde en modifiant notre façon de vivre.

Nina, des tomates et des bombes est ce que l’on appel du théâtre engagé. Nina, touchante comme tout, habitée par une poésie naïve nous donne envie de nous battre. Derrière un caractère légèrement farfelu, ce spectacle dénonce et soulève les problématiques les plus grave du 21ème siècle.

Et, par une généalogie poussée, Nina nous fait prendre conscience doucement que nous avons tous finalement les mêmes grands parents. C’est, cloués, que nous revisitons alors nos préjugés et nos jugements hâtifs… Car si, finalement, nous sommes tous frères et sœurs, a quoi bon la haine ?… Tout cela est aussi innocent que Nina, mais il s’y cache une certaine vérité. Aussi cruelle que l’enfance dont est emprunt ce spectacle.

AFFICHE AVEC CRITIQUE

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