De la poésie de Paul Eluard aux archives vidéos rétros des années 80, il y a le kitch sublime de François Club.

Avec des extraits (de pubs et de films) où femme-objets ou homme-muscles et produits « bien-être » ne font qu’un, François Club a récolté dans les profondeurs du net la crème de « l’épistémè » des années 80 : un capitalisme érotique à l’américaine, bimbos aux sourires extatiques, et corps de plastique garantis sans plis qui voltigent dans le bonheur pur sous rayons UV.

Avec un tel assemblage qui défile rapidement sous les yeux, le sourire s’étire et l’hyperglycémie guette. Le clip balaye le paysage télévisuel d’une époque qui était loin de se douter des crises de toutes natures qui surviendront à la fin de la décennie. C’est de cette utopie de plage aux plaisirs éternels dont s’est inspiré François Club pour sa dance-music aux mille synthés, le tout mêlé à un clin d’œil direct à la métaphysique lyrique de Paul Eluard (« la Terre est bleue comme une orange » 7ème poème du 1er chapitre « Premièrement », L’amour la poésie 1929).

Produit par Nicolas Lockhart, musicien sur-actif de la scène pop parisienne, la wave-funk sportive de François Club donne l’effet d’un cocktail multi-vitaminé frais et dansant, conçu spécialement pour l’été, pointe de naïveté feinte, belle et douce comme du Daho à l’oreille. Avec son EP « Paramilitaire » sorti fin 2015, l’ambiance solaire brille encore sur les vidéos, et on doute que quiconque ou quoique ce soit puisse entamer ce bel esprit positif soufflant les bonnes vibes de la pop 80’s.