« Fuck it Dog, Life’s A Risk » est l’acronyme, mais aussi la philosophie de FIDLAR, un groupe skate-punk de Los Angeles composé de 4 jeunes assez barrés.

Après la sortie de leur deuxième album Too, le groupe a tourné et joué dans des festivals à travers les États-Unis et la France, notamment  les Vieilles Charrues en juillet et la Route du Rock en août. Avant le début de leur concert affichant complet, on a échangé avec le groupe autour de leur évolution, leurs souvenirs et de quelques anecdotes curieuses.  

Quel rôle à chacun dans FIDLAR  et d’où venez vous?

Max : Je suis batteur.

Elvis : Je gère la guitare et le chant. Max et moi sommes frères, born and raised à LA.

Brandon : Je suis à la bass, je suis de San Diego.

Zac : Je suis à la guitare et le chant. J’ai grandi à North Shore à Hawaii. C’est une petite ville surf où a été tourné le film Blue Crush. On habite tous à Los Angeles désormais. Et toi tu es d’où ?

Du Minnesota !

Zac : Quand j’étais au Lycée à Hawaii, j’avais un prof du Minnesota qui jouait de la batterie pour les Flaming Lips. C’est lui qui m’a fait écouter Sonic Youth, Dinosaur Jr. et Pavement. Il a changé ma vie ce prof punk rock en me montrant tous ces trucs cool.

Quels sont les meilleurs souvenirs de votre tournée européenne ?

Brandon : Nos concerts à Londres ont toujours été super cool, et particulièrement hier soir à l’Electric Brixton.

Zac : Le public était vraiment à fond. Parfois nos concerts sont un peu trop cinglés et chaotiques. C’est déjà arrivé que des gens montent sur scène et débranchent des trucs.  Mais  hier c’était un bon bordel respectueux.

Elvis : On a aussi vu les Pixies à Londres il y a deux jours, on est en tournée avec eux.

Vous avez quelques moments marquants de vos concerts en France ? Vous avez découvert des groupes français ?

Brandon : Notre premier concert à Paris était à l’Espace B. On n’était jamais venu ici et avant qu’on arrive tout le monde nous disait « Ne prêtez pas attention au public parisien, ça ne va pas être fou ». Au contraire, ça a été complètement dingue! Le plafond est littéralement tombé et les murs transpiraient à grosses gouttes. On aurait dit une cave entourée de glace fondante. Les gens étaient complètement fous.

Zac : On a été un peu dans la merde pour ça. Ils ont essayé de nous faire payer la réparation du plafond. Mais après tout ça faisait partie du spectacle. 

Brandon : Je suis très grand et le plafond est très bas. Ils devraient relever ce plafond (rires).

Elvis : Je me souviens du groupe Decibelles avec qui on a joué à Lyon. C’est un groupe punk avec une fille comme leader.

Zac : Je me souviens de J.C Satàn.

Parlons de l’évolution de FIDLAR, de vos débuts dans la scène punk DIY à des tournées dans le monde entier… vous avez sorti récemment l’album Too qui parle majoritairement de drogue, d’alcool et d’overdose. Où se trouve la positivité dans FIDLAR aujourd’hui ?

Max : Dans l’esprit ! On a montré que si des mecs peuvent être aussi débiles que nous mais faire des concerts : ça signifie que tout le monde peut le faire. Au début, on n’a jamais imaginé qu’on tournerait dans des villes comme Paris.

Elvis : C’est ça qui est beau avec le rock, c’est que tout le monde peut le faire. Tu peux faire ton propre truc et si tu te rends compte que c’est ce que tu aimes, alors vas-y fait le ! Pour nous, on cherchait juste à écrire des chansons, faire des concerts, s’amuser, faire ce qu’on aime sans réfléchir au lendemain. Mais quand avoir un groupe devient ton métier, psychologiquement c’est bizarre. C’est un mode de vie complètement différent quand tu commences à en faire ta vie.

Zac : Tu dois faire ça pour les bonnes raisons. Il y a beaucoup de groupes qui commencent en pensant que c’est tout le temps la fête, mais quand ils réalisent que « c’est beaucoup de travail », beaucoup d’entre eux se séparent, car ils ne veulent pas sacrifier leur mode de vie.

Brandon : On est juste nous-même, et si ça plaît à des gens alors c’est cool !

À côté de FIDLAR, certains d’entre vous produisent d’autres groupes. N’hésitez pas à mentionner vos préférés.

Zac : Je produis SWMRS, The Fright et Dune Rats !

Elvis : Je produis l’album de ma pote Sunny War. J’adore sa musique, c’est du folk-blues acoustique.

Max : Je ne produis personne, mais j’aime beaucoup Twin Peaks de Chicago.

Brandon : J’adore No Parents de Los Angeles.

Où vous placez-vous dans la scène musicale de LA, et quels sont pour vous ses meilleurs et plus mauvais côtés ?

Elvis : LA est vraiment cool pour la musique live, car il y a beaucoup de salles, plus ou moins atypiques pour jouer. Beaucoup d’entre elles ferment, mais de nouvelles naissent sans arrêt. C’est un petit monde avec énormément de concerts différents tous les soirs.

Zac : C’est vraiment cool d’être un groupe à LA, surtout quand t’es jeune. Ce n’est pas comme à New York où tu restes coincé dans ta salle de répétition.

Max : Les scènes s’y développent facilement et ensuite les groupes commencent à tourner. On avait une sorte de petite scène avec des groupes comme Pangea, mais maintenant on ne joue plus à LA deux fois par semaine et plus vraiment avec ces groupes. On se concentre plutôt sur nos tournées et l’enregistrement de nos albums.

On a lu que certains gens vous comparent à Blink 182, qu’est ce que vous pensez du fait qu’ils ont sorti un nouvel album en 2016 ?

Zac : J’ai écouté l’album, ça ne me parle plus de la même façon que quand j’avais 15 ans. Mais on a rencontré Mark Hoppus et lui pour le coup est resté le même. Tu vois ce que je veux dire ? Il y a des groupes qui ne changent pas, simplement parce que c’est ce qu’ils sont et c’est cool ! Mark Hoppus continue à faire des blagues de merde et à péter devant les gens.

Brandon : C’est cool qu’ils aient eu les moyens de le faire. Ils peuvent encore sortir pleins d’albums et les gens vont aimer. Comme Zac, je les écoutais tout le temps quand j’étais plus jeune, mais je ne les écoute plus autant que quand j’étais sur mon skate à 13 ans.

Quel a été le contexte de votre rencontre avec Mark ?

Brandon : On a fait un DJ set pour un évent qui s’appelle Taking Back Tuesday et lui aussi passait des sons. Il a mis des trucs vraiment mauvais (rires), mais les gens avaient l’air d’apprécier et de s’amuser. C’est juste un vieux papa rock maintenant, mais c’est cool qu’ils aient pu faire un nouvel album et repartir en tournée.

Zac : C’est juste dingue qu’ils aient pu avoir une telle carrière.

Vous aimeriez être comme ça dans 20 ans ?

Elvis : Je serai un papa rock.

Brandon : J’espère ! Je ne sais pas trop si je veux être père, mais j’espère que je jouerai encore de la musique.

Elvis : Tom DeLonge est toujours à la recherche d’OVNIs. J’aimerais bien savoir où il en est.

Zac : Apparemment, il travaille sur un gros budget documentaire sur les extraterrestres.

Quels sont vos futurs plans ? Des nouvelles chansons ? Un prochain album ?

Brandon : On commence à y penser (rires), mais on n’a pas vraiment commencé à travailler.

Elvis : On discute de penser à commencer d’en discuter.

Zac : J’ai écrit un peu, mais j’en suis vraiment qu’au début. Le processus de création doit venir naturellement.

Culture Sauvage pour FIDLAR ?

Zac : Saucisses

Elvis : Terroristes

Brandon : Une tribu indigène

Max : Des loups

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ENGLISH VERSION 

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« Fuck it Dog, Life’s A Risk, » is the acronym and philosophy of FIDLAR, a skate-punk band from LA made up of four young offbeat musicians.

After the release of their second album, Too, the band has been touring and playing festivals in the U.S. and across Europe, including Les Vieilles Charrues and La Route du Rock (France). Sitting in the courtyard of La Maroquinerie before their sold-out show, we talk about the evolution of the group, as well as other peculiar anecdotes.

Introduce yourselves, who is who in FIDLAR ?

Max: I play drums.

Elvis: I play guitar and sing. Max and I are brothers, we’re from LA, born and raised.

Brandon: I play bass. I’m from San Diego.

Zac: I play the vocals and guitar. I grew up in North Shore, Hawaii. It’s a small surf town; it’s where they filmed Blue Crush. We’re now all based in LA. Where are you from?

Minnesota!

Zac: When I was in high school in Hawaii, I had a teacher from Minnesota who played drums with the Flaming Lips. He’s the one that showed me Sonic Youth, Dinosaur Jr. and Pavement. It changed my life. He was this punk rock teacher showing me all this cool shit, and now he works for the city defending criminals.

©Erica Ashleson

Best memory from this current European tour ?

Brandon: Our shows in London have always been really good, especially last night when we played at the Electric Brixton.

Zac: The audience was really engaged. Sometimes our shows get too crazy and chaotic, such as kids jumping on stage and unplugging stuff. It was a good balance between rowdy but not disrespectful.

Elvis: We also saw the Pixies in London two nights ago; we’re touring with them.

Sometimes you don’t have a day off, so you don’t get time to explore.

Any good memories from playing in France? Or French bands?

Brandon: The first show we ever played in Paris was at Espace B. We had never been here and everyone was telling us before we arrived, « don’t mind the Paris crowd, it might not be that crazy. » But it was insane, the ceiling literally fell off and the walls were sweating, it was like a melting ice cave falling apart. Kids were going crazy.

Zac: We got in trouble for that. They tried to charge us for the broken ceiling. But it’s part of the gig, (laughs) they booked us !

Brandon: I’m very tall and the ceiling is very low, they should make the roof higher.

Elvis: I remember the band Decibelles who we played with in Lyon, it’s a female-fronted punk band.

Zac: J.C. Satàn, I remember them.

Max: Daft Punk?

With the evolution of FIDLAR, from your DIY punk beginnings to touring around the world, and recently the release of the album Too which talks mostly about drugs, alcohol, overdose and coming down from that… where is the positivity in FIDLAR today ?

Max: I think we sort of show that if these guys can be idiots and play shows, then anyone can do it. Starting off, we never thought we would be touring in places like Paris. I think we’re very approchable. I was trying to think of something like The 1975; no one is coming up to talk to that guy, he would probably be a dick anyway (laughs).

Elvis: That’s the thing about rock ‘n ‘roll, anyone can do it. That’s the beauty of it. You can do your own thing and if that’s what you love doing, go out and do it. For us, it was about making songs and playing shows, having fun, doing what we love and not having an agenda. Having your band become your job is a weird psychological thing. It’s a very different lifestyle once you start doing it for a living.

Zak: You have to do it for the right reason. It’s a lot of work. There are a lot of bands that start off for the fun, the party… but then once you realize, « shit, this is a lot of fucking work, » a lot of them just break up. Or they are not willing to sacrifice the other things to change.

Brandon: We’re just ourselves, and if that attracts people, that’s great!

Besides FIDLAR, some of you guys produce for other bands; feel free to name drop some of your favorites.

Zak: I’ve been producing for SWMRS, The Frights, and Dune Rats!

Elvis: I’m producing my friend’s album, Sunny War. I really like her music, it’s acoustic-folk-blues.

Max: I’m not producing anyone, but I really like the band Twin Peaks, from Chicago.

Brandon: I really like No Parents, from LA.

©Erica Ashleson

©Erica Ashleson

Where do you guys sort of belong in the LA music scene and what are some of the best or worse things about it?

Elvis: LA is really great for live music because there are a lot of different venues, creative DIY spaces, and non-traditional venues to do shows in. A lot of those get shut down, but new ones always pop up. It’s a small world and there are a lot of different shows going on every night.

Zac: Tt’s way rad to be a band in LA, especially if you’re young. It’s not like New York, where you’re confined to a rehearsal space.

Max: The scene sort of develops and then a band starts touring. We kind of had a little scene with bands like Pangea, but once you’re not playing in LA twice every week and not really playing with these bands anymore, we just sort of focus on touring and making records.

We read that some people compare FIDLAR to Blink 182, what do you think of them releasing an album in 2016?

Zak: I listened to the record, it doesn’t really speak to me the same way that it used to when I was fifteen. But we’ve met Mark Hoppus. He is that dude. You know what I mean? There are bands that don’t change, but that’s because that’s who they are. And that’s cool! Mark Hoppus still tells dick jokes and farts in front of people.

Brandon: It’s cool that they’ve still been able to do their thing. They can still put out records and tons of people enjoy it. Like Zak, I used to listen to them so much when I was younger, but I’m not necessarily listening to them as I used to do when I was thirteen and skateboarding in San Diego.

What was the context of your encounter with Mark?

Brandon: We DJed this event called Taking Back Tuesday, where Marc Hoppus DJed the same night as us and he was playing really bad music (laughs), but kids were loving it and he seemed to be having fun. He’s just sort of an old rock dad now, but that’s cool that they can make a new record and go on tour.

Zak: It’s just amazing that they’ve been able to make such a huge career out it.

Do you guys hope to be like that, 20 years from now?

Elvis: I’d be a rock dad.

Brandon: Hopefully, I don’t know about the « dad » thing but I hope to still be playing in a band!

Elvis: Tom DeLonge is still searching for UFOs. I’m more curious to know what he’s been up to.

Zak: Apparently he’s working on a large budget documentary about aliens.

What are your future plans? New songs, new album…?

Brandon: We’re starting to think about it (laughs), but haven’t really started much.

Elvis: Talking about thinking about talking about it.

Zak: I’ve been writing, but we’re still in the beginning stages of it. The creation process just has to flow naturally.

Wild Culture for FIDLAR?

Zak: Sausages

Elvis: Terrorists

Brandon: An indigenous tribe

Max: Wolves