Comme si elle n’en faisait pas assez pour rendre compte de la richesse bouillonnante de l’underground français, l’équipe du Supersonic a décidé de lancer cette semaine un festival « beau et bizarre », spécial scène française, s’il vous plait : une programmation démente et atypique de trente artistes pour se détartrer les pavillons auriculaires à la langue de Molière.

La France gagnait sur tous les terrains jusqu’à hier, et comme Antoine Griezmann n’est plus l’homme providentiel, place à la pommade post-punk, synthwave et aux expérimentations pop salvatrices de nouvelles figures héroïques.

Restons Sérieux - Supersonic

Notre sélection des onze titulaires de la semaine au Supersonic, avec des métaphores filées comme un bon gros tirage de maillot :

  • Colombey : Entre new-wave minimaliste et hip hop brisé, ce sont les textes qui font le portrait nostalgique de villes semi-rurales et dystopiques qui nous font penser que Colombey est ce joueur qui, au fond, préférait jouer en CFA sur le stade municipal avec ses vieux copains. Adieu troisième mi-temps, bonjour tristesse.

 

  • Usé : Avec son EP « Chien d’la casse », on s’est retrouvé la tête prise dans le tambour d’une machine à lavée. Direct, franc, rapide et qui « respire à contre-temps », l’attaquant le plus efficace de la bande, avec une poésie qui s’est écorchée sur les graviers.

 

  • Ambeyance : Sourire disco et funky attitude sur le terrain, a choisi d’être gardien pour porter des couleurs fluos.

 

  • Fils de Vénus : Le collectif qui produit performances artistiques et soirées aux vibes gorgées d’amour à plusieurs est notre capitaine, fier et à la motivation débordante. Aime regarder ses petits camarades sous la douche et ramène les groupies dans les vestiaires.

 

  • Cabaret Contemporain : Les simulateurs de la bande qui imitent la musique électro avec des instruments acoustiques. Maitrise technique et créativité de jeu.
     

 

  • François Club : Resté bloqué dans le charme des discothèques rétros des années 80, François Club joue avec la tradition du kitch français sur les lignes blanches. Même avec quelques sorties en touche, c’est toujours volontaire et pour relancer l’ambiance.

 

  • Hystérie : A l’attaque mais avec quelques tacles pas très propres comme le son des guitares et  des synthés post-punk qui ne font pas dans la dentelle des petits filets.

  • Judah Warsky : Avec son EP « Seul » produit par Flavien Berger et sorti chez Pan European à l’automne, la couleur musicale de Judah Warsky varie entre obscurité et gaité sublime. Harmonie permanente qui surfe sur des beats synthétiques, c’est sa langue onirique qui nous fait supposer un petit côté rêveur, une tendance à flâner sur le terrain où il jouerait innocemment en « Solo », mais comme un charme.

 

  • Ventre de Biche : Ça transpire le no future sous un numéro 666, milieu de terrain qui ne tient pas en place, qui s’en fout d’ailleurs d’avoir une place, et qui garde la même indifférence pour la victoire ou la défaite.

 

  • Jaune : Pas de mauvaise blague facile sur le carton. Avec une pop fraiche soutenue par des rythmiques tribales, on dira que c’est le meilleur dribleur du groupe, avec une mention spéciale pour la douceur des gestes.

 

  • Sydney Valette : A la défense, avec une belle tradition synthwave française et à la défonce, sous la bénédiction noire et spectrale de Daniel Darc.

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Retrouvez toute la programmation du festival Restons Sérieux et dès ce soir au Supersonic :

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