Deuxième titre d’un album cosmique, vertigineux et poétique, « Australasie » est l’occasion d’un voyage galactique en ascension progressive dans un psychédélisme à la fois sonore et visuel.

Avec son premier album sorti chez Karaoke Kalk et Plug Research, Emmanuel Mario connu pour être producteur, arrangeur et également batteur, livre une pop brillante et singulière où s’épanouissent des chimères digitales et quelques featuring de prestiges, parmi lesquels Laetitia Sadier (Stereolab) qui se fait incantatrice chamanique.

Pour illustrer les fantasmes qui coulent sur la géographie de l’Australasie (= Australie + Nouvelle-Zélande + quelques îles), des nuées de drones et satellites flottent dans le ciel, avant un plongeon inévitable dans un caléidoscope d’où l’on ressort sur des paysages stellaires, où s’épanouissent des couleurs et des formes hybrides, comme des insectes mécaniques.

Signé Patrice Curtillat (Poborsk), le clip est à l’image de ses œuvres, notamment « Bestiaire » où des objets du quotidien forment des êtres symétriques aux mouvements répétitifs. Plaqués sur ces étendues désertes, on se trouve balancer à la porte d’un nouveau monde, d’un rêve sous un fond de balade prog délicieusement apaisante, riche en harmonies.

Au-delà des prouesses expérimentales et les idées originales poussées à fond, Astrobal fait d’Australasie une fenêtre d’entrée sur un album tissé de perles, combinant folie psychédélique avec douceur pop. On sort de son univers onirique comme après une nuit de songes solaires : serein et certain d’avoir vécu une expérience unique.