Protégé du duo anglais Disclosure et à l’origine de la célèbre chanson «Stay with me» de Sam Smith, on a rencontré le jeune DJ producteur Tourist (William Phillips) le temps d’un café à l’occasion de la sortie de son album « U »  .

Tu as commencé la musique très jeune n’est ce pas?

Oui, on avait un piano dans notre maison et j’ai commencé à en jouer vers 4 ans. Mes parents ne m’ont jamais forcé, j’y suis allé tout seul. Je pense que c’est la seule chose que j’ai toujours voulu faire. Et puis j’ai grandi et je me suis petit à petit intéressé à la Dance et l’électro, dont l’aspect futuriste me fascinait. Je me suis mis à composer au lycée, puis à l’université.

J’ai cru lire quelque part que l’université ne te passionnait pas vraiment.

Disons que ces années m’ont servi puisque j’ai pu avoir du temps pour composer. (rires) A 10 ans, lorsque ma mère m’a demandé ce que je voulais faire plus tard j’ai répondu musicien. J’ai toujours su vers quoi je voulais me diriger et je ne me suis jamais menti en me disant que je voulais être médecin ou avocat.

C’est parfois difficile de savoir avec autant de certitude ce qu’on veut faire dans sa vie.

C’est vrai ! Et je sais aussi que faire ce qu’il te plait comme travail est une véritable bénédiction. Aujourd’hui j’en suis parfaitement conscient et heureux !

Et entre ces années universitaires et maintenant que s’est il passé ?

A l’époque j’écoutais énormément de musiques françaises, comme Ed Banger, Justice ou encore Sebastian. Je trouvais leur musique géniale et ça m’inspirait beaucoup! Puis je me suis tourné vers quelque chose de plus disco et chillwave. J’ai commencé à faire des remixes, puis j’ai sorti mon premier EP en 2011. Je vivais à Brighton, j’étais très heureux et amoureux, ma musique était plus électro-pop, sans voix et un peu lente. Ce qui était moins le cas avec le second EP qui était beaucoup plus sombre et qui correspondait à une période difficile de ma vie. Je suis revenu à Londres, sans argent et complètement déprimé, je suis même retourné vivre chez ma mère (rires). Et après cette période, j’ai sorti un troisième EP, puis au fur et à mesure j’ai fait des remixes, des rencontres, j’ai co-écrit et co-produit avec d’autres artistes ou producteurs tels que Sam Smith ou Disclosure. Je ne suis pas vraiment une personne célèbre mais je suis fier de mon parcours jusqu’à aujourd’hui.

Chaque EP a t il été écrit selon une situation ou un état d’esprit dans lequel tu te trouvais ?

Oui. J’écris toujours d’après une expérience personnelle. Ce qui m’inspire le plus pour composer est la vie. Etre humain, comprendre ce que cela signifie, ressentir, se connecter aux autres et vivre.

Comme pour ton premier album « U » sorti en mai ?

J’ai commencé à écrire l’album en 2014 et je l’ai fini en novembre dernier. Quand j’ai écrit cet album je vivais une rupture et je trouvais que peu de musique électronique évoquait des histoires d’amour. Donc j’ai voulu construire cet album comme une sorte de journal intime. C’est l’histoire simple de deux personnes qui sont tombées amoureuses et qui vont pourtant prendre des chemins différents à un moment donné. C’est ce que racontent les dix chansons de l’album.

J’ai vraiment eu un coup de cœur pour « Waves », est ce que tu peux m’en dire plus sur cette chanson ?

Je voulais faire un son en rapport avec le sacrifice qu’est l’amour. Lorsque tu es amoureux, tu es heureux lorsque la personne est heureuse. Ton bonheur est celui de ta copine ou de ton copain. C’est magnifique et très spécial à la fois. C’est de ce sentiment que parle « Waves ». Pour l’anecdote, c’est d’ailleurs lorsque j’étais amoureux de cette fille à Brighton que j’ai enregistré le son des vagues.

Quel est ton meilleur souvenir depuis que tu as commencé ?

Je me souviens de la première fois que j’ai entendu une de mes musiques à la radio. En réalité c’est un de mes amis qui m’a appelé pour me le dire. Je te jure que ça fait une drôle d’impression lorsqu’un son que tu as composé sur ton lit, tout seul dans ta chambre, finit sur les ondes. (rires) Après j’ai d’excellents souvenirs sur scène que ce soit en Australie, au Canada, quand les gens se mettent à danser et vibrer tous ensemble, c’est toujours un plaisir immense ! Je n’ai pas un meilleur souvenir, je crois que c’est l’ensemble qui me rend heureux. Et lorsque je regarde en arrière, j’aime le fait que si tu travailles assez dur dans la vie, il est possible de faire ce que tu aimes !

Pas de mauvais souvenirs ?

Je ne veux pas paraître méchant, mais tu peux rencontrer de vrais serpents dans le milieu de la musique. Des gens qui sont concentrés sur les mauvaises choses, parfois j’ai écouté des conseils de personnes que je pensais respectables mais qui en fait ne l’étaient pas. Il y a de mauvaises personnes partout !

Tu penses qu’il est difficile pour quelqu’un de garder son intégrité dans l’industrie musicale ?

Je pense que l’intégrité est importante. Il ne faut pas écouter les gens parce qu’ils ont soi-disant un statut, mais s’écouter soi-même. Lorsque tu fais les choses pour les mauvaises raisons, tu finis malheureux. Il faut croire en toi, et la seule chose qui compte réellement est de faire de la musique qui te ressemble et t’appartient.

Culture Sauvage pour Tourist ?

« Freedom of expression »

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