La vie se résume t-elle à un ring de boxe où l’argent et l’honneur se mettent de bonnes droites dans la gueule ? C’est la question que l’on s’est posé en regardant les jeux de jambes des boxeurs dans le clip de « Strobe Moonlight » de Dancers in Red.

Que l’on se lève ou que l’on se couche, il faut savoir que le labeur, la hargne et le talent auront toujours plus de saveur que le bif facile, qui laisse un gout de sang dans les gencives éclatées et sous les pommettes violacées par des phalanges d’acier. Courber l’échine ou relever la tête : c’est la noble et juste maxime qui transpire dans le clip à l’univers et l’esthétique qui rappellent les films de Guy Ritchie (Snatch, Rock’n Rolla, Arnaques, Crimes et Botaniques…). Le réalisateur Hadrien Fiere a assemblé un cocktail efficace et captivant à base de mafieux, de parieurs (les trois musiciens), de muscles et de castagne puissante sous fond d’irish-pub et de brique.

Dancers-In-Red-Move-Sting

Visuel de l’EP « Move & Sting » Dancers in Red

Dès les premiers accords rock du trio toulousain, ça adhère à l’image comme le cuire des gants aux mains de Mohammed Ali. Conçue par flashbacks rapides où le parcours du compétiteur outsider vénale est tracé, la vidéo suit l’entrainement furieux et l’entente fourbe du trucage, où l’épiphanie vient d’une phrase comme un crochet qui fait valser les dents : l’adversaire se bat pour la gloire. Avant que le boxeur corrompu ne reprenne son destin et sa conscience en main, la tête déjà bien dévissée, la power pop ultra vitaminée de Dancers in Red a déjà gagné le match.

La montée de cuivre épique ne fait qu’entériner le retournement de situation où la volonté de puissance fait un beau bras d’honneur à la raison mercantile. Gagner sa vie restera une question éthique, où l’ego et la conscience seront toujours plus gros que le compte en banque.