La France, de ses Lumières à son 49.3 a ceci de magnifique et d’absurde qu’elle peut être aussi chérie que limogée par ses concitoyens.

Lafayette, signature du label Entreprise brosse le portrait de l’archétype de la mémoire collective française, à travers un chauvinisme ironique, à la Philippe Katerine : à la fois hommage premier degré et loufoquerie absolue. Lafayette se moquerait-il du bon sens réactionnaire qui martèle que « c’était mieux avant » ? L’hypothèse est probable quand on sait que le polémiste Eric Zemmour a publié en 2010 un essai rance du même nom – La mélancolie française – sur l’Histoire de cette Gaule éternelle.

Lafayette_pouce(c)Melanie_Aubies

En entrant sous les accords d’un clavecin très Louis XIV, un buste Lafayette se retrouve aspergé de symboles patrimoniaux de l’hexagone (en commençant par des pâtisseries), allégories plastiques de la liste stéréotypée des légendes du passé qui constituent une certaine idée de notre patrie. Ainsi Brigitte Bardot est citée tout de suite après l’évocation de l’Algérie, peu de temps avant le minitel, et suivie de près par le plein emploi…

Le réalisateur Valentin Adam donne des couleurs à cette nostalgie vieille France et second degré, et magnifie les éléments de réponse donnés par Lafayette aux questions excitées de l’identité nationale.