C’est tout proche du Trianon que nous avons rencontré Ananda, dont le premier clip Silent Song, tourné dans les contrées neigeuses de l’Islande est sorti il y a quelques semaines.

Racontes moi un peu ce voyage en Islande?

On a réussi à trouver les fonds sur Kisskissbankbank pour financer ce clip. On cherchait des endroits assez désertiques et épurés, voire post-apocalyptique donc le paysage islandais s’y prêtait parfaitement. On est donc parti dix jours là-bas, j’ai adoré l’expérience.

J’ai une grande question, les acteurs qui jouent dans le clip ont-t-ils réellement plongé dans les eaux islandaises?  

Oui et non (rires). En Islande, il y a des sources d’eaux chaudes, ce sont des sortes de piscines naturelles. Donc le réalisateur Bernard Benant y a tourné les plans. Au départ, ils voulaient les faire dans l’eau de mer, mais c’était beaucoup trop froid. On ne voulait pas perdre un modèle. (rires).

Quel est ton meilleur souvenir de tournage là-bas ?

Il y a un plan que je voulais absolument faire avec le drone. C’est un plan au dessus du glacier principal de l’Islande. On s’est levé à 6h du matin pour marcher jusqu’au pied du glacier. Il y avait énormément de vent et on a vraiment eu peur de le perdre en vol, mais la minute captée était exceptionnelle et voir les images était particulièrement impressionnant.

Tu évoquais ce côté épuré dans ta recherche de pays. Ça fait bien entendu écho à ton EP, dans lequel tu laisses une grande place à la musique, aux instruments. Comment s’est passé la composition ?

J’ai enregistré cet EP avec NACH, qui a su apporter un très beau regard au projet. Elle a fait toutes les parties piano et chœur. C’était une magnifique collaboration. On a réellement voulu garder quelque chose d’assez brut, de très épuré. Après je me suis beaucoup inspiré de mes expériences. Par exemple, la dernière chanson de l’EP « My Old Bike », vient de mes voyages aux Etats-Unis et notamment la fois où j’ai rejoint un ami à Nashville. On le ressent avec ce côté country, folk.

L’ EP possède huit titres ce qui est assez rare. Pourquoi ne pas en avoir fait un album ?

J’aimais bien le concept de sortir un peu des cases. EP ou album, ce qui compte c’est qu’il y ait une cohérence entre les huit titres. Cela me donne notamment une charte pour le prochain projet, qui sera sûrement sous le même format mais pas exactement le même style. C’est une histoire qui se continuera, en fonction de ce que je vis, ce que j’expérimente.

L’EP est également très visuel. On voyagerait presque dans des films, comme le ferait une bande originale. Si tu devais donner un décor à cet EP ?

Je vois des steppes à pertes de vue, comme en Mongolie, même si je n’y suis jamais allé.

Une couleur ?

Ivoire.

Une forme ?

(Rires) C’est bon ça. Ecoute je dirais un rond centré. J’ai beaucoup joué avec des musiciens, j’ai beaucoup voyagé et avec cet EP j’ai vraiment voulu me recentrer, donc ça me fait penser à cette forme.

Un mot ?

Silence.

C’est drôle car la notion de silence est opposée au bruit, l’essence même de la musique.

Je vois plus le silence comme quelque chose de créateur. Il est toujours nécessaire d’avoir des moments de calme, d’isolement pour pouvoir faire naître les idées. C’est un complément essentiel. Au final, le silence est une source d’inspiration qui permet de créer donc sans silence, il n’y aurait pas de musique.

Culture Sauvage pour Ananda?

Rochers, Islande.