Pour MonsterK7, « jouer » de la musique est plurisémantique. Le label qui aime le folk calme et électronique est avant tout passionné par les objets ludiques et délaissés, principalement les instruments jouets. Et si Anne et Garry collectionnent toys pianos, vieux claviers pour enfants ou omnichord, c’est pour donner l’occasion de créer des compilations « Ode à… ». Eloges poétiques et originales, le label se fait le défenseur des supports physiques de la musique, la cassette en chef de fil. Cocy a rencontré Anne, co-fondatrice de MonsterK7 pour parler de sa passion des objets musicaux et de la release de la compilation « Ode à l’omnichord ».

Comment vous est venue l’idée de monter un label ?

En 2005 ou 2006, on a commencé à voir que tous nos potes mettaient leurs disques à la cave avec l’arrivée massive des mp3. On trouvait ça dommage : pour les artistes, le support physique est sentimentalement important, mais il permet aussi à l’artiste d’élargir son univers graphiquement. On avait peur de la disparition totale des supports physiques, alors on a créé le label en réaction à ça. A ce moment-là, on voyait assez peu de cassettes, pas comme aujourd’hui où l’on assiste à son retour. A chaque fois que l’on tenait un stand, les gens nous questionnaient, ça permettait de lancer un dialogue.

Pourquoi privilégier les cassettes ?

L’idée était de provoquer le débat en surprenant sur le support, voir si les gens y étaient toujours attachés avec un support privilégié complètement désuet. Bien entendu on a sorti nos artistes sur vinyle, CD, cassette mais aussi mp3 : on n’est pas réfractaire non plus, chaque support à sa place. Nous, on sortait des cassettes parce qu’on faisait des compilations chez nous ado dans notre chambre en écoutant la radio. On a un lien affectif à la K7. Et c’est amusant de voir ce retour de la K7 avec des labels gérés par des personnes plus jeunes, qui n’ont pas forcément ce même rapport affectif à ce support, mais y sont néanmoins attachés.

Comment a été créé le Festival Music For Toys ?

On l’a créé un peu par hasard : la première cassette que l’on a sortie sur le label c’était « Une ode au toy piano ». On a tellement aimé cette idée de compilations thématiques qu’on a par la suite lancé une compil sur les instruments jouets en général. Parmi les artistes présents sur la compilation, il y en avait tellement qui voulaient participer à la release party qu’on ne pouvait pas tous les programmer sur une seule date. Alors, on a eu l’idée d’en faire deux, mais comme les deux jours étaient séparés, on a calé un concert sur le jour qui restait entre les deux concerts déjà prévu et, du coup, avec trois jours de concerts, ça devenait un festival. On a organisé le festival aussi bien dans des lieux intimistes que des lieux plus “institutionnels : au Divan du Monde, à Glazart, au Monte-en-l’Air, au Palais de Tokyo, au 1Bis…

Ce mercredi sera la release de la compilation « Une ode à l’omnichord ». Pourquoi l’omnichord ?

Nous avions sorti “Une ode au toy piano” avec l’idée de commencer une série dédiée aux instruments un peu insolites sans jamais ressortir de nouveau tome. Aujourd’hui, près de dix ans plus tard, on donne une suite à cette série avec “Une ode à l’omnichord”. On aime les instruments peu connus et un peu en marge, et on est surtout ultra fan de l’omnichord. C’est un objet un peu rare alors on a dû prêter le nôtre à plusieurs artistes de la compil pour qu’ils puissent enregistrer leur morceau ! L’originalité de cet instrument, qui est une espèce de harpe électrique, c’est qu’il sonne toujours juste, impossible de faire de fausses notes.

Pourquoi le nom MonsterK7 ?

K7 pour la raison évidente des cassettes. Monster, je ne sais plus !

omnichord-supersonic

Quel est le « modèle économique » ?

Je pense pas qu’il y ait des labels qui se montent en invoquant un modèle économique (rires). Le label a toujours été déficitaire, mais la chance qu’on a, c’est qu’on a le label mais aussi notre groupe et on s’est toujours servi des recettes de nos concerts de Kawaii pour financer un peu MonsterK7. On vend les cassettes à prix coûtant. Il y a certains CD et vinyles dont on savait que c’était complètement suicidaire de les sortir, mais ça nous faisait plaisir de le faire. On savait d’avance que ça ne marcherait pas, mais notre amour du groupe a pris le pas sur la raison économique.

Qu’est qu’il y a d’enfantin chez Kim et chez Kawaii ?

Ce qui caractérise le plus Kim, c’est son côté éclectique. Il est comme un enfant dans une chambre remplie de jouets. C’est un multi-instumentiste génial qui saute d’un projet à un autre. Il est enfantin dans sa liberté, il n’a pas de limites, il ne s’impose aucune ligne dans sa carrière. Il a créé mille groupes avec des noms inventés, juste pour publier une chanson. Ca me fascine énormément.

Pour Kawaii, c’est surtout les jouets. On a d’ailleurs créé le groupe parce que je collectionnais plein de claviers et autres instruments qui prenaient beaucoup de place dans notre petit appartement. Un jour Gary m’a lancé un ultimatum : soit on les jette, soit on en fait quelque chose.

MonsterK7 en trois mots ?

DIY, instruments-jouets, cassette.

Centre aéré, Milk & Fruit Juice, Carton Sonore seront également présents pour jouer de l’omnichord en live.

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Rendez vous mercredi prochain au Supersonic 

http://monsterk7.com

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