Après notre rencontre avec Juan Wauters, il était tout naturel que nous allions rencontrer son ami et lui aussi musicien, Tall Juan, rocker argentin qui vit aussi dans le quartier du Queens à New York. Quelques minutes après notre arrivée à la Mécanique Ondulatoire, Juan, passe la porte d’entrée et nous propose de l’accompagner à sa voiture. Comme Wauters, Tall Juan est très souriant et aimable. On discute en marchant, pour ensuite rencontrer Sam et Bastien, qui sont les musiciens qui l’accompagnent. On les aide à transporter du matériel dans la salle, on boit une bière ensemble et on assiste aux balances, une heure avant l’ouverture des portes. Puis c’est en finissant dans un traiteur chinois, pas bien loin de la salle, qu’on a enfin posé nos questions. 

Bienvenue à Paris ! Vous êtes arrivés quand ?

On a pris l’avion de New York jusqu’à Paris il y a 3 semaines. On a eu une journée pour répéter, une autre pour visiter la ville et ensuite on a commencé la tournée. On a voulu venir jouer ici comme Bastien (batterie) vit ici, mais c’était aussi l’anniversaire de Sam (Bass), donc on s’est dit que ce serait cool de venir faire un ou deux concerts, et en réalité on a fini par en faire treize un peu partout en Europe.

Parlons-nous de toi. Quand es tu devenu Tall Juan ?

Je viens de Buenos Aires en Argentine et j’ai déménagé à New York en 2012. Mon ami Juan Wauters y vivait déjà, alors pour nous différencier les gens ont commencé à m’appeler Tall Juan, car je suis plus grand que lui. Un jour il m’a dit « si tu commences à jouer en solo, il faut que tu t’appelles Tall Juan » c’est pour ça que ce nom est resté. On s’est rencontré par le biais d’un ami uruguayen et j’ai loué son appartement pendant qu’il était en tournée. Quand il est revenu, on a commencé à trainer et jouer ensemble. J’ai fait mon premier concert en solo il n’y a pas loin de deux ans, et c’était complètement différent de ce que je fais en ce moment. Avant je m’asseyais sur une chaise et l’ambiance était différente.

Quand est-ce que ça a commencé à devenir ce que tu fais aujourd’hui ?

Ça a commencé quand j’ai rencontré ces gars (Sam et Bastien). C’est beaucoup plus vivant, maintenant je danse sur la scène.

Comment tu décrirais ta musique à ceux qui ne t-ont jamais entendu ou jamais vu jouer ?

Pour moi c’est super simple de dire « rock’n’roll ». Le tempo est très rapide, les titres durent entre une et deux minutes et je joue avec une guitare acoustique. Comme il est aussi d’Amérique du Sud, Juan Wauters m’a inspiré à jouer avec une guitare nylon. En Amérique du Sud les gens jouent souvent avec une guitare classique avec leurs amis, et tout le monde chante en même temps dessus.

Tes concerts sont souvent décrits comme théâtraux ; que tu es quelqu’un de calme normalement, mais que tu deviens dingue sur scène. Pour ceux qui ne t-on jamais vu en live, comment tu décrirais tes concerts ? Et est-ce que c’est important pour toi de raconter une histoire par tes paroles, ou c’est plutôt la musique qui compte avant tout ?

Je dirais que c’est divertissant. Je pense que c’est important. Les chansons de mon EP sont pour la plupart à propos d’une fille, qui s’appelle Rose, et elles sont toutes connectées. C’est aussi la raison pour laquelle je suis entouré de roses sur la pochette. Dernièrement, j’ai écrit à propos d’une chose qui est arrivée à mon père quand il était gamin. Toutes mes chansons sont très personnelles et je les chante avec mon mauvais anglais (rires). Parfois des gens deviennent dingues à nos concerts, mais des fois quand je regarde dans le public, je vois simplement des visages sans expression, même si généralement les gens viennent nous dire qu’ils ont vraiment apprécié à la fin.

Tu croises le regard des gens quand tu joues ?

Oui, mais ça me rend timide parfois.

On a interviewé Juan Wauters récemment, il nous a dit qu’il aimait ta musique. Qu’est-ce que tu penses de la sienne ?

Je la trouve géniale et j’adore ses paroles. Je pense que c’est un de mes artistes préférés. J’ai la chance de toujours traîner avec des gens que j’aime.

Tu as fait une tournée avec Mac Demarco et c’est lui qui a enregistré ton EP « Why Not ? ». Tu as aussi fait des reprises de ses chansons comme « Must be another Juan », comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ?

Grâce à Juan, ils travaillent avec le même label. J’ai produit l’EP et Mac Demarco l’a enregistré. C’est cool de travailler avec des potes et il en connaît bien plus que moi sur les techniques d’enregistrement, donc il m’a aidé pour le mixage. C’était cool.

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@Erica Ashleson

Qui sont tes artistes préférés ?

Ça dépend de l’endroit et du moment. En venant ici, j’écoutais Marilyn Manson. J’ai été inspiré par sa musique quand j’avais à peu près 6 ans. J’écoute toujours son album et j’en ai acheté un il y a deux jours. J’aime les Ramones, et aussi ce que fait mon ami Sébastien Bolco. Mes amis m’inspirent beaucoup.

Qu’est-ce que tu fais quand tu ne fais pas de la musique ?

Je fais d’autres trucs, mais j’aimerai être plus sportif, faire de l’exercice. En tout cas je n’ai toujours pas commencé (rires). Si je devais arrêter de jouer, je ferais de la boxe. J’aime ça, mais je ne suis pas du tout un boxeur.

Quels sont tes plans pour plus tard ? À quoi doit on s’attendre ?

Mon EP n’a que 4 chansons, donc je suis en train de finir un album plus long qui devrait durer environ 30 minutes. J’ai envie de le finir, pour pourquoi pas commencer quelque chose de nouveau, dans un autre genre. J’ai envie d’être ouvert. Barbara Zampini joue la Bass dans une de mes chansons, ce qui est probablement un des trucs le plus cool de cet EP, que peu de gens savent.

Culture sauvage pour Tall Juan ?

Cannibalisme