Lors d’un après-midi pluvieux, tout près de Montmartre, on a fait la rencontre de trois sœurs aussi talentueuses qu’adorables. Discussion autour du folklore yéménite, de Tel Aviv, de la joie et du fromage avec le trio A-WA. 

J’ai un petit problème, j’aime beaucoup les sonorités de vos musiques ainsi que vos voix, mais je ne vais pas vous mentir, j’ai du mal à les traduire. Est ce que vous pouvez m’en dire plus ?

Tagel: Pour cet album, on a collecté de nombreuses anciennes chansons de la culture Yéménite. Elles se transmettent de génération en génération, de mère en fille, car elles traitent principalement de problèmes que peuvent rencontrer les femmes. L’inégalité, l’amour, les interdictions.

Liron : Par exemple au Yémen, les femmes ne peuvent pas écrire ou lire et elles n’ont pas du tout le même rythme de vie que les hommes. Eux prient la plupart du temps et les femmes doivent rester à la maison, s’occuper du ménage ou des enfants. La seule façon de pouvoir exprimer leurs émotions, leurs peurs ou leurs espoirs est de chanter !

Tair : On aime beaucoup se réapproprier ses textes anciens qui d’habitude ne sortent pas de la sphère privée. On les retravaille pour en faire quelque chose de plus pop. De plus coloré. On se rend très vite compte que même si ces textes appartiennent au folklore Yéménite, ils sont encore d’actualité voire intemporels.

L’une de mes préférées s’appelle Shamak zabrd radai. De quoi parle t-elle exactement?

Liron : C’est une chanson d’amour.

Tair : La chanson est très sexy et métaphorique car il est question d’une femme très amoureuse qui chante l’attirance qu’elle a pour un homme. La chanson évoque également le fait que l’amour ressemble beaucoup à un venin, c’est quelque chose qui peut être à la fois bon et mauvais.

Nous avons découvert pour la première fois les TransMusicales cette année. Vous y étiez l’année dernière, quel souvenir en gardez vous ?

Liron: C’était la fin de notre première tournée, donc c’était vraiment magique de finir par une scène comme les TransMusicales. L’atmosphère y est incroyable, le staff adorable, c’est un super souvenir !

Tagel : Personnellement je me souviens particulièrement des backstage. La nourriture était tellement bonne ! Et il y avait tellement de fromages différents, c’était le paradis ! (rires )

Vous vivez à Tel Aviv. Racontez moi un peu comment est la ville ?

Tagel : C’est une ville magnifique. Il y a une vraie diversité, surtout dans le milieu musical. C’est plein d’artistes et de bonne nourriture !

Liron : Elle adore vraiment la nourriture (rires).

Quel quartier préférez vous ?

Liron : Personnellement je préfère le centre c’est là-bas que je vis. Mais j’aime beaucoup leur quartier aussi !

Tagel : On vit dans le sud.

Tair : A Florentin, c’est un endroit où tous les musiciens, les artistes, les studios sont. C’est incroyable, c’est vraiment la partie artistique de Tel Aviv. On vient tout juste de s’installer dans un nouvel appartement qui est juste en face d’un cours de Flamenco, on adore les regarder.

Liron: Moi c’est un peu plus riche, plus bourgeois disons. Mais j’ai le marché juste à côté. Vraiment tu devrais venir ! C’est une super ville et tu as la plage avec !

Ok je viendrai avec plaisir! Il y a beaucoup de joie et de bonne humeur autour de vous que ça soit en interview, dans vos tenues ou vos chansons. C’est quelque chose qui vous tient à cœur ?  

Tagel : La manière dont on s’habille, dont on chante sur scène envoie vraiment un message : on veut dire aux gens qu’il est important de rire et de danser, même lorsqu’il y a des problèmes !

Liron : On aime le fait de pouvoir chanter des chansons tristes mais sur des tempos entrainants et pop.

Tair : Mais on a aussi des chansons joyeuses, les paroles ne sont pas forcément sombres à chaque fois, mais l’approche est vraiment de rester positif. A-WA signifie « Oui ». Alors on pense sincèrement qu’il faut dire oui à beaucoup de choses. Oui à l’amour ! Oui à la liberté !

Tagel : Oui au fromage ! (rires)

  

Culture Sauvage pour A-WA ? 

 La simplicité, le basique, la beauté pure.