On avait adoré le voir faire sa crise au Théâtre des Blancs Manteaux il y a quelques semaines. Rencontre autour du métier d’humoriste avec Alex Ramirès et sa bonne humeur communicative.

Tu vas commencer ton spectacle dans 1h30. As tu un rituel précis juste avant ?

J’essaye de trouver ce qu’on appelle le «  juste état de présence » ! C’est un état d’éveil très spécial qui est entre la concentration et la mise en énergie afin de ne pas être trop présent sur scène ni pas assez. Je travaille également mon articulation. Tu te rends parfois compte que les gens ne rient pas aux blagues tout simplement parce qu’ils ne comprennent pas un mot de ce que tu racontes. Ca fait maintenant 150 fois que je joue ce spectacle, donc il faut que je fasse attention à ne pas mâcher mes mots ou aller trop vite.

C’est vrai que tu as un bon rythme. Tu joues cinq jours sur sept, à Paris et parfois tu pars aussi en tournée dans d’autres salles en France. Modifies tu ton jeu selon la salle ou le nombre de gens qu’elle contient?

Bien sûr ! Si tu joues devant peu, il faut jouer comme si tu étais dans leur salon, sans en faire des tonnes tandis que dans une grande salle, logiquement, tu joues plus grand. Le plus dur, ce sont les salles moyennes car tu n’es ni dans une intimité, ni dans un grand show, donc il faut pouvoir trouver son équilibre! Au final, un humoriste avec son public c’est un peu comme un chef d’orchestre qui ne doit rien imposer à son audience. On doit tout d’abord réussir à la capter et une fois que tu la tiens, tu peux l’emmener où tu le souhaites. D’ailleurs ça peut parfois prendre du temps.

Dans ton spectacle il y a l’histoire de ce fameux VDST (Vieux Dans Sa Sête) , quand tu finis ton spectacle le soir, tu es plutôt sortie avec tes amis ou alors  tisane au coin du feu?

Ça dépend. Si j’ai eu des grosses journées, rentrer me fait plaisir. Puis les jours où j’en ai marre de rentrer directement je me dis que ma vie n’a aucun sens et là je me mets à appeler la moitié de mon répertoire en leur disant : « Je suis RE-vivant ! ». Je ne suis pas à Paris depuis longtemps et j’adorerais qu’à chaque fin de spectacle quelqu’un m’attende pour m’emmener dans un lieu insolite chaque soir, un peu à comme dans Minuit à Paris de Woody Allen.

Tu n’étais pas à Paris avant ?
J’étais monté à Paris lors de mon premier spectacle, que j’ai totalement décidé d’arrêter après un  second passage à Avignon. Je le trouvais obsolète et hors contexte, donc j’ai préparé un nouveau spectacle de Lyon et j’ai débarqué en janvier l’année dernière sur Paris pour présenter  Alex Ramirès fait sa crise.

Depuis tu es également récurrent dans la Grosse Emission sur Comédie +. Comment prépares tu tes sketches sur les invités ?

J’appelle la veille pour savoir qui est l’invité puis je me mets à écrire le sketch que je présente à l’équipe le lendemain. On effectue quelques modifications si nécessaires et après j’ai la journée pour l’apprendre ! C’est fatiguant, stressant, mais j’adore! C’est un véritable challenge, ça me met toujours en difficultés.

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Quelle est ta vision ou ton impression sur le métier d’humoriste?

J’en suis très content ! Je me lève le matin, j’écris des blagues l’après midi, je monte sur scène le soir pour les dire et je me couche. Il y a plus dur comme job ! Après je suis impatient donc je peux parfois avoir le sentiment que tout ne va pas assez vite. Mais même ça, ce n’est pas vrai ! Cela ne fait même pas un an que je suis arrivé sur Paris et j’ai été prolongé à chaque fois. Je pense sincèrement que ce boulot récompense les gens qui bossent, donc si je veux aller encore plus loin je sais ce qu’il me reste à faire !

En temps normal, qu’est ce qui te fait rire ?

J’aime beaucoup l’humour absurde et l’humour féminin. J’aime aussi le burlesque. Et là tout de suite je ne sais pas pourquoi mais je pense à une femme avec beaucoup de cheveux qui trébuche. Voilà ! (rires)

Tu dis que tu aimes l’humour absurde pourtant il n’y en a pratiquement pas dans ton spectacle.

Non car c’est beaucoup plus compliqué à écrire et je souhaitais réellement me plier à l’exercice d’une écriture grand public et l’absurde n’est pas grand public. Après je ne m’interdis rien donc peut-être dans quelques années.

Culture Sauvage pour Alex Ramirès?

 

 Un lion qui lit un bouquin avec des petites lunettes. 

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Alex Ramirès fait sa crise du mardi au samedi au Théâtre des Blancs Manteaux, 15 rue des Blancs Manteaux, 75004 Paris et en tournée dans toute la France. 

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