Deux jours. A une vitesse folle, notre week-end aux Rencontres Trans Musicales a défilé devant nos yeux sans que l’on s’en aperçoive. Nous laissant en tête les images, les instruments, les scènes… Et surtout les découvertes artistiques. 

Voilà maintenant 37 éditions que les Trans Musicales de Rennes offrent à des dizaines de milliers de curieux une programmation essentiellement axée sur la découverte. Connu pour révéler les têtes d’affiches de demain (Stromae, London Grammar ou encore M.I.A), le festival est toujours une occasion de partir à la recherche de nouveaux talents.

Panel de nos découvertes et enchantements durant ce week-end musical.

Jeudi

Après un trajet animé jusqu’en Bretagne accompagné de nos acolytes de Tafmag et d’Animal Records (sans qui le trajet n’aurait eu ni la même saveur, ni le même confort… ni la même durée.), on démarre sur les chapeaux de roues. Avec des beats propulsés à toute allure, Holy Strays souffle la puissance d’une centrifugeuse à l’Etage du Liberté. Aspiré par la trajectoire de son orbite c’est un show galactique offert au public avec des projections de formes violettes et vertes à la fois mystérieuses et attirantes. Seul avec ses machines, des cymbales et un tom basse, il est engagé dans son live comme un athlète dans sa course. Quelle vitesse, que de belles courbes, nous annonçant un début pour le moins prometteur.

La soirée commence et nous voilà dans la navette pour le Parc des Expositions. Passés les contrôles, on découvre alors le hall principal où nous nous arrêtons tranquillement nous rafraîchir avec quelques huitres. La mer est peut être loin mais après tout… On est en Bretagne pour deux jours, autant en profiter !

huitres @COCY

On prend la décision durant cette pause de nous laisser transporter par le festival de manière totalement aléatoire pour ces deux jours. L’iode dans l’estomac, on s’attaque alors aux différents halls au gré de nos envies, ne s’attardant que lorsque nous apprécions.

Et c’est immédiatement le cas au Hall 3, où une pop électrisante vient nous caresser les oreilles. « All I need is Five minutes ». Les paroles résonnent dans un hall hypnotisé par le talent du groupe Her. Batterie, percussions électroniques et basse transportent le public en un quart de seconde et nous avec. On ferme les yeux et on se laisse submerger par cette sensualité musicale qui coule comme un doux nectar (et qui aujourd’hui encore, passe en boucle dans nos iPods)

Une fois le show fini, voilà que nous découvrons un nouveau Hall dans lequel les regards sont rivés sur une étrange formation : Superpoze & Dream Koala accompagné de l’orchestre Code. On ne saurait décrire pourquoi, mais on devine immédiatement que quelque chose d’unique se déroule sous nos yeux. On a cette impression d’être invité dans un rêve, nous berçant à travers une électro chill, magnifiée par le son des clarinettes, des violons mais également la voix aérienne de Dream Koala. Un moment unique et un véritable coup de cœur.

On commence à comprendre que ce ne sera pas un mais bien de nombreux talents que ces quelques jours nous offriront.

Et cela se vérifie presque immédiatement avec l’arrivée triomphale des extravagants 3somesisters. Maquillages, robes, le quatuor véhicule une bonne humeur communicative qui enivre la salle grâce à une pop, bourrée d’énergie, aux accents électro. Petit à petit le public se met à bouger un pied, une jambe puis très vite le corps entier ! Même jusqu’au final avec un « salue postérieur » mémorable, les 3somesisters apportent une originalité aussi bien esthétique que musicale d’une fraîcheur incroyable.

De quoi finir ce premier jour le sourire aux lèvres, impatient d’être au lendemain.

#PASSAGE GREENROOM DU SOIR: le trio Apollonia et ses rythmes deep house.

@COCY GreenRoom Trans

Greenroom @AM

Vendredi

Le réveil se fait sous un ciel magnifique. Rennes baigne sous le soleil, nous donnant presque l’impression d’être en vacances. Mais le travail de recherche n’est pas fini et cette nouvelle journée nous semble pleine de promesses à la vue de la richesse de la programmation.

Et notre journée est à peine commencée que le fouet du talent claque dans les airs avec le duo nantais Kokomo jouant à l’Etage du Liberté. Puissant et rock’n roll, le duo frappe le public à coups de rifts de guitare, de batterie et d’une voix qui se confond parfois avec les instruments. « Si vous voulez vous mettre torse nu, danser, chanter ou jouir… C’est le moment » nous dit-on. On n’en était pas loin durant ces 40 minutes de show enflammé, tonitruant et enveloppant, qui sentent, une fois de plus, bon la découverte.

@COCY KOKOMO

Kokomo @AM

Chargés à bloc, nous voilà maintenant dans les rues de Rennes, déambulant à la recherche du petit frère (illégitime ou légitime ?) des Trans Musicales dont on a entendu parlé : les Bars en Trans. Si le premier propose une programmation sur de grandes scènes de la ville bretonne, le second se fait plus discret en investissant les bars de la ville afin d’y produire de nombreux artistes.

C’est donc ainsi qu’au détour d’une ruelle pavée, nous avons fait la rencontre de Squid and The Stereo. Porté par Arok, Diane et Squid, le trio fait trembler le bar sur une électro transgenre qui souffle des rythmes plus entrainants les uns que les autres. Une petite salle et pourtant, on les voit déjà grands ces trois artistes. On sort de là ravi, mémorisant ce nom de groupe que beaucoup connaitrons d’ici quelques temps, on en est persuadé !

Comme des moustiques attirés par la lumière, notre corps continue inlassablement de se diriger partout où l’oreille perçoit la moindre mélodie. Heureux hasard, il nous emmène droit au Backstage où une nouvelle formation triangulaire, Brülin, fait éclater une pop synthétique et moustachue ! Oui, on a bien écrit moustachue. Porté par Vincent Brulin, dont chaque aparté entraine l’hilarité du public, le groupe nous transporte jusqu’à la dernière note à tel point qu’on en aurait bien redemandé un peu plus, si le planning n’était pas si serré!

Mais le temps passe et le Parc des Expositions nous attend pour nous livrer ses dernières merveilles. Celles-ci n’attendent d’ailleurs pas très longtemps avant d’apparaître, et cela sous la forme d’un trio bien particulier : Grand Cannon.

Trois vétérans du blues, Pfuri Baldenweg, Zach Prather and Kniri Knaus font vrombir le hall 8 de plaisir à l’aide d’objets totalement fous. Arrosoirs, sac poubelle, cuillères, morceau de plancher métallique, le groupe joue avec tout, faisant de leur blues folk, un show aussi drôle que grandiose. Des jeunes adolescents aux grands parents, la salle est pleine d’une diversité qui prouve une nouvelle fois que la musique n’a pas d’âge.

Et notre dernier coup de cœur des Trans Musicales le prouve également avec le show le plus groovy du festival, porté par le groupe Vintage Trouble. Du rythm and blues, au rock, en passant par la soul ou la pop, le quatuor offre un moment figé dans le temps, presque intemporel, mettant tout le monde à ses pieds (au sens propre comme au figuré). On a d’abord l’impression de vivre ce que notre génération n’a pu voir : un James Brown déchainé ou un Otis Redding habité, pour ce rendre compte que ce que nous vivons est bien réel, c’est simplement un Vintage Trouble endiablé. Grandiose on vous dit!

Vintage Trouble @Nicolas Joubard

Vintage Trouble @Nicolas Joubard

#PASSAGE GREENROOM DU SOIR : Marc Pinol, l’électro dance à l’espagnol.

Ainsi les 37ème Rencontres Trans Musicales se sont arrêtées ici pour nous, et si l’ambiance générale du festival nous a parfois semblé un peu froide, celui-ci n’en reste pas moins un tremplin pour les jeunes artistes en devenir et permet aux festivaliers de pouvoir découvrir ou ressentir ce que seront les « grands artistes » de demain, et croyez nous : ils ont du talent !