Si j’écris ces lignes, c’est qu’hier je suis tombé dans la colère, la haine, le dégoût, le désespoir, la peur. Si j’écris ces lignes c’est qu’aujourd’hui, je m’en suis relevé.

Hier, Paris a été frappée. La culture, la restauration, le sport ont été frappés. L’humanité a été frappée. Où est-on en sécurité ? La vie se résume-t-elle à avoir peur, à tout moment, partout ?

Ces questions-là, je me les suis posées, face aux images diffusées par les medias. Hier soir, ma foi en l’avenir a été ébranlée. L’espace d’un instant, mon sourire s’est effacé, mon humour est devenu cynisme tandis que mon optimisme s’éteignait à petit feu.  Sans m’en apercevoir, je laissais peu à peu les terroristes gagner la bataille suprême : celle du contrôle de nos esprits. Cette guerre de pression qui s’immisce dans vos entrailles, de la tête aux pieds et qui vous glace le sang, vous rendant incapable de bouger, d’agir.

Le 13 novembre au soir, je me suis inquiété pour les gens que j’aime.  Ce vendredi, je me suis inquiété pour mes rédacteurs, toujours si curieux d’aller découvrir de nouveaux endroits, d’aller écouter un nouvel artiste en concert…

Hier soir, je l’avoue, j’ai prié pour que cette curiosité ne les tue pas.

COCY est né il y a un an dans un but précis : montrer aux gens que le positif est partout et qu’il appartient à chacun d’être suffisamment curieux pour le voir. Une belle entreprise qui m’a soudain paru vaine, assis sur ma chaise en face de ma télévision. Où se trouvait le positif ? Qu’allais-je bien pouvoir écrire demain qui puisse réchauffer les cœurs, pour certains devenus trop froids?

Puis soudain, quelque chose. Un « contrôle d’absence de danger » s’affiche sur tout nos smartphones, Facebook lance l’offensive face à l’inquiétude générale.
Puis soudain, autre chose. Twitter lance l’offensive face à la détresse. Une action, une réalité, celle de milliers de personnes qui ouvrent leur porte pour accueillir de parfaits inconnus. Une population qui fait face, ensemble.

Enfin, je l’aperçois, ce positif que j’avais perdu de vue. Pendant tout ce temps, il se cachait à l’endroit où il est finalement le plus fort : notre humanité.

C’est la raison pour laquelle je me réveille aujourd’hui avec une énergie nouvelle. Partout dans le monde, le combat pour notre liberté, notre vie, notre bonheur est encore loin d’être gagné, mais je me battrai à ma façon. Je me battrai en continuant à rire, sortir, chanter, danser, manger, dormir, croire, penser, boire, aimer et surtout écrire.
Ecrire pour vous montrer que la beauté n’a pas disparu face à l’atrocité, que les ténèbres n’ont pas étouffé la lumière et qu’il est possible de sourire à nouveau.

Battons nous en étant libre. Nous le devons à ceux disparus, nous le devons   à nous-mêmes.

Antoine Magyar

Rédacteur en chef